Dans le box de la 23
e chambre, leurs copains Ousmane D., 18 ans, et Amara D., 19 ans, en mènent moins large. Accusés de «
violences volontaires en réunion et avec armes par destination », ils bredouillent quelques mots à l'évocation de leur personnalité jugée
« immature » par les experts.
«Même pas de mort »
Le plus jeune, fils d'un cuisinier et d'une femme de ménage, a débarqué du Sénégal à l'âge de 5 ans. Intermittent des études, il peine à se souvenir du nom du lycée où il est censé passer un CAP de moquettiste. Voleur en réunion, il doit par ailleurs être jugé pour trafic de « crack ». Son comparse, quant à lui, a déjà plusieurs vols et recels à son palmarès. Suivant l'avis du parquet évoquant la
« violence inouïe » de la rixe, le tribunal a ordonné leur placement en détention provisoire avant de renvoyer l'affaire au 4 octobre. «
Dégueulasse ! il n'y a même pas eu de mort, ni de flingue pendant la bagarre, lâche, dépité, un membre de la bande à la sortie du tribunal.
Nous, on n'a rien à voir avec les autres bandes de la gare du Nord, ni avec les bouffons de Def'Mafia, qui est un truc de journaliste. »
Si elle ne porte pas ce nom, cette bande de la Défense existe pourtant. Sur Internet, une vidéo la met en scène sur un air de rap. On y chante : «
J'ai un calibre chargé pour niquer et voler » ou «
Je te tape dans le bide comme une salope... ».
« Elle compte une quarantaine d'individus des Hauts-de-Seine, des Yvelines et du Val-d'Oise, notent les renseignements généraux.
Ils sont auteurs de vols avec violences ou de vols dans les commerces. Par volonté hégémonique, ils se déplacent et s'affrontent avec d'autres groupes à risques, notamment celui de la gare du Nord. » Composé lui aussi d'une quarantaine de voyous, ce gang aurait établi ses quartiers parisiens à l'extérieur du forum des Halles.
L'essor des gangs africains dominés par le vol et la violence