DU DEVOIR DE PRENDRE LE DROIT
Un joli proverbe français nous met en garde devant l'arbre qui cache la foret; il est possible que j'ai mal compris le proverbe, mais moi je me méfie toujours de la foret qui cache l'arbre. Vous avez du mal à me suivre?
Attendez je vais vous expliquer..
Les gros titres changent rarement; et même en Israël –le pays où un nouveau flash info est diffusé chaque heure- on a souvent l'impression de réentendre les mêmes nouvelles. Entre crise parlementaire, problèmes sécuritaires et scandales politiques, on en vient souvent à rater l'essentiel!
Ce que j'aime en Israël, c'est que tout reste à faire. Chacun a sa place, son importance et la possibilité de mener sa mission a bien.
Beaucoup de combats sont encore a mener et de droits a revendiquer.
Depuis plus de trois semaines aujourd'hui les étudiants israéliens sont en grève. Quelles sont leurs revendications?
La grève a été lancée en protestation aux conclusions de la Commission Shohat, préconisant un certain nombre de réformes pour les établissements de l'éducation supérieure; parmi lesquelles sont notamment prévus une augmentation des frais scolaires et la mise en place d'un système d'aide aux prêts et bourses.
Actuellement, les frais scolaires moyens à l'université s'élèvent aux environs de 11 000 shekels par an, et peuvent aller jusqu'à un peu plus de 27 000 shekels par an dans certaines écoles privées. Si l'on s'en tient aux nouvelles recommandations de la Commission Shohat, ces mêmes frais débuteraient alors à 16 000 shekels- oui, sauf que cette fois s'en était trop pour les étudiants!! En effet, les différentes organisations estudiantines s'appuient sur les conclusions établies par la précédente commission, au nom devenu célèbre du Juge Vinograd. Il se trouve que ce dernier avait proposé en 2001 de baisser les frais scolaires de près de 50%.
Les étudiants n'ont pas oublié et comme le dit l'expression en hébreu, ils sont sortis dans la rue "be gadol" – en masse!
On a beau parlé de conflits de générations, autour d'une même cause les différences d'age sont vite oubliées et les esprits s'assemblent. Ainsi, depuis le début de la grève les professeurs ont de plus près ou plus loin montré leur soutien à leurs étudiants qui tentent désespérément de faire ou refaire l'Histoire.
Une autre dépêche, un autre combat qui, lui, passait inaperçu; cette semaine la knesset autorisait l'allongement de la période des congés maternité pour toutes les femmes israéliennes salariées. Celui-ci passe désormais de 12 à 14 semaines.
Une occasion pour nous de nous pencher sur le statut des femmes dans la société israélienne.
L'histoire des femmes en Israël commence en effet par un combat pour l'égalité. Et oui, bien que la société "pionnière" se soit organisée en société "nouvelle" et ait adopté les grands principes démocratiques – parmi eux l'égalité; bien que les femmes, comme les hommes, se soient engagées dans les mêmes mouvements; côte à côte au travail de la terre et des champs, à la construction d'une culture et d'une société israéliennes, dans les kibboutzim ou les mouvements clandestins – l'égalité était plus un slogan qu'une vérité vérifiée dans la réalité. En effet, dans chacun des cadres de cette nouvelle société, les femmes étaient relayées à des postes secondaires et devaient se battre pour acquérir des droits égalitaires.
En ce début des années 2000, de nombreux progrès ont été faits mais de nombreux autres restent encore à faire. Si dans le domaine familial, la femme a aujourd'hui plus de contrôle sur les naissances, si la pression sociale pour le mariage est moins forte, et les occupations domestiques facilitées par la modernisation et les avancées technologiques; sur le marché du travail, la situation est tout autre. La nécessité pour les femmes de « sortir » travailler se fait certes plus ressentir due aux difficultés financières que pourrait rencontrer un ménage ne vivant que sur un seul salaire. Cependant la différence de salaires entre hommes et femmes est encore inquiétante, et atteint aujourd'hui les 30-35%!
Au niveau politique et militaire, malgré les combats, les acquis sont encore trop peu nombreux. En son temps, Alice Miller exigeait l'entrée des femmes dans l'armée de l'air; de nos jours le système est encore réticent à se séparer de ses préjugés.
La représentation des femmes au niveau politique est d'ailleurs loin de représenter la réalité de la société. Au sein de la 14e knesset neuf femmes seulement sont députées, deux de moins qu'en 1949!!
Les faits sont marquants et la justice n'attend pas.
Chacun a le devoir de s'en approcher et de tenter d'entrevoir toujours un peu plus la vérité. Attention, on ne se lève pas en vain; les combats ne sont à entreprendre que s'ils servent la société et les valeurs morales du peuple juif – que l'on nomme "dereh erets".
Société occidentale qui ne ressemblera jamais à aucune autre, le pays d'Israël n'est qu'au début de son chemin. C'est par le dialogue qu'il découvrira sa voie, et par le courage d'une poignée qu'il servira véritablement le peuple.
Tant qu'il reste dans les limites de la légalité chaque combat a son importance, et chaque citoyen a le devoir de lutter pour ses droits.
De DAISY SITBON
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