Le nouvel antisémitisme
Par Denis MacShane, ancien ministre britannique pour le quotidien Washington Post La haine des Juifs a atteint de nouveaux sommets en Europe et dans de nombreuses contrées du Sud et de l'Est du vieux continent. L'année dernière, j'ai présidé une commission d'experts éminents composée de parlementaires, comprenant d’anciens ministres et un chef de parti, chargée d’étudier le problème de l'antisémitisme en Grande-Bretagne. Aucun d’entre nous n'est juif, aucun n'a joué un rôle actif dans les discussions sans fin sur la question israélo-palestinienne.
Notre rapport a montré un type spécifique de peur chez un petit nombre de citoyens britanniques (il y a à peu près 300 000 Juifs en Grande-Bretagne, dont environ un tiers est pratiquant) ce qui n'est pas acceptable dans une démocratie moderne. Des synagogues attaquées. Des écoliers juifs rudoyés dans les transports en commun. Des rabbins agressés et poignardés. Des juifs britanniques contraints d’investir des millions pour assurer leur sécurité personnelle lors de mariages ou d’événements communautaires. Sur les campus, des étudiants antisémites militants, nourris par une haine tant islamiste que d'extrême-gauche, cherchent à empêcher les étudiants juifs de s’exprimer.
Plus préoccupant était cet état d’esprit et ce ton particulier chaque fois qu'il est question des Juifs, dans les médias, dans les universités, parmi l'élite libérale ou dans les dîners de la « jet set » londonienne, que nous avons dénoncé comme attitude antisémite. Exprimer un quelconque soutien à Israël ou reconnaitre le droit d’exister à un état juif, provoque la réprobation et même le mépris.
Notre rapport a fait l’effet d’une onde de choc dans le gouvernement britannique. Tony Blair nous a convoqués et a mobilisé son équipe, constituée de membres recrutés dans tous les services gouvernementaux, afin de répondre aux problèmes que nous avons soulevés. A son crédit, le gouvernement Blair a communiqué une réponse officielle et donné de nouvelles directives strictes afin que la police enquête sur les attaques antisémites et que les universités mettent un coup d'arrêt à l’idéologie antijuive qui s’installe dans les campus. Il a été recommandé au ministère des Affaires Étrangères britannique de réagir contre les États arabes qui autorisent les émissions antisémites.
Il était clair pour nous que la critique de la politique israélienne n'était pas exclue. D’ailleurs, nous avons noté que certaines des critiques les plus virulentes de la politique israélienne proviennent de certains campus israéliens, de journalistes et d’activistes politiques et de l'élite intellectuelle juive de nombreux pays. Les universités américaines ont été le terreau d’où Noam Chomsky et feu Edward Saïd notamment, ont lancé leurs campagnes critiques contre Israël, et la majorité de l'intelligentsia universitaire occidentale demeure hostile à l'État Juif. (suite) http://www.objectif-info.fr/le-nouvel-antisemitisme.html