Coups de feu contre la voiture d'un imam en Corse
AJACCIO (AFP) — Des coups de feu ont été tirés, sans faire de blessé, tôt mardi contre la voiture d'un imam de nationalité marocaine, à Linguizetta, un village de Haute-Corse, a-t-on appris auprès des services de sécurité intérieure en Corse.
Les tirs qui n'avaient donné lieu à aucune revendication mardi soir, ont touché la voiture en deux endroits et d'autres projectiles ont endommagé et traversé la porte du lieu de culte devant lequel elle était garée, a-t-on ajouté de même source.
Les enquêteurs n'ont pas précisé si l'imam qui est également président de l'association des Marocains de Bravone, un village voisin, et dont l'identité n'a pas été dévoilée, avait reçu des menaces personnelles. Ils rappellent cependant que la mosquée où il exerce a déjà essuyé des coups de feu le 17 mars.
Ils excluent "à priori" que l'affaire ait un lien avec les tirs dont un autre imam avait été la cible en novembre 2004, à Sartène, en Corse-du-sud.
"Il faut éviter des amalgames qui pourraient se révéler fâcheux, il ne semble pas qu'il y ait dans cette affaire une connotation raciste avérée", a indiqué mardi soir à l'AFP un membre des services de sécurité intérieure.
Selon les premières constatations effectuées à Linguizetta, il semble exister des différences notables entre les deux affaires : en Haute-Corse, la ou les armes de chasse utilisées semblent avoir été chargées avec des chevrotines. A Sartène, ce sont des balles de 9mm qui avaient été retrouvées, à hauteur de tête et de poitrine, dans les murs de la maison abritant une association culturelle musulmane et un lieu de culte.
Autre différence, à Sartène une croix gammée et l'inscription "Arabi Fora" ("les Arabes dehors", en langue corse) avaient été peintes sur le goudron d'une route proche.
"Aucune inscription raciste n'a été retrouvée à proximité des tirs de mardi matin à Linguizetta", a confirmé à l'AFP le commandement de gendarmerie de Bastia mardi soir.
La compagnie de Ghisonaccia a été chargée de l'enquête.
L'affaire de Sartène avait provoqué une vive émotion, tant en Corse que sur le continent et donné lieu à de fermes condamnations de la part des milieux politiques.
Au plan judiciaire cependant, l'affaire n'était pas allé très loin : les six personnes - quatre hommes et deux femmes de 20 à 30 ans - interpellées en mai 2005 dans le cadre de l'enquête avaient été remises en liberté une semaine plus tard : malgré des "présomptions assez précises" et l'existence "d'éléments concordants, leurs auditions et les perquisitions n'ont pas permis à ce jour d'établir formellement leur implication, en l'absence de preuves matérielles", avait-on précisé de source proche de l'enquête.
Coups de feu contre la voiture d'un imam en Corse