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Tsahal, trois lettres qui forgent un mythe.
Jamais une armée n'a été si admirée, jamais si critiquée; mais surtout jamais si aimée. Tout citoyen est soldat et tout soldat, un membre de la famille.
L'histoire de l'Armée de Défense d'Israël se confond avec l'histoire du pays et l'histoire du peuple. Après 3000 ans d'exil, c'est tout un peuple qui crie "Plus jamais" et décide de retourner, éprouvé mais fier, sur la terre de ses pères et de prendre en main son destin. Sûr de ses droits et prêt à tout pour réussir – dans un dernier espoir le peuple veut écrire une nouvelle page de son histoire. Une pioche dans la main droite et un fusil dans la main gauche, il rappelle à D-ieu Sa promesse.
Peu importe l'âge, peu importe la langue ou les convictions, le but est le même: le retour à Sion.
Armée de défense avant tout, Tsahal a dû faire face dès les premiers jours de sa création à l'attaque des pays arabes voisins. Armés de leur seule foi, les soldats de Tsahal autrefois adversaires politiques du Etsel, du Lehi ou du Palmah oublient leur différence et se rangent pour la première fois derrière un même drapeau.
Les temps ont changé. Des attentes ont été déçues et beaucoup de désillusions ont floué l'Idéal des premiers jours.
De moins en moins de jeunes s'engagent dans les unités combattantes, l'image du soldat a perdu de son aura… Et pourtant, des héros se cachent encore sous les uniformes verts – un statut: hayal boded.
"Hevron, trois heures du matin; aujourd’hui c’est un jour comme les autres.
C’est à mon tour de monter la garde et Omer que je relève va pouvoir se reposer à son tour.
Le froid, la neige, je n’y pense même plus. J’enfile mon uniforme, mon blouson et mon flizz.
Je n’ai pas le choix, je sors. Je repense à tout ce qui m’a amene ici, mes parents, ma vie en France, mon alya; le jour ou je me suis engage. Je connais l’importance de ma mission et je n’oublie pas. Je pense à tous ces gens qui croient en moi, tous ceux qui nous soutiennent. Je ne peux les décevoir ; je ne peux pas faillir."
Boded – isolé. On parle de soldats israéliens dont les parents ont quitté le pays, de nouveaux immigrants qui vivent sans leur famille; d'orphelins; ou d'adolescents qui n'entretiennent plus de contacts avec leur famille.
L'armée est divisée en plusieurs unités et encadrée par des officiers de grades différents. Mais pour répondre aux besoins de chacun, Tsahal a également attribuer à chaque soldat un statut différent selon sa situation personnelle.
Le statut de soldat isolé est l'un d'eux. Pour aider ces soldats sans soutien, et adouvir des conditions de vie souvent très dures, certains avantages leur sont offerts.
On parle de salaire doublé, d'aide au loyer, de voyage auprès de leur famille ou d'aide à l'apprentissage de la langue, entre autres.
"Sept des garçons sont restes dormir, trois, tout comme moi, sont actuellement en patrouille.
Je frissonne.
Dix huit, vingt ans, nous ne sommes que des enfants. Des enfants pris en tenaille dans un conflit historique, que dis-je biblique ; des enfants obliges d’apprendre à se défendre. Et cette mission pèse lourd sur nos épaules, plus lourd que nos sacs, plus lourd que nos armes".
A un an de la guerre du Liban, je souhaitais avant tout rendre hommage et remercier tous les soldats placés à nos frontières qui donnent les plus belles années de leur vie pour la protection de la patrie.
A un an de la guerre du Liban, je voulais rendre hommage et saluer la mémoire de tous les Yohann Zerbib, qui par pur idéal ont émigré en Israël, seul, sûrs de réaliser leur rêve.
Ils sont nombreux ces héros de 18 ans qui, en dépit de tout croient encore en ce rêve. Que D-ieu les protège.
D'après un témoignage du sergent Samuel Levy, Nahal 50, Hevron
DAISY SITBON
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Depuis la Guerre d'Indépendance en 1948, et pendant 19 ans, Jérusalem resta une ville divisée: la partie occidentale de la ville étant aux mains des Israéliens et la partie orientale – inclus la Vieille Ville- sous contrôle jordanien –exception faite du Mont Scopus/ Har Hatsofim.
"Si je t'oublie Jérusalem, que ma droite m'oublie! Que ma langue s'attache a mon palais,
Si je ne me souviens de toi, si je ne place Jérusalem au sommet de toutes mes joies." (Psaumes 137, 5-7)
Mais le 27 Iyar 5737, 3e jour de la Guerre des 6 Jours, les soldats de Tsahal conquirent la partie orientale de la ville, et permirent ainsi l'unité de Jérusalem la Sainte.
"Ce Mur a entendu bien des prières
Ce Mur a vu tomber bien des murailles
Ce Mur a senti sur lui des mains de
Pleureuses et les placets poussés dans
L’interstice de ses pierres
Ce Mur a vu Rabbi Yéouda Halévy piétiné
Mais ce Mur n’avait pas vu des parachutistes
Pleurer" (Haim Hefer, Tsanhanim bohim)
"Le plus vite possible", telle fut la consigne que donna le Ministre de la Défense, Moshe Dayan, mercredi à l'aube (3e jour de la Guerre), à ses soldats partis à la conquête de la Vieille Ville.
A 10 heures du matin, Mota Gour, Général du bataillon des Parachutistes, annonce avec émotion à la radio militaire "L'Esplanade du Temple est entre nos mains, à vous..."
"Leurs larmes coulent et ils se regardent
Déconcertés, Comment est ce possible que des parachutistes pleurent
Et, bouleversés, qu’ils touchent le Mur
Et que des pleurs ils passent aux chants…
Peut être parce que ces gars de dix neuf printemps
Nés avec l’Etat
Portent sur leurs épaules deux mille ans." (Haim Hefer,Tsanhanim bohim)
Les soldats qui avaient participé à la guerre, de tous les bataillons, partagèrent la même émotion à l'annonce de la libération de Jérusalem: " Il était dur de croire que la Vieille Ville de Jérusalem se trouvait entre nos mains.... On vivait là un moment historique, auquel aucun d'entre nous n'aurait pensé avoir le mérite d'assister. Je me rappelle de tous ces soldats qui pleuraient... sans éprouver la moindre honte. La Vieille Ville de Jerusalem avait toujours été un symbole pour nous; Jérusalem était notre capitale. Elle cristallissait toutes nos aspirations depuis 19 ans."
Jérusalem fascine et repousse. Elle ne laisse jamais indiffèrent.
Jérusalem, Sion, Yevous, Ariel, Beit Tfila/ la Maison de la Prière, Metsouda, Yedidout/Amitie, Moria, Ir Atsadek/Ville de la Justice, Ir David... De 70 noms est appelée Jérusalem.
Jérusalem, la divisée, mais Jérusalem l'Unité! Dans les mots de David Jérusalem est ainsi la ville où le peuple ne forme plus qu'un, où l'unité est achevée: " O Jérusalem, cité bien bâtie formant un tout bien uni" (Psaumes 122).
Jérusalem occupe une place bien particulière dans le Judaisme, au point que Nos Sages nous enseignent: "Jérusalem toute entière est un Sefer Thora".
Les pieux y professaient, les rois depuis David, y établirent leur capitale; et avant toute chose elle abrita la Maison de D-ieu. Trois fois par an tous les Juifs s'y assemblaient pour accomplir la Volonté Divine.
Mais Jérusalem, la ville dite trois fois sainte, est également citée par les Chrétiens et les Musulmans; qui disent y partager leurs lieux saints.
Jérusalem divisée, Jérusalem disputée.
Hors du temps; indescriptible; elle échappe à toute définition. On ne peut saisir Jérusalem, on ne peut comprendre sa particularité. Ses parfums sont dous et ses chants joyeux; Jérusalem attire et ensorcelle.
La knesset –parlement israélien- vota depuis trois propositions de loi concernant Jérusalem. La première officialisa l'unité de Jérusalem et son appartenance à l'Etat d'Israel. Les frontieres de la ville s'élargirent de 38 000 a 110 000 dounams – soit trois fois plus grand. La loi autorisa également le libre accès pour tous aux lieux saints de la ville.
En 1980 fut votée la loi constitutionnelle "Jérusalem Birat Israel/ Jérusalem, la capitale d'Israel".
Et ainsi, conformément à la loi y furent déplacées la résidence présidentielle, la knesset, le cabinet gouvernemental et la Cour Suprême.
Jérusalem la Grande retrouvait son honneur perdu mais jamais oublié.
Le 23 mars 1998 enfin, la knesset adoptait "la loi du Jour de Jérusalem" qui fixait la date du 28 iyar – date hébraïque de la libération de Jérusalem lors de la Guerre des six jours- comme fête nationale. Un jour qui devait symboliser la continuité éternelle du lien entre Jérusalem et le peuple juif.
Aucun mot ne traduira jamais Jérusalem, et aucune photo ne représentera jamais sa beauté.
DAISY SITBON
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Un joli proverbe français nous met en garde devant l'arbre qui cache la foret; il est possible que j'ai mal compris le proverbe, mais moi je me méfie toujours de la foret qui cache l'arbre. Vous avez du mal à me suivre?
Attendez je vais vous expliquer..
Les gros titres changent rarement; et même en Israël –le pays où un nouveau flash info est diffusé chaque heure- on a souvent l'impression de réentendre les mêmes nouvelles. Entre crise parlementaire, problèmes sécuritaires et scandales politiques, on en vient souvent à rater l'essentiel!
Ce que j'aime en Israël, c'est que tout reste à faire. Chacun a sa place, son importance et la possibilité de mener sa mission a bien.
Beaucoup de combats sont encore a mener et de droits a revendiquer.
Depuis plus de trois semaines aujourd'hui les étudiants israéliens sont en grève. Quelles sont leurs revendications?
La grève a été lancée en protestation aux conclusions de la Commission Shohat, préconisant un certain nombre de réformes pour les établissements de l'éducation supérieure; parmi lesquelles sont notamment prévus une augmentation des frais scolaires et la mise en place d'un système d'aide aux prêts et bourses.
Actuellement, les frais scolaires moyens à l'université s'élèvent aux environs de 11 000 shekels par an, et peuvent aller jusqu'à un peu plus de 27 000 shekels par an dans certaines écoles privées. Si l'on s'en tient aux nouvelles recommandations de la Commission Shohat, ces mêmes frais débuteraient alors à 16 000 shekels- oui, sauf que cette fois s'en était trop pour les étudiants!! En effet, les différentes organisations estudiantines s'appuient sur les conclusions établies par la précédente commission, au nom devenu célèbre du Juge Vinograd. Il se trouve que ce dernier avait proposé en 2001 de baisser les frais scolaires de près de 50%.
Les étudiants n'ont pas oublié et comme le dit l'expression en hébreu, ils sont sortis dans la rue "be gadol" – en masse!
On a beau parlé de conflits de générations, autour d'une même cause les différences d'age sont vite oubliées et les esprits s'assemblent. Ainsi, depuis le début de la grève les professeurs ont de plus près ou plus loin montré leur soutien à leurs étudiants qui tentent désespérément de faire ou refaire l'Histoire.
Une autre dépêche, un autre combat qui, lui, passait inaperçu; cette semaine la knesset autorisait l'allongement de la période des congés maternité pour toutes les femmes israéliennes salariées. Celui-ci passe désormais de 12 à 14 semaines.
Une occasion pour nous de nous pencher sur le statut des femmes dans la société israélienne.
L'histoire des femmes en Israël commence en effet par un combat pour l'égalité. Et oui, bien que la société "pionnière" se soit organisée en société "nouvelle" et ait adopté les grands principes démocratiques – parmi eux l'égalité; bien que les femmes, comme les hommes, se soient engagées dans les mêmes mouvements; côte à côte au travail de la terre et des champs, à la construction d'une culture et d'une société israéliennes, dans les kibboutzim ou les mouvements clandestins – l'égalité était plus un slogan qu'une vérité vérifiée dans la réalité. En effet, dans chacun des cadres de cette nouvelle société, les femmes étaient relayées à des postes secondaires et devaient se battre pour acquérir des droits égalitaires.
En ce début des années 2000, de nombreux progrès ont été faits mais de nombreux autres restent encore à faire. Si dans le domaine familial, la femme a aujourd'hui plus de contrôle sur les naissances, si la pression sociale pour le mariage est moins forte, et les occupations domestiques facilitées par la modernisation et les avancées technologiques; sur le marché du travail, la situation est tout autre. La nécessité pour les femmes de « sortir » travailler se fait certes plus ressentir due aux difficultés financières que pourrait rencontrer un ménage ne vivant que sur un seul salaire. Cependant la différence de salaires entre hommes et femmes est encore inquiétante, et atteint aujourd'hui les 30-35%!
Au niveau politique et militaire, malgré les combats, les acquis sont encore trop peu nombreux. En son temps, Alice Miller exigeait l'entrée des femmes dans l'armée de l'air; de nos jours le système est encore réticent à se séparer de ses préjugés.
La représentation des femmes au niveau politique est d'ailleurs loin de représenter la réalité de la société. Au sein de la 14e knesset neuf femmes seulement sont députées, deux de moins qu'en 1949!!
Les faits sont marquants et la justice n'attend pas.
Chacun a le devoir de s'en approcher et de tenter d'entrevoir toujours un peu plus la vérité. Attention, on ne se lève pas en vain; les combats ne sont à entreprendre que s'ils servent la société et les valeurs morales du peuple juif – que l'on nomme "dereh erets".
Société occidentale qui ne ressemblera jamais à aucune autre, le pays d'Israël n'est qu'au début de son chemin. C'est par le dialogue qu'il découvrira sa voie, et par le courage d'une poignée qu'il servira véritablement le peuple.
Tant qu'il reste dans les limites de la légalité chaque combat a son importance, et chaque citoyen a le devoir de lutter pour ses droits.
De DAISY SITBON
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La responsabilité n'est certes pas un fait ou un objet, mais bien une valeur. On peut être responsable de quelqu'un –comme c'est le cas des parents- ou d'un objet. Mais pour certains cette notion va plus loin encore; et dans chaque société ils sont présents, sur le terrain, se dévouant corps et âme pour une cause qu'ils ont par eux mêmes choisie et adoptée.
La société israélienne, avec toutes ses particularités, ne fait pas exception à la règle. Nous avons choisi cette semaine de vous décrire l'action de deux associations (parmi des milliers d'autres!!) qui se battent pour la survie du peuple –aussi bien physique, que spirituelle.
La première association, sans nul doute tous la connaissent. Elle porte le symbole de l'étoile de David; mais rouge est sa couleur- comme le sang que le service dont nous allons vous parler s'occupe de récolter.
Base a l'hôpital de Tel Ashomer, et fondé en 1987, le service du sang du Maguen David Adom, emploie plus de 200 personnes et récolte chaque année quelques 280 000 dons de sang de volontaires a travers le pays (1000-1200 doses par jour!!!). A noter que 85% de ces dons sont prélevés par les camions ambulants du Maguen David Adom.
Le 15 avril l'organisation du MDA allégeait les critères de sélection des donneurs, et autorisait le prélèvement sur des donneurs israéliens d'origine éthiopienne, et de donneurs ayant habités en France par le passé. En effet jusque là le MDA n'acceptait le sang d'aucun donneur d'origine éthiopienne, du fait du taux élevé de malades du Sida en Ethiopie. Il va sans dire que pour cette communauté se plaignant sans cesse de souffrir de discrimination au sein de la société israélienne, il s'agit d'une grande victoire.
De la même façon, le Ministère de la Santé a donné son autorisation pour le prélèvement sur des donneurs français –interdit jusque là par crainte de contamination par la maladie de "la vache folle"- bien que le ban ait été maintenu pour les portugais, irlandais et anglais.
La banque de sang qui souffre actuellement de graves pénuries, souhaite ainsi surmonter cette difficulté, et tout en continuant à surveiller méticuleusement la validité des dons qu'elle reçoit, permettre à une certaine partie de la population d'avoir la chance de contribuer à une chaîne de solidarité civile.
Et pour finir, une dernière histoire de sang...
Alors que de tous temps, des Juifs préféraient mourir pour réaliser cette mitsva; aujourd'hui rien qu'en Israël plus de 250 000 Juifs sont incirconcis. Que ce soit par peur, par éloignement, ou tout simplement par manque de conviction, plus de 3 millions et demi de Juifs autour du monde sont incirconcis.
Chaque Juif a l'obligation d'effectuer sur son enfant la mitsva de la Brit Mila a l'âge de 8 jours. La circoncision peut se faire par un mohel classique jusqu'à l'âge de 6 mois, au delà duquel elle nécessite une intervention chirurgicale.
Pour remédier à cette situation, l'association Briti s'est donnée pour mission de répondre gratuitement et à travers le monde entier à chaque demande ou chaque annonce dont on pourrait leur faire part.
L'association Briti a déjà effectué depuis sa création plus de 27 000 Brit Milot, dans plus de 44 pays, et plus de 240 villes différentes, sur adultes et adolescents; et plus de 32 000 si l'on inclut les nourrissons.
Comme il est rapporté dans nos Sources "kol Israël arevim ze ba ze" – "tous les Juifs sont garants les uns des autres".
Personne n'est parfait, tout le monde le sait; mais cela signifie aussi que si l'on remarque un manque chez l'autre on se doit de le combler si l'on en a les moyens.
Tous les Juifs représentent en fait les membres et organes d'un même corps. Imaginez-vous embarqués dans un bateau, dont l'un des passagers creuserait des trous dans la coque sous prétexte qu'il a payé sa cabine !!!!
Alors que le sociologue allemand Ralf Dahrendorf déclarait "sans société civile, il n'y a pas de démocratie"; le professeur Larry Diamond précisait "la société civile c'est le domaine de la vie sociale organisée, qui est volontaire, largement autosuffisant et autonome de l'Etat". En d'autres termes, qui dit société civile, dit associations, bénévoles et organisateurs.
Si nous avons commencé notre article en parlant de société civile, remarquer qu'il s'agit avant tout d'une société de citoyens, d'individus qui eux ont voulu prendre l'initiative.
Parce que nous pouvons faire la différence, en diffusant l'information, en sensibilisant notre entourage ou en récoltant des fonds.
de DAISY SITBON
Pour plus de renseignements:
Maguen David Adom 1-800-400-101
Association Briti (francais): Avraham Kadoch : +972 54 5557444 ou avraham@worldbrit.com
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En 1988, le gouvernement israélien, sous l'impulsion de l'actuel ministre Avraham Hirshson, avec l'aide de plusieurs organisations juives, décide de mettre en place un projet éducatif en Pologne, de souvenir et commémoration du Yom Ashoah. Initialement prévue tous les deux ans, cette initiative avait pour but de contrer l'action des négationnistes, qui entamaient alors une campagne de propagande visant à nier l'existence de la Shoah.
Depuis 1995, plus de 8000 étudiants venus du monde entier se recueillent chaque année, pendant plus d'une semaine, sur les vestiges d'une communauté disparue, et le souvenir d'un passé jamais oublié.
Le point fort du programme est la Marche des Vivants ou Marche de Souvenir et d'Espoir, sur 3 kilomètres d'Auschwitz à Birkenau, le plus grand camp de concentration construit par les Nazis au cours de la Seconde Guerre Mondiale.
En Pologne, les jeunes vont à la rencontre des traces d'un monde qui n'est plus, et imitent les pas de prisonniers, dont trop peu sont encore là pour témoigner. Le voyage est placé sous le signe du contraste; marche des vivants contre marches de la mort; jeunesse dorée contre privations et humiliations; pèlerinage des camps nazis aux couleurs bleu et blanc et au son de la Tikva.
Un seul mot d'ordre, plus jamais! C'est pourquoi le but du voyage, rassemblant étudiants juifs et non juifs, est d'apprendre à tous les dangers de l'intolérance au travers de l'étude de la Shoah, et de promouvoir de meilleures relations et une meilleure compréhension parmi les hommes de différentes cultures ou religions.
Il est vrai que beaucoup de bâtiments ont été détruits et beaucoup d'autres reconstruits; et qu'il est dur de s'imaginer, même une fois sur place, l'horreur dont les lieux ont été les témoins. Les camps sont aujourd'hui des musées ou la vérité a été quelque peu adoucie. Et même, peut on réellement comprendre? Peut on réellement saisir la monstruosité et l'inhumanité de ces événements?
Le camp est parsemé de photos et légendes, traduites du polonais en anglais et hébreu.
Quelle fierté et quelle ironique victoire! Tout juif aujourd'hui à Auschwitz est une preuve vivante de l'éternité du peuple juif, un hommage à la mémoire de tous ceux à qui il sera à jamais lié.
Auschwitz ressemble de l'extérieur à une ville ordinaire, des bâtiments de chaque coté séparés par une allée piétonne. Une ville qui aurait pu être ordinaire si tant d'hommes et de femmes n'y avaient pour toujours disparus, et y seraient à jamais regrettés! Ordinaire, si cette terre que nous foulons n'avait pas été, il n'y a pas si longtemps pour la dernière fois foulée par tant de nos frères.
Il faut oser regarder la Shoah en face, ne pas fermer les yeux, les oreilles et encore moins le coeur ou la conscience. Selon l'esprit des initiateurs, le devoir de Mémoire ne passe pas uniquement par une information, ou une connaissance des faits, mais surtout par une application dans la vie de tous les jours. Se souvenir pour ne pas reproduire. Les leçons de l'Histoire sont apprises lorsqu'elles ne se contentent pas de rester de l'ordre du savoir.
Dans la salle des cérémonies du camp est gravée la phrase biblique:
"ויאמר ה' אל קין- מה עשית קול דמי אחיך צועקים אליי מן האדמה"
- "D-ieu dit a Caïn- qu'as tu fait! Le cri du sang de ton frère s'élève jusqu'a moi, depuis la terre".
Personne ne peut rester inchangé après un tel pèlerinage. Que ce soit aujourd'hui, demain ou dans un an, le message est passé et le souvenir perpétué. Le simple fait de se tenir a Auschwitz; de pouvoir encore y pleurer est déjà une revanche – mais d'une lutte dont on se serait bien passée!
Chaque année, à l'approche du jour de Yom Ashoah, Israël se repenche sur le sort de ses survivants.
Mais les faits sont tristes et choquants. Aujourd'hui en Israël vivent 260 000 rescapés de la Shoah, dont 80 000 d'entre eux vivent sous le seuil de la pauvreté. D'après une étude effectuée par un démographe de l'Université Hébraïque de Jérusalem, près de 60% des survivants ont du mal à subvenir à leurs besoins primaires – chauffage, logement- et doivent parfois choisir entre nourriture et médicaments.
Le cynisme des survivants et de leurs avocats n'a plus de limites. Les gouvernements d'Allemagne, de France et d'Autriche octroient davantage d'aides financières à leurs survivants de la Shoah que le gouvernement d'Israël aux siens.
L'Etat d'Israël alloue une petite pension aux survivants (souvent comprise entre 500 et 1000 shekels/mois). Il a créé des clubs sociaux, des centres d'aide psychologique, un organisme de visites à domicile pour eux; et depuis 1953 l'Allemagne verse chaque mois pour 50 000 survivants des dédommagements mensuels de 1040 shekels. Oui, mais au jour d'aujourd'hui, d'après l'avocate des survivants Colette Avital, le gouvernement retient 8% sur la somme versée aux survivants, en contradiction avec l'accord passé avec l'Allemagne selon lequel cet argent ne peut pas être taxable!
L'Etat semble avoir relégué ses responsabilités aux organisations charitable – comme Meir Panim (équivalent aux Restos du Coeur) qui avoue qu'un quart des repas servis sont destinés à des rescapés de la Shoah.
Cette année encore le débat a été levé et la classe politique indignée promettait de faire voter une loi.
Daisy Sitbon
Sources:
fr.wikipedia.org/wiki/Marche_des_Vivants
un-echo-israel.net/article.php3?id_article=4199
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Il y a longtemps Corneille disait: "Aux âmes bien nées la valeur n'attend pas le nombre des années".
Je veux dire aujourd'hui que la valeur n'attend pas les attributions, la position dans société ou bien encore le nombre d'autographes signés. Je veux crier haut et fort que les héros existent encore, qu'ils ne sont pas si loin; derrière l'écran du cinéma. Ils sont parfois plus proches, travaillant dans les champs, ou dans les écoles. Si on me laisse parler aujourd'hui, alors mon premier mot est pour eux; si on m'écoute aujourd’hui, alors ma prière est pour eux. Je veux vous rendre hommage, car c'est vous ici qui construisez. Vous qui plantez, labourez, semez; pour que nos vies aient un sens, pour que nos enfants connaissent la sérénité, pour que le monde sache et les nôtres se souviennent.
Elle s'appelle Limor Har-Meleh Sivan. En 2005, elle dénonçait l'injustice de son sort et avisait les soldats venus l'expulser: "Vous avez assassinés notre Shouli, aujourd'hui c'est nous que vous assassinez". En aout 2003, Shouli Har-Meleh, âgé de 25 ans, et sa femme Limor, enceinte de 7 mois, rentrait du Yshouv Kohav A Shahar vers leur maison, a Homesh. Mais au détour du chemin, leur voiture se retrouva sous le feu des terroristes palestiniens. Pour qui? Pourquoi?
Les équipes du Maguen David Adom et de Zaka, dépêchées sur les lieux, reconnurent en la personne du blessé, leur ami et confrère. Shouli, bénévole au M.D.A de Yeouda et Shomron s'était maintes fois, lui aussi, retrouvé sur les lieux d'un tel attentat. Lui, qui déplaçait et soignait tant de victimes, etait maintenant allongé sur la civière. Les efforts et les soins qui lui furent prodigués n'y changèrent rien, et Shouli les quitta. Limor, pourquoi?
Son épouse, blessée, fut transportée à l'hôpital ou elle donna vie à une petite Sarah.
Shouli et Limor habitaient Homesh depuis ses débuts; ils se reconnaissaient dans son idéologie, et son rang dans le pays de D-ieu. Shouli et Limor se dévouèrent pour réaliser leur rêve; ils se dévouèrent pour la sainteté de la terre; pour la santé du peuple. "Limor, un jour à Homesh, on pourra pleurer sur l'épaule de nos voisins". Limor n'oublia jamais.
Hier, à Atsmona, a la sortie de l'école, Tali Hatuel récupérait ses trois filles Hilla, Adar et Roni. La petite dernière Meirav, assise sur le siège arrière, trépignait d'impatience. Tout ce petit monde voyageait en direction d'Ashkelon, rejoindre leur mari et père David et manifester contre l'évacuation planifiée de leur Yshouv Katif.
Après avoir habité Ofakim, David avait souhaité 12 ans auparavant s'installer dans la région du Goush Katif, qu'il avait connu pendant son service militaire dans la Yeshivat Hesder du Goush. Leurs quatre filles y étaient nées, et en attendant la naissance de leur fils prévu pour le mois suivant, David et Tali comptaient se battre pour préserver ce qu'ils avaient si durement construit.
"Tali, je veux te demander pardon. J'ai été très pris par mon travail ces derniers temps. Cet après midi encore je suis allé travailler. Pour le Goush Katif. J'ai très peu vu les filles aussi cette semaine. Tu te souviens du dessin qu'elles m'ont fait vendredi après midi? Elles m'ont écrit qu'elles étaient fières de moi; fières de ce que je faisais pour notre maison. Notre maison... Tali, tout ce que j'ai fait est à toi; tout ce que je fais est pour toi. Tali; Tali, ma chérie, on m'a tout pris! Si au moins il m'en restait une... Il ne me reste plus personne dans ce monde".
Apres quelques minutes de voyage seulement, arrivées au barrage de Kissoufim, la petite Citroën blanche se vit attaquée par les tirs de deux terroristes palestiniens. Le tapis de la voiture se colora rapidement en rouge. Les filles, l'une après l'autre, se firent tuées.
"Tali, les filles, vous étiez mes fleurs. Je ne vous oublierai jamais".
Trois années se sont écoulées depuis.
Hier, protégés des caméras et des journalistes, David et sa nouvelle épouse accueillaient avec amour leur fille ainée.
Hier, au sommet de la colline de Homesh, quelques minutes avant le coucher du soleil, et sur une chaise formée de pierres, etait circoncis Ori Shalom, le fils ainé, né des secondes noces de Limor. Autorisés exceptionnellement à voyager sur les lieux pour la circonstance, Limor déclarait devant ses invités: "Nous sommes la, et ceci est notre maison. Je vous promets a tous que d'ici peu nous reviendrons. Et cette maison, nous la reconstruirons. Je n'ai pas peur, nous sommes forts".
Ne pas renoncer, ne pas désespérer.
En son temps, Rabbi Nahman de Breslev affirmait "le désespoir n'existe pas. Crie vers D-ieu, quoi qu'il t'arrive jusqu'a ce que du Ciel, on se penche vers toi" (Likoute Moharan II, 78)
"Si tu crois que l'on peut détruire, accepte que l'on peut reconstruire!"
Ce message Limor et David l'avaient compris. Forts de leur héritage familial et culturel, animés d'une confiance a toutes épreuves en Celui qui créa le monde, sùrs de la justice de leur cause, David et Limor n'ont jamais baissé les bras. Il le fallait, parce qu'il faut continuer à vivre, parce que c'est la seule façon d'honorer la mémoire de leurs morts.
Etre israélien, c'est se souvenir sans savoir pourquoi. Etre israélien, c'est sentir que le pays te dépasse; être quelqu'un d'un peu meilleur que ce que tu croyais être. (Yair Lapid)
Pour eux, ces mots sont devenus une réalité. Pour eux, être israélien c'est se sacrifier; mourir et continuer à vivre.
Rendons leur hommage, n'oublions pas leur combat. Pour la vérité, pour la justice et pour que ce soit la dernière fois...
Daisy Sitbon