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integration de nos freres d'origine ethiopienne en eretz

Un Juif éthiopien rentre à la Knesset

Antoinette Brémond


Shlomo Mula, un Juif éthiopien arrivé en Israël à l’âge de 17 ans avec l’opération Moïse en 1984 (voir les Juifs d’Ethiopie - Beta Israel ou Falashas et l’intégration des Juifs d’Éthiopie) vient d’être nommé député à la Knesset ce lundi 4 février pour remplacer Avidgor Itzhaki ayant démissionné. C’est la seconde fois qu’un Israélien d’origine éthiopienne entre au parlement. Etant le trente troisième sur la liste électorale de Kadima, il n’avait pu être élu en 2006. Son entrée en 2008 est un événement important pour la communauté éthiopienne d’Israël.

42 ans, marié père de trois enfants Shlomo Mula habite Rishon Letsion. Quand il prend la parole, il aime raconter : « J’ai marché 800 kilomètres d’Ethiopie au Soudan avec d’autres. Puis, épuisés et affamés nous avons rencontré à Khartoum des combattants d’une unité d’élite israélienne venus nous chercher et nous transporter au pays. Bien sûr, à cette époque, je n’imaginais pas que je serai un jour député de l’Etat d’Israël ! »

Mula est titulaire d’une licence d’assistant social de l’université de Bar Ilan et possède également un diplôme en droit du collège universitaire de Kyriat Ono. Comme étudiant il était très engagé dans l’association des étudiants juifs éthiopiens. Il a occupé ces dernières années le poste de directeur du département responsable de l’Intégration des immigrants à l’Agence Juive.
Au niveau politique, il fut pendant des années membre du parti Israël BaAlya de Nathan Sharansky. Puis, influencé par Tsipi Livni, ministre de l’Intégration à cette époque, il entra au parti Kadima.

Lors de diverses interviews, Shlomo Mula fait comprendre combien il est honoré et fier de pouvoir représenter sa communauté au niveau national. Pour son projet politique, il est clair : « Je vais m’occuper avant tout de la communauté éthiopienne, très négligée au niveau gouvernemental. La connaissant de l’intérieur, je suis le mieux placé pour cela. Je vais tout d’abord m’efforcer de faire augmenter le budget qui lui est consacré pour permettre en particulier aux jeunes couples nécessiteux de louer des appartements « normaux », et de sortir ainsi du « ghetto » éthiopien où ils sont souvent bloqués. » En effet, la majorité des immigrants éthiopiens restent entre eux, dans un même quartier dont les appartements sont peu coûteux. « Un ghetto comme Harlem » dit-il. « Ceci, ajouté à un système éducatif qui parfois sépare les élèves éthiopiens des autres enfants, empêche une véritable intégration des Juifs d’origine éthiopienne avec la société israélienne. Je sais que nous pouvons être israéliens à part entière, utiles et créateurs dans la société. » En fait, cela est déjà vrai pour une minorité d’Ethiopiens engagés dans diverses professions de niveau universitaire. Mais Mula veut plus : lutter contre le racisme latent et changer ce qu’il faut changer. « Ce qui est merveilleux dans ce pays démocratique, c’est que, celui qui veut changer quelque chose peut se battre pour cela....et ça marche ! »

Shlomo Mula ne cache pas ses opinions politiques nettement de gauche. En tant que « colombe », il soutient le processus d’Annapolis « afin de donner de l’espoir aux deux peuples. »

Mis en ligne le 13 février 08

source un echo disrael

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sarko a raison

Se souvenir de ces 11 400 enfants

lundi 18 février 2008, par LDJ

Sarkozy a parfaitement raison de vouloir enseigner la Shoah aux enfants. Il n’est jamais trop tôt pour apprendre les horreurs du nazisme que ce soit pour les enfants ou leurs parents surtout dans nos temps où il réapparait sous sa forme islamiste. Ci après l’Opinion de Serge Klarsfeld paru dans le Monde du du 18 Février 2008.

L’initiative du président de la République est extraordinaire, et ceux qui en sont aujourd’hui les détracteurs prétendront demain en avoir été les inspirateurs.

Pendant des décennies, les dirigeants des organisations juives qui laissaient vivoter le précieux Mémorial du martyr juif inconnu et Centre de documentation juive contemporaine invoquaient la mémoire des milliers d’enfants Juifs déportés de France sans même savoir qui ils étaient et combien ils étaient. Nous, les Fils et filles des déportés juifs de France, avons fait ce travail après avoir établi, en 1978, la liste, convoi par convoi, de toutes les victimes de la Shoah en France (76 000 déportés). En 1994, nous avons publié le Mémorial des enfants juifs déportés de France et l’avons augmenté depuis de huit additifs. Nous avons identifié chaque enfant, son état civil, nom, prénom, date et lieu de naissance et, au terme de très longues recherches, nous avons pu ajouter pour chacun d’entre eux - ils étaient 11 400 âgés de moins de 18 ans - l’adresse de son arrestation. On sait ainsi commune par commune, département par département, les enfants qui ont été arrêtés dans tel village, dans telle petite ville, dans telle rue de Paris, de Lyon ou de Marseille. Nous avons pu récupérer, par un travail qui n’a été accompli dans aucun autre pays, plus de 4 000 photos de ces 11 400 enfants, 4 000 visages qui sont rassemblés aujourd’hui dans la salle des Enfants du Mémorial de la Shoah, à Paris, dans le pavillon de la France dans le Camp-Mémorial d’Auschwitz et au Musée de l’héritage juif et de l’Holocauste à New York.

Depuis la parution de notre ouvrage, les plaques commémoratives se sont multipliées par centaines dans notre pays faisant revivre sur tout le territoire la mémoire non pas exclusivement des enfants, mais surtout des enfants. Les Associations pour la mémoire des enfants juifs déportés de France, les AMEDJ, ont pris dans les établissements scolaires le relais de notre Mémorial des enfants : s’appuyant sur les adresses des enfants qui y sont inscrites et sur leurs propres recherches dans les archives des établissements, les AMEDJ ont procédé à la pose de plaques dans de très nombreuses écoles, collèges et lycées, surtout à Paris, à Nice et à Lyon.

Il y a vingt ans, au lycée Hélène-Boucher, à Paris, on nous refusait encore le mot "juif" sur la plaque. Aujourd’hui, grâce à notre travail précis de mémoire et grâce au discours historique de Jacques Chirac, le 16 juillet 1995 au Vel’d’Hiv, le contexte historique de la mise à mort de tous ces enfants est clairement exposé sur chaque plaque. Sur la façade extérieure, on peut lire généralement : "A la mémoire des élèves de..., arrêtés de 1942 à 1944. Assassinés dans les camps d’extermination parce que nés Juifs. Plus de 11000 enfants furent déportés de France, victimes innocentes du gouvernement de Vichy complice de la barbarie nazie. Ne les oubliez jamais." Et, au sein de l’établissement scolaire, on peut lire avec le même texte une liste nominative des enfants juifs déportés qui y furent des élèves.

Les enseignants et les élèves participent avec enthousiasme à cette oeuvre de mémoire et de vie qui n’a rien de morbide. Parfois il arrive que l’école prenne le nom de l’un de ces enfants : par exemple à Montescot, dans les Pyrénées-Orientales, les enseignants ont demandé à notre association de les renseigner sur deux soeurs, Léa et Elisabeth Schnitzler, 8 ans et 3 ans. Nous l’avons fait et leur avons envoyé les photos des deux fillettes. Enseignants et élèves ont recherché toutes les traces du passage dans la commune de Léa et d’Elisabeth et de leurs parents, et leur remarquable travail de mémoire a reçu le prix Corrin en Sorbonne. Les enfants de Montescot se souviendront toujours de ces deux enfants qui ont donné en 2003 leur nom à leur école. Que chaque enfant se souvienne du nom d’un enfant juif déporté n’aura rien de traumatisant parce qu’il ne s’agira pas d’une mission unique : il y a beaucoup plus d’élèves en CM2 en France que 11 400, et chaque année les élèves de CM2 se renouvellent.

Dans les bourgs et les petites villes, les élèves se souviendront des enfants qui vivaient comme eux, dans le même cadre de vie, dans les mêmes lieux ou le même département. Dans les grandes villes, ils verront que tel enfant habitait la même rue qu’eux-mêmes. Notre exposition sur "Les 11400 enfants juifs déportés de France" a été vue par des centaines de milliers de personnes dans les vingt plus grandes gares de France entre 2002 et 2005, pour le 60e anniversaire de la déportation. La Mairie de Paris a tenu à la présenter tout entière (250 panneaux et vitrines) dans les grands salons de l’Hôtel de Ville en 2007, et de nombreux groupes scolaires ont scruté, avec une extrême attention, les listes arrondissement par arrondissement, rue par rue et numéro par numéro des milliers d’enfants juifs de Paris victimes de la Shoah. Non seulement chaque élève se souviendra d’un enfant mais aussi du contexte historique qui a conduit cet enfant à la mort, et également du fait exceptionnel dans l’Europe de la Shoah que 60 000 enfants juifs ont échappé à la déportation grâce surtout à la population française qui a aidé activement les familles et les organisations juives à cacher les enfants et qui a réussi à faire pression sur le gouvernement de Vichy pour freiner sa coopération policière avec la Gestapo.

Ce rôle est déjà joué par beaucoup d’enseignants, ceux qui coopèrent avec les AMEDJ. Et si d’autres mémoires surgissent à cette occasion, tant mieux ; elles ne seront pas concurrentes, mais complémentaires, et permettront aux uns et aux autres de mieux se connaître en confrontant les douloureuses épreuves de l’histoire qui ont conduit l’humanité jusqu’à nous. Les élèves qui se souviendront d’un enfant dont la vie a été tranchée par l’intolérance et la haine raciste seront mieux armés moralement contre les idéologies extrêmes et contre la violence ; ils comprendront mieux probablement pourquoi il faut défendre les valeurs républicaines, la liberté et la dignité humaine. D’ici à la rentrée 2008, l’initiative du président de la République sera étudiée et aménagée par l’éducation nationale avec le soutien de toute la documentation de notre association et la participation du Mémorial de la Shoah. Dans une trentaine d’années, un siècle après la Shoah, les élèves d’aujourd’hui des CM2 seront depuis longtemps des adultes, et la France sera le seul pays où l’on se souviendra encore avec précision des enfants juifs qui en furent déportés.

Ces enfants auront échappé à l’immense poubelle de l’Histoire ; ils seront redevenus des acteurs de l’Histoire ; ils auront échappé à la nuit et au brouillard de l’oubli ; ils seront revenus à la lumière du jour. Grâce à Jacques Chirac on se souviendra des Justes et des 60 000 enfants juifs sauvés ; grâce à Nicolas Sarkozy on se souviendra des 11 400 enfants juifs perdus.

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HOMMAGE A CARLOS

Notre ami et chanteur CARLOS QUI A DECOUVERT MIKE BRANT EST DECEDE AUJOURD'HUI A LA SUITE D'UN CANCER FOUDROYANT A L'AGE DE 64 ANS

 Biographie - De Chrysostome à Carlos

 

1943 : Naissance d’ Yvan-Chrysostome Dolto, le 20 février 1943, à midi. Il est le fils de Françoise Dolto, née Marette, spécialiste réputée de psychologie des enfants et de Boris Dolto émigré Russe et professeur de Kinésithérapie. Il passe une enfance heureuse à Paris.

 

1943 décembre : Carlos fait ses premiers pas.

1944 - 28 novembre : Naissance de son frère Grégoire.

1946 : Naissance de sa sœur Catherine.

1946 : A trois ans, surnommé ‘Titi-Boss’, il est le chef des ‘attaquants’’, une bande d’ enfants qui sévit au Jardin du Luxembourg.

1947 : Débute sa scolarité à Decroly, école expérimentale Parisienne.

1955 : Carlos a 12 ans.

1957 : Arpente fièrement Saint-Germain des prés sur son scooter, et fréquente Le Bidule, Le chat qui pêche, Le Storyville, Les Trois-Maillets...

1957 : Rencontre Jean et Michel Drucker au cours de soirées qu’ il anime à l’ Ambiance, à Notre-Dame.

 

 

1958 : Ses amis noctambules et lui désirant s’ attribuer de nouveaux patronymes ‘artistiques’, Yvan-Chrysostome Dolto est rebaptisé Carlos, en hommage au percussionniste Carlos Patato-Valdes par lequel il est fasciné.

1959 : Rencontre Johnny Hallyday au Caveau de la montagne.

1960 : Se fait remarquer dans divers clubs parisiens pour ses talents de danseur.

1961 : Obtient son diplôme de kinésithérapie à l’ EFOM, école crée par son père.

1962 : Remplace au pied levé Lucien Morisse au micro d’ Europe 1. Il animera plus tard, toujours sur Europe 1, l’ émission ‘Salut les copains’.

1962 : A la demande de Johnny Hallyday, accompagne Sylvie Vartan dans tous ses déplacements professionnels

1964 : Tourne dans ‘Patate’, le film de Jean-Becker, avec Danielle Darrieux et Jean Marais.

1967 : Fréquente le Bistingo en compagnie d’ Hubert Wayaffe, son complice d’ Europe 1.

1967 : A la demande de Sylvie Vartan, Carlos assure les vocaux masculins sur la nouvelle chanson de celle-ci : ‘2 minutes 35 de bonheur’. Dans la foulée, il accompagne Sylvie Vartan sur scène pour trois duos : ‘2 minutes 35 de bonheur’, ‘Un petit peu beaucoup’, et ‘Mon singe et moi'.

   

1969 : Enregistre, sous la houlette de Jim Larriaga, son premier 45-tours : ‘La vie est belle’.

1970 : Obtient son premier disque d’ or avec son deuxième 45-tours : ‘Y’ a des indiens partout’.

1971 : Au MIDEM, à Cannes, Carlos entend une chanson Brésilienne, ‘Festa por un rei Negro’, l’ enregistre immédiatement et en fait, ‘La Bamboula’.

1971 : Assure la première partie de Joe Dassin et de Sylvie Vartan.

1972 : Suit la caravane du tour de France et effectue 95 galas (un record).

A partir de 1972 : il participera plus de 40 fois aux émissions de Maritie et Gilbert Carpentier : ‘Top à’ et ‘Numéro 1’.

1972 : Tourne dans ‘Le cri du Cormoran le soir au dessus des jonques’ de Michel Audiard.

1972 : Obtient un disque d’ or pour ‘La cantine’.

1973 : Enregistre le premier album-concept Français : ‘Une journée de Monsieur Chose’, avec Joe Dassin, Alice Donna et Joëlle du groupe ‘Il était une fois’. Le 45-tours extrait, ‘Cocotte en papier’ sera disque d’ or.

1975 : Disque d’or pour Séñor Météo.

1977 : De retour des Etats-Unis et décontenancé par les danses qui y sont à la mode, il créé le ‘Big Bisou’.

1978 : Avec la complicité de Joe Dassin et Claude Lemesle, il publie Rosalie et interprète ce tube, déguisé en Doudou.

1978 : Epouse Michèle, alias Mimi, à Deauville. Ils ont pour témoins Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Michel Sardou et Claude Mulot.

1980 : Devient l’ emblème du jus de fruits ‘OASIS’, pour la promotion duquel la chanson ‘Rosalie’ est rebaptisée ‘Oasis, Oasis, c’ est beau, c’ est bon !’ Cette participation durera onze ans. Voir le tournage.

1981 : Décès de son père à Antibes.

1985 : Assiste Coluche à la création des ‘Restos du cœur’, également en compagnie de Véronique Colucci, Sandrine Bonnaire, Béatrice Dalle, Michel Sardou, Jean-Michel Vageulsy, Robert Hossein, Francis Bour, Paul Houdart et Jacques Attali.

1988 : Parraine le parc d’ attraction ‘Mirapolis’ où il se produit pendant 4 mois.

1988 : Décès de sa mère.

1985 : Adapte pour la télévision Française une émission de Bill Cosby et créé ainsi ‘T’ as l’ bonjour d’ Albert’.

1989 : Présente l’ émission ‘Sirocco’ pour TF1.

1991 : Est le héros d’ un long-métrage tourné par TF1, ‘Faux-frère’, avec Emmanuel Montes et Emmanuel Lepoutre.

1992 : Il devient le héros de la série ‘Le J.A.P. (Juge d’ application des peines) pour TF1.

1996 : Devient le héros d’ un dessin animé qui sera programmé sur plus de190 chaines de télévisions différentes: ‘Les aventures de Carlos’.

1996 : Publie son autobiographie : ‘Je m’ appelle Carlos’. Voir la bibliographie.

1997 : Publie deux recueils d’ histoires drôles. Voir la bibliographie.

1998 : Enregistre ‘Allez la France’ en hommage à l’ équipe de France Championne du monde de football et à ses supporters.

2000 : Réalise pour les chaines Voyage et Odyssée des reportages dans diverses contrées sur la pêche au gros. Voir la pêche au gros.

et devient ainsi son assistant. Cette ‘collaboration’ durera 10 ans.
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reflexion et revelation

reflexion humaine et revelation

Posté le 17.01.2008 par israelsionisme
Réflexion humaine et Révélation

L’être humain, créature aux capacités physiques limitées, a obtenu ses lettres de noblesse et sa primauté grâce à la puissance de son intellect. L’intelligence humaine peut dans une certaine mesure dompter les forces de la nature. Elle est dotée de la faculté de définir les valeurs régissant la vie du genre humain dans le monde. Enfin, elle est à même d’avoir une idée du divin.

L’étude qui suit tentera de déterminer, à travers l’étude des textes, quel est le regard de la Torah sur l’intellect humain.

Les capacités intellectuelles humaines qui trouvent leur point d’orgue dans la possibilité qu’elles offrent de déterminer les valeurs régissant la vie humaine dans le monde, en permettant de porter sur toutes les facettes de l’existence un jugement original, personnel et libre, sont-elles mises à l’honneur dans la Torah ou au contraires, sont elles déconsidérées, rejetées et jugées comme subversives et dangereuses.

L’histoire de l’humanité a montré que de nombreux gouvernants, tant politiques que spirituels, ont souvent cherché à annihiler toute capacité de discernement des gouvernés. Leur intention n’était pas uniquement machiavélique, souvent ils portèrent le concept de non-décision personnel au sommet de la hiérarchie des valeurs, instaurant une société où seul le monarque ou le dirigeant suprême avait le droit de penser et d’émettre des jugements de valeur, le reste de la société étant réduit à un état presque animal, puisque privé de sa spécificité : juger ce qui l’entoure.

Le Judaïsme est une loi révélée. Les six cent treize commandements de la Torah sont des préceptes provenant d’une intelligence qui nous dépasse. La théophanie est le grand moment fondateur du judaïsme où D.ieu se révèle sur le mont Sinaï et ordonne à son peuple d’accomplir sa volonté.

Les maîtres du Midrach commentent le verset : « Ils se tinrent sous la montagne » (Exode, 19-17). Ils expliquent que D.ieu retourna la montagne sur son peuple et déclara : « Si vous acceptez mes préceptes, tout ira bien ; si non ici sera votre tombeau » (Talmud - Shabbat 88a).

Un autre texte du Midrach indique une idée similaire. A la fin du récit de la création, un verset de la Genèse exprime la venue du sixième jour d’une façon assez particulière. Il associe au mot « sixième » (jour) l’article défini Hé, ce qu’il n’a pas fait pour les autres jours de la création : « Ce fut le jour, ce fut le soir, LE sixième jour advint » (Genèse, 1-31). Les exégètes du Midrach ont vu dans cette singularité, la volonté de la Torah de faire allusion, au moment où s’achève la création, à un autre sixième jour. Selon le Midrach, la Torah voulait rappeler en ce moment le sixième jour du mois de Sivan, le jour de Chavou’ot, le jour où D.ieu révéla sa loi à son peuple. Et le Midrach conclut : « Ce fut le sixième jour, il s’agit du jour de Chavou’ot. D.ieu dit : Si mes enfants acceptent mes préceptes tout ira bien ; si non je ferai revenir le monde à son état de chaos initial, à l’état de Tohou vaBohou » (Talmud - Chabbat 88a). La lecture de ces deux Midrachim laisse perplexe. Ceux-ci semblent indiquer que la révélation fut imposée à l’homme juif sous la menace ! Que l’inobservance des préceptes est punie par la « peine de mort ! ». « Si vous refusez, ici sera votre tombeau ! » Ou encore : « Je ferai revenir le monde à son état de chaos initial ! »

La célèbre déclaration faite par le peuple juif sur le mont Sinaï : « Nous ferons et nous comprendrons » (Na’assé Vénichm’a) ( Exode, 24-7) va dans ce sens. Elle signifie que la communauté d’Israël décida de se soumettre à la loi de la Torah sans même la comprendre.

Fort de ces enseignements, il semble que le Judaïsme ne fait aucun cas de la pensée humaine, que la révélation, du haut de sa légitimité divine, écrase le regard que peut porter l’être humain sur les choses de la vie. Selon cette conception, la Torah ferait de l’individu un être insignifiant ne pouvant exprimer sa personnalité dans aucun des registres de l’être.

Toutefois, nous ressentons tous que l’on ne peut rester sur de telles conclusions, que si D.ieu a donné à l’homme le pouvoir de juger ce qui l’entoure, le pouvoir de déterminer lui-même ce qui est bien de ce qui est mal, c’est que cette aptitude est sacrée, qu’elle doit être utilisée à bon escient, et qu’elle peut et même, qu’elle doit avoir sa place dans le cadre de la révélation elle même.

D’ailleurs, les textes juifs faisant l’éloge de l’homme dans la création sont très nombreux et très puissants. L’âme humaine est décrite comme étant : « une partie de D.ieu » (Job 31-2). Une Michna enseigne que celui qui tue un homme est assimilable à celui qui détruit toute l’humanité (Talmud - Sanhédrine). Le psalmiste écrit : « Tu l’as diminué de peu par rapport à D.ieu, toute la création est à ses pieds » (Psaumes 8 – 6) . Enfin, dès l’apparition de l’homme dans la Torah, il est dit qu’il a été crée à l’image de D.ieu

Ces enseignements montrent que la Torah ne considère pas l’homme comme un animal pensant. Ils révèlent que l’être humain est sacré. Comment dès lors concilier ces textes avec ceux évoqués précédemment.

La problématique sous-jacente à cette question semble être celle qui oppose le Judaïsme ancestral aux nouvelles formes de cultes que certains souhaiteraient instaurer. Le Judaïsme rabbinique voit dans la loi révélée la seule référence en matière de religion. Ainsi, il ne laisserait à l’homme aucune place dans son expression. Par ailleurs, certains mouvements se réclamant du judaïsme, affirment laisser une plus grande autonomie à l’homme en lui permettant de modeler les préceptes de la loi, selon sa volonté. Au point qu’aux yeux du monde, le Judaïsme rabbinique est souvent jugé rétrograde, figé, sans courage, abdiquant face à la loi, alors que les courants dits « libéraux » sont souvent perçus comme plus modernes, car laissant une place prépondérante à l’homme et à sa volonté dans la conception de la loi. Doit-on en rester là ? Peut-on accepter que l’on dise du Judaïsme rabbinique qu’il « emprisonne » l’homme dans les quatre coudées de la Halakha en l’empêchant d’exprimer son avis sur les choses de la vie ? Doit-on voir dans les textes relatant que le don de la Torah s’est fait dans la contrainte, annihilant ainsi l’intellect humain, la position du Judaïsme ou faut-il plutôt mettre l’accent sur les textes qui font de l’homme une créature proche de D.ieu, faisant de la spécificité humaine son intelligence, l’outil le plus précieux et le plus sacré de la création.

Une réflexion autour des lois concernant le ’hamets, le pain levé, nous mettra sur la voie. Lorsqu’on se penche sur les différentes lois en rapport avec le ’hamets, un paradoxe troublant apparaît. D’une part le ’hamets est le symbole du mal par excellence. Il est souvent associé dans les textes au Yétser Har’a, au mauvais penchant, à l’orgueil. L’image de la pâte levée est associée à l’orgueilleux qui marche la tête haute. La règle générale concernant les offrandes faites dans le Temple de Jérusalem est l’interdiction de la présence en elles de la moindre parcelle de ’hamets. Lorsque de la farine devait être associée aux différentes offrandes, elle devait impérativement être matsa, ne pas avoir levée. A Pessa’h, au moment où nous célébrons la création du peuple juif, le ’hamets est interdit à la consommation, et les règles entourant cette interdiction sont beaucoup plus rigoureuses que celles réglant toutes les autres interdictions alimentaires. Tout ceci montre que le ’hamets représente le mal par excellence.

Il existe toutefois une dernière occurrence où apparaît une loi concernant le ’hamets et celle-ci va dans une direction diamétralement opposée à celle révélée par les enseignements ci-dessus. Il s’agit de la composition de l’offrande qui devait être faite dans le Beit Hamikdach, dans le Temple de Jérusalem, le jour de Chavou’ot. La Torah enseigne qu’en ce jour du calendrier juif, une offrande devait être composée de deux pains confectionnés à partir de farines de blés ; mais surtout, le texte de la Torah insiste pour que ces deux pains soient ’hamets : « De vos habitations, vous apporterez deux pains destinés au balancement qui seront fait de deux dixième de farine et cuits à pâte levée, ce seront les prémices pour l’Eternel » (Lévitique, 23-17). Cet enseignement nous laisse sans souffle puisque ce qui est considéré comme le symbole du mal est soudain sanctifié : il est associé à la célébration de la fête du don de la Torah. Comment comprendre qu’un élément symbolisant le mal puisse devenir le symbole du bien ? Comment ce qui à Pessa’h n’est pas cacher, le devient-il le jour de Chavou’ot ?

Pour comprendre la raison d’être de ce changement d’attitude par rapport au ’hamets, il faut se pencher un moment sur la nature de la matsa et sur celle du ’hamets. Il est évident que l’enseignement symbolique attaché à ces deux matériaux est lié à la réalité de leur être.

Sur la différence entre le ’hamets et la matsa

La matsa et le ’hamets sont en fait identiques dans leur réalisation. La même action humaine créant une matsa crée aussi du ’hamets. L’élément à l’origine de leur différence est le facteur TEMPS. C’est le fait que l’action humaine subisse ou non l’épreuve du temps. La matsa est une réalisation qui ne doit pas subir l’épreuve du temps. Quant au ’hamets, il représente la même action, à la seule différence qu’elle a subi l’épreuve du temps. L’épreuve du temps mène à « la levée de la pâte ». Nous dirons qu’il s’agit ici de l’introduction dans la pâte d’un « vent étranger ». Avec le temps, la pâte qui était fine s’emplit de vent.

Allons de l’avant dans notre analyse et tirons les fruits de cette constatation. Il semble que le ’hamets et la matsa sont deux éléments mettant chacun en valeur deux types de comportements humains. La matsa symbolise une action où la personnalité ne s’exprime pas. La rapidité de réalisation empêche l’ajout de toute touche personnelle. Demander à plusieurs menuisiers de fabriquer un tabouret le plus rapidement possible, ils feront tous le même ouvrage : quatre bouts de bois seront attachés à une planche et ainsi l’objet voulu sera réalisé. Le ’hamets, dans la mesure où il subit l’épreuve du temps, permet à un « roua’h », un vent de s’introduire dans la pâte. Ce vent symbolise la personnalité du créateur. Avec le temps, la réalisation se personnalise, et acquiert une forme nouvelle. De même, laissez six mois à plusieurs menuisiers pour créer un tabouret, les résultats obtenus seront nécessairement très différents ; chacun mettant dans son ouvrage sa sensibilité, son histoire, ses opinions et ses croyances. Le « roua’h » symbolise le regard personnel que l’homme porte sur le monde et qu’il introduit dans son action lorsqu’il la réalise selon son bon vouloir.

Sur la différence entre Pessa’h et Chavou’ot

Fort de ces nouvelles définitions, tentons à présent de comprendre pourquoi à Pessa’h, nous avons l’obligation de consommer de la matsa et l’interdiction formelle de manger du ‘hamets alors qu’à Chavou’ot nous avons l’obligation d’utiliser du ’hamets à un moment important de cette journée ; celui où nous réalisons un rituel dans le Beit haMikdach, dans le Temple de Jérusalem.

A Pessa’h, la libération du peuple juif est fêtée. De nombreux midrachim montrent que son asservissement en Egypte avait pu atteindre tous les registres de son être. Sa nouvelle liberté va lui permettre d’user librement de ses facultés. Il lui est désormais possible de penser et de réfléchir selon sa volonté. Toutefois, à l’heure de la délivrance, l’esclave affranchi ne peut formuler des projets et des idées pour l’Homme. Il doit procéder à un nouvel apprentissage de la vie et des valeurs. Il doit accepter de mettre son regard et son jugement en veille, en attendant que son expérience de la vie se développe et puisse lui permettre de juger ce qui l’entoure correctement.

Nous comprenons dès lors le pourquoi de la matsa à Pessa’h. La matsa représente l’action humaine où la personnalité ne s’exprime pas. Ainsi, au moment où Israël est libéré, D.ieu lui rappelle qu’il doit faire preuve d’une grande humilité en reconnaissant qu’il n’est pas encore apte pour définir lui-même les valeurs. L’obligation de consommer de la matsa rappelle qu’avant de définir ce qu’est le Bien et ce qu’est le Mal, l’homme doit nécessairement passer une période pendant laquelle il ne fait pas cas de son point de vue ; une période d’apprentissage et de recherche où chacune de ses actions et des circonstances qu’il rencontre lui permettent de se forger des idées et des valeurs justes.

L’homme juif est dirigé dans cette recherche par les préceptes de la Torah. Les six cent treize commandements ne laissent aucun champ de la vie humaine hors de leur portée. Selon Maïmonide, (Traité des huit chapitres), les mitsvot, les commandements, doivent être appréhendées à deux niveaux distincts. Leur but ultime est l’accomplissement de la volonté divine ; mais dans un premier temps, Maimonide explique, que ceux-ci ont un but pédagogique. Les différents types de comportements ordonnés par la Torah doivent agir sur ceux qui les accomplissent pour permettre l’émergence de valeurs justes et vraies. L’action a une influence sur la pensée. Par l’action, l’homme acquiert des idées. Agir selon la volonté de D.ieu, de la Torah, permet à l’homme de se forger des valeurs en adéquation parfaite avec les valeurs de la Torah.

Cependant, pour que les mitsvot agissent correctement, il faut absolument les réaliser sans y introduire quoi que ce soit de son jugement de valeurs. De même qu’à la sortie d’Egypte, on enjoint au peuple juif de ne pas consommer du ’hamets, de ne pas chercher à théoriser la vie de l’homme. De même, celui qui accompli une mitsva ne doit pas chercher à la réaliser selon SA philosophie. Il ne doit pas tenter d’adapter les commandements à son temps. Car s’il agissait ainsi, il réduirait à néant toute la portée et l’utilité de la mitsva, du précepte.

Un texte du Talmud résume en une phrase cet enseignement. « Mitsva Habaa LéYadékha Al Ta’hmintséna »: (un commandement qui vient à ta main ne le laisse pas lever). Ce texte enseigne que les préceptes de la Torah doivent être faits avec empressement. Les commentateurs remarquent que si ce texte se limitait à cet enseignement, il aurait du employer une autre terminologie plus simple et moins imagée : « Fais avec zèle les mitsvot ». L’emploi de l’expression ’hamets, levée, doit exprimer une idée importante (Pa’had Ts’hac,, Rav Its’hac Hutner). Il semble que les sages du Talmud ont résumé en quelques mots l’idée que nous venons de développer. Une mitsva doit être faite sans ’hamets, sans la faire lever. C’est-à-dire, sans lui imprimer sa volonté et son esprit.

A ce niveau de réflexion, la conclusion est la vanité du jugement humain. La suite de notre étude va montrer comment celui-ci est sacré, et combien il est cher aux yeux de la Torah. Nous avons remarqué que le ’hamets banni à Pessa’h est consacré au jour de Chavou’ot. Une fois les 49 degrés d’élévation spirituelle séparant Pessa’h et Chavou’ot atteints dans le respect des lois de la Torah, dans la simplicité et l’humilité la plus grande ; alors, au jour de Chavou’ot l’être humain ainsi préparé peut et même doit commencer à émettre des jugements de valeur. Le rituel sacrificiel du jour de Chavou’ot exige que le ’hamets soit le matériau essentiel d’une offrande offerte ce jour. Ce faisant, il indique qu’en ce jour, et uniquement en ce jour, le ’hamets à savoir le jugement humain est accepté. Plus encore, il est consacré et acquiert une valeur en lui-même. L’homme parfait, celui qui a réussi à s’élever au quarante- neuvième degré de sainteté voit son jugement consacré. Chacune de ses idées, de ses attitudes est l’expression de la volonté de la Torah. Un tel homme devient le vecteur de la Torah en ce monde. Il devient celui par lequel D.ieu peut s’exprimer dans le monde.

De nombreux textes vont dans ce sens. Dans le premier chapitre des Psaumes, le Roi David fait l’éloge de celui qui n’a pas suivi le chemin des méchants et le conseil de ceux qui fautent ; de celui qui aspire de tout son être à la connaissance de la loi divine et qui étudie la loi jour et nuit. Les sages du Talmud remarquent que dans ce passage que la Torah est mentionnée à deux reprises de façon différentes. La première fois, elle est appelée « Torat HaChem », la loi divine; ensuite elle est nommée « Torato », sa Torah. Le pronom personnel se rattache à celui qui l’étudie. Tout se passe comme si, la Torah devenait la propriété de celui qui l’étudie.

La créativité dans la Torah est nécessaire, toutefois, elle n’est pas donnée à tout à chacun. Il faut, pour y accéder, un long processus préparatoire, tant intellectuel : « celui qui aspire de tout son être à la connaissance de la loi divine », que spirituelle : « celui qui n’a pas suivi le chemin des méchants, et le conseil de ceux qui fautent ». Une telle personne pourra « étudier nuit et jour SA propre Torah ». La production de sa réflexion sera « toranique ».

Dans le même ordre d’idée, le Talmud affirme avec force que « la Torah ne se trouve pas dans le ciel ». A la fin du cinquième chapitre de Baba Metsia, une histoire illustrant ce principe est contée. Une controverse opposa Rabbi Eliézer à Rabbi Yéhochou’a. La majorité des sages s’apprêtait à suivre l’opinion de Rabbi Yéhochou’a. Rabbi Eliézer demanda à une voix céleste de se manifester et d’indiquer que son opinion était exacte. Suite à cette déclaration, Rabbi Yéhochou’a cria : « Lo Bachamaym Hi » : Elle n’est pas au ciel. La Torah n’appartient plus aux mondes métaphysiques. Elle appartient aux hommes, à la majorité des sages.

Il est évident que seuls ceux qui se seront préparés correctement seront les élus de D.ieu et pourront émettre des avis personnels fondés sur les valeurs de la Torah. Ils seront ceux dont la créativité en matière de Torah sera consacrée. Ainsi, la Michna dans le traité Avot, enseigne que la Torah n’est « acquise que dans la mesure où quarante huit attitudes sont observées », parmi lesquelles on compte : « la crainte de D.ieu, l’humilité, la joie, la pureté, le côtoiement des sages, le peu d’engagement dans le monde du commerce, le peu de sommeil, le bon cœur, la foi en la parole des sages, l’acceptation sans contester des souffrances de la vie ». Il n’est pas question ici de préparation d’ordre intellectuelle. Il s’agit d’attitudes morales et spirituelles seules capables de permettre à l’homme de forger son esprit à l’esprit de la Torah.

Le processus débutant à Pessa’h et se terminant à Chavou’ot voit le ’hamets se substituer à la matsa. Il indique ainsi que la création ne parvient à sa perfection que lorsque l’homme est à même de formuler des jugements de valeurs. La présence de ’hamets dans le rituel de la fête célébrant le don de la Torah, indique que c’est là ce que D.ieu attend de l’homme. C’est à l’homme de trouver, à travers les enseignements de la Torah, les solutions aux problèmes que pose son existence sur terre. Seul celui qui aura atteint les 49 degrés de sainteté représentés par les 49 jours du ’Omer séparant Pessa’h de Chavou’ot, sera gratifié de ce pouvoir et sera sûr que son jugement est celui voulu par D.ieu. Les valeurs et les attitudes définies par une personne de ce genre seront alors en adéquation parfaite avec la volonté divine. Tant que les 49 degrés de sainteté ne sont pas atteints, le ’hamets n’est pas mis à l’honneur. L’attitude du juif en voie vers la félicité doit être celle de l’humilité, celle de la remise en question. Les valeurs doivent alors être constamment revisitées et doivent évoluer naturellement grâce à une pratique saine des Mitsvot. Le jugement humain est sacré, encore faut-il savoir quand l’exprimer et quand le suivre.



Ariel MESSAS
Extrait du livre Rav Chalom Messas, Grand Rabbin de Jérusalem
Editions Biblieurope.


gog et magog

gog et magog

Posté le 16.01.2008 par israelsionisme
GOG ET MAGOG

Qui est Gog ? Un roi du nord qui réunira les peuples (71 peuples) pour monter sur Jerusalem. Si Israel a du mérite, alors la GUEOULA (délivrance) est « activée » et on évite ainsi cette période de Gog et Magog.

R. Alexandre a dit : Au temps fixé, je vais « hâter » l’événement si les Bnés Israel le mérite (sans souffrances) dans le cas contraire la délivrance viendra au temps fixé. Rabbi Israel de Rishin explique que lorsque le temps est révolu, les souffrances et les épreuves se précipitent afin de hâter l’heure de la naissance.

Les ismaélites éveillent les autres peuples à venir contre Jerusalem. Quand arrivera la période messianique, Gog entraînera à sa suite Ismael avec les 71 peuples vers Jerusalem. En d’autre termes, malgré les accords, ce sera plus fort qu’eux, les cousins retourneront à leur vomissure. Donc, on peut temporiser et lâcher du lest pour l’instant.

Suivant R. Moshé CORDOVERO, les peuples feront entre eux la paix pour monter sur JERUSALEM.

Suivant le MALBIM, la volonté des peuples de monter sur Jérusalem s’exprimera lorsque Israel prospérera sur sa terre.

Rabbi CHIMON BAR YOHAÏ dit : D’ fera revivre tous les rois qui ont détruit Sa Maison, et fait du mal à son peuple aux cours des siècles, Il leur rendra leur puissance, les fera monter sur Jérusalem pour l’acte final.

Rabbi E. Wasserman disait au nom du Hefets Haïm : Hazal dit que la guerre de Gog s’effectuera en trois temps ; la première guerre correspond à la première guerre mondiale ; la seconde correspond à la seconde guerre mondiale ; puis la troisième guerre celle de Gog et Magog. Le Hefets Haïm est décédé en 1930, et suite à l’agitation en Europe il disait à ses élèves : EN JERUSALEM LE REFUGE

Il y a discussion entre Rabbi Eliezer et Rabbi Yochoua de savoir si la conduite de repentir est nécessaire pour la délivrance. Rabbi Yochoua à l’inverse de R. Eliezer dit qu’elle n’est pas nécessaire ; si nous le méritons D’ nous délivre immédiatement, mais il y a un temps fixé pour la galout qui n’est pas éternelle. D’ lui a fixé un temps limite ; le temps révolu la délivrance viendra quelque soit le stade de repentir. Beaucoup de non juifs qui s’étaient convertis du bout des lèvres, quand ils verront la guerre de Gog et Magog, feront retour arrière et ressortiront de l’Alliance.

« Je vais t’entraîner. . .toi et toute ton armée. . .la PERSE (l’Iran) l’ETHIOPIE et POUT (Libye) seront avec eux. . . des peuples nombreux seront tes auxiliaires (avis aux amateurs) . . .tu envahiras un pays affranchi du glaive. . .tu monteras comme l’ouragan, tu viendras comme la nuée pour couvrir la terre, toi et toutes tes légions et des peuples nombreux avec toi » YEKHEZKEL.

« Il arrivera, en ce jour, le jour où Gog pénétrera sur le sol d’Israel, dit le Seigneur D’, que ma colère me montera à la tête. . .En ce jour là, il y aura une commotion violente sur le sol d’Israel. . .Je lancerai des pluies torrentielles, des grêlons, du feu et du soufre sur lui, ses légions et les peuples. . . .nombreux qui l’accompagnent. . .(somme toute, ils viendront pour recevoir leur salaire de 2000 ans d’Histoire) Je me manifesterai aux yeux de nations nombreuses et elles reconnaîtront que Je suis l’Eter-nel ». YEKHEZKEL.

Le Gaon de Vilna disait : Quand les bateaux russes passeront le Bosphore vers Israel, il faudra préparer les habits pour la venue de MACHIAH. Les cousins se diront « cette fois ci c’est la bonne » ; il sera clair alors pour toi que le moment de la délivrance est arrivée.

On lit dans le traité du Talmud Yoma : Rabbi Yéhouda ben R. Ilaï dit : Romi tombera un jour aux mains des perses (Iran). Rav dit non, c’est la Perse qui tombera aux mains de Romi.

Rav Yehouda dit au nom de Rav : Le fils de DAVID (MACHIAH) ne viendra pas que lorsque l’empire de Romi criminelle se sera étendue sur le monde entier pendant 9 mois. . . . pendant le temps qu’il faut à une femme pour mettre au monde son enfant (douleurs de l’enfantement de la venue du MACHIAH

Qui est Romi ? United States ? Russie ? Selon Rabbi Saadia Gaon, Romi est descendant des Grecs et par transitivité serait RUSSE. Seul l’avenir pourra nous apporter réponse.

« En ce jour, Je ferai de JERUSALEM une pierre lourde à soulever pour toutes les nations ; tous ceux qui voudront la soulever s’écorcheront cruellement ; cependant tous les peuples de la terre se réuniront contre elle. . .En ce jour, Je ferai des chefs de Juda comme un « brasier allumé . . .mais Jérusalem continuera à être solidement assise dans Jérusalem ; en ce jour l’Eter-nel étendra sa protection sur les habitants de Jérusalem. . .En ce jour, Je m’appliquerai à détruire toutes les nations venues contre JERUSALEM » ZAKHARIA.

« . . .Sur les montagnes d’Israel tu tomberas. . . toi et tes légions et les peuples qui t’accompagnent, aux oiseaux de proie aux fauves des champs Je te livre en pâture. . . .Comme ils ont fait aux Bnés Israel au cours des temps : Vendus, Spoliés, Tués, Brûlés. . .D’ donnera leurs cadavres aux oiseaux de proie et aux fauves des champs. A cause de l’odeur, les Bnés Israel les enterreront pendant 7 mois. Et quiconque aura SURVECU parmi tous les peuples qui seront venus contre Jérusalem devra s’y rendre chaque année pour se prosterner devant le Roi, L’ETER-NEL TSE-VAOT et pour y célébrer la fête de SOUKOT.

« Quant à toi Daniel, tiens cachées ces révélations et scelle le livre jusqu’au temps final, où beaucoup se mettront en quête et où augmentera la connaissance . . . Au bout d’une période, de deux périodes et demi. . .Beaucoup de sages d’Israel se sont trompés dans les calculs ; mais plus on avance dans le temps plus les certitudes deviennent sérieuses.

M Glazerson nous donne un calcul au présent : 430 ans pour le MOED (période) une période, deux périodes soit au total 3 périodes 3X430 = 1290 ANS. Une demi période soit 1290 :2 = 645 ans soit au total 645 + 1290 = 1935. Ce calcul est à faire démarrer depuis la destruction du Temple soit 3828 ; au total : 1935 + 3828 = 2003 Rabbi Abraham Azoulay rapporte au nom du RAMAK (R. Moshé CORDOVERO) que la venue du MACHIAH précède de 40 ans Tehyiat hametim en l’an  soit l’an 800 du 6° millénaire. La venue de Machiah précède cet événement de 40 ans ; soit en l’an 5760 ’’.

De même un Midrash de YALKOUT REOUBENI nous apprend que 240 ans avant la fin du 6° millenaire, l’eau montera des profondeurs et recouvrira la terre ; sauf Eretz Israel qui flottera comme sur l’eau 6000 – 240 = 5760 (soit l’an 2000).

La délivrance peut être activée par la TECHOUVA, c’est à dire le retour, soit alors que se développent des cycles imprévisibles qui mèneront à la Techouva

Certains rêvent de faire de Jérusalem d’une capitale comme Paris ou Rome, pour enfin devenir comme « tout le monde » et pourtant le prophète nous met en garde : « Ce qui vous monte à l’esprit ne se réalisera pas, lorsque vous dîtes devenons comme les nations, comme les familles des autres pays pour adorer le bois et la pierre . . . » YEKHEZKEL Pour l’instant Israel oscille entre deux avodot zarot : Le Socialisme et le Nationalisme. Il en restera ce qui est resté du Communisme . Israel refuse encore de passer du HARD au SOFT. Le HARD c’est la construction de l’infrastructure matérielle du pays qui est réalisée, le SOFT c’est la THORA c’est à dire le seul projet compatible pour la suite. A l’heure de la mondialisation, le seul moyen de protection c’est la THORA ; ou sinon on assistera au mélange de populations : le BOUND en a déjà fait l’expérience. Les coquilles sont les lanières de flagellations qui entourent Israel. Israel est comparé à un fruit. Si Israel accomplit sa mission, c’est à dire s’il absorbe l’eau (l’eau est comparé à la THORA) ; alors le fruit « ISRAEL »se développe bien et fait craquer « L’ECORCE » ; mais si le fruit n’absorbe pas l’eau alors il se dessèche et les écorces tiennent alors le fruit à leur merci. Ce n’est pas un programme de droite, ce n’est pas le nationalisme, ce n’est pas un programme de gauche avec une paix illusoire ; il faudra hélas traverser toutes ces illusions pour comprendre le vrai « programme » qui convient à ISRAEL.

RUBEN CORCOS

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apostasie dans l'islam

Apostasie dans l'islam (suite)

Posté le 12.01.2008 par israelsionisme
Apostasie dans l'islam


L'apostasie en islam est le rejet de l'islam par un musulman.

Il n'existe pas de définition et d'attitudes punitives homogènes à travers le monde islamique : on trouve ainsi de grandes différences selon les orientations politiques et l'époque.

D'une manière générale, kâfir désigne le mécréant, l'apostat et l'athée. Il peut aussi désigner l'hérétique et toutes sortes de dissidents politiques Le takfîr représente la déclaration d'apostasie.

Voir la suite : http://fr.wikipedia.org/wiki/Apostasie_dans_l'islam [ndrl : l'islam est une secte qui condamne à mort ceux qui la quitte.]

L’APOSTASIE EN ISLAM.

L’apostasie c’est l’abandon de la religion. Souvent c’est lié à la conversion à une autre religion. "On change de crèmerie"comme on dit vulgairement. Mais le concept d’apostasie est plus vaste en islam . Il englobe ceux qui abandonnent l’islam mais aussi ceux qui ont une conception divergente de cette religion, en d’autres termes, les hérétiques et ceux dont le comportement ou les écrits laissent supposer qu’ils ont abandonné l’islam et sont devenus mécréants. C’est le cas des musulmans athées ou agnostiques.

En arabe l’apostasie se traduit par « ridda » dont le sens indique un retour en arrière. . On trouve aussi le verbe–irtadda ‘an qui signifie « s’éloigner de , revenir en arrière. »

Or en islam il est interdit de quitter la religion SOUS PEINE DE MORT...
Pourquoi Salman Rushdie a-t-il été condamné à mort pour son ouvrage « les versets sataniques » ? Parce qu’en s’attaquant au Coran et à Mahomet il a commis le crime d’apostasie passible de la peine de mort. Il est considéré comme étant sorti de l’islam.
Depuis la fatwa de l’imam Khomeini, il vit caché , sous haute protection , changeant fréquemment de domicile, abandonné de sa femme qui a divorcé. L’affaire Rushdie, c’est une histoire d’apostasie. .

Or, paradoxalement, il est très facile d’entrer dans l’islam. L’islam encourage les conversions- Liberté d’entrer MAIS PEINE DE MORT POUR TOUTE PERSONNE QUI QUITTE LA RELIGION..
Car la liberté est une liberté à sens unique , un peu à la manière des prisons : liberté d’entrer. Interdiction de sortir. CELUI QUI EST MUSULMAN UNE FOIS DOIT LE RESTER POUR TOUJOURS.
Il est dit dans un hadîth : « celui qui change de religion, tuez-le »

Dans le droit musulman, le musulman peut tuer un autre musulman dans les trois cas suivants :*
-l’apostasie ( la mécréance après la foi musulmane) !
- l’adultère après le mariage
- l’homicide sans motifs

Le concept d’apostasie ,comme nous l’avons dit plus haut, est large . Sont coupables d’apostasie , ceux qui se convertissent à une autre religion mais aussi ceux qui ne le pratiquent plus l'islam.

L’apostasie a des conséquences énormes : l’apostat est un paria .
Sur le plan civil , il perd tout droit : ; il perd le droit de se marier à une musulmane. S’il est marié le divorce est immédiat, ses enfants lui sont retirés , ses biens sont confisqués
Les conséquences sur le plan pénal sont effroyables quand le droit musulman est appliqué dans le pays. c’est tout simplement la peine de mort.

Le code soudanais de 1991 a prévu un article 126 « Commet le délit d’apostasie tout musulman qui fait de la propagande pour la sortie de la nation de l’islam ou qui manifeste ouvertement sa propre sortie par un dire explicite ou par un acte ayant un sens absolument clair ». Ainsi Mahmûd Taha (1916-1985) a été pendu pour apostasie le 11 janvier 1985 au Soudan . Pourtant dans le code pénal de 1983 il n’y avait pas le délit d’apostasie.

INSULTER DIEU, LE CORAN ET MAHOMET CELA CONSTITUE LE DELIT D’APOSTASIE.

Mais ce qui est moins connu c’est L’ACTION POPULAIRE CONTRE L’APOSTAT.
Chaque individu a le droit de saisir les tribunaux pour juger un apostat . Chaque musulman a le droit et même le devoir de punir l’apostat . C’est le devoir d’interdire le mal . C’est dit dans le Coran :, sourate 3, verset 110 « Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes, vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah ».
. Ordonner le convenable et interdire le blâmable , c’est le devoir de tout bon musulman, et c’est pourquoi il s’occupe OBLIGATOIREMENT des affaires des autres musulmans . « Accrochez vous tous à la corde d’Allah » dit un hadîth. Soyez tous unis , c’est le mot d’ordre de l’islam.

DEUX POIDS, DEUX MESURES.
- Quand les chrétiens se convertissent à l’islam , c’est la joie chez les musulmans
- Quand les musulmans se convertissent au christianisme, c’est l’horreur
- Quand les musulmans écrivent un livre en faveur de l’islam, c’est normal
- Quand un livre est écrit contre l’islam , c’est le scandale. . Tempête et menaces de mort

POURQUOI ?
Parce que les musulmans considèrent que leur religion est parfaite.
L’islam existait déjà bien avant que le premier homme Adam ne soit créé.

Il est du devoir de TOUS d’entrer dans l’islam et d’y demeurer à jamais !!!
Tout musulman doit protéger son islam et protéger celui des autres musulmans car le musulman est le frère du musulman ( al muslim akhû al muslim)
Or ce qui annule et menace la communauté toute entière c’est l’apostasie.
Les musulmans ne peuvent comprendre, ne peuvent admettre qu’un musulman quitte l’islam, la religion la plus parfaite aux yeux d’Allah.

On entre facilement , très facilement en islam. La conversion est plus que facile, une simple formule. Mais on ne peut pas en sortir. Sans parler des flammes de l’enfer, celui qui ose renier l’islam se renie lui-même, se nie en tant que créature de Dieu . Il ne mérite pas de vivre.

Il n’est licite de verser le sang d’un musulman que dans trois cas :
• pour l’apostasie
• pour l’adultère
• pour le talion

Pourquoi l’équivalence entre ces trois crimes ?
CE SONT DES ACTES TRANSGRESSEURS QUI MENACENT L’ORDRE DE LA COMMUNAUTE , DES ACTES QUI FONT SORTIR DE L’ORDRE NORMATIF.
EN TUANT LES COUPABLES ON FAIT DISPARAITRE LA FAUTE.
Dans le cas de la femme adultère on efface la femme par lapidation , on la rend invisible ainsi que sa faute , et ce, pour l’éternité.
Pour l’apostat il faut le supprimer pour que la communauté retrouve son unité et sa sérénité.
Sa survie EST UNE MENACE POUR L’ORDRE RELIGIEUX MUSULMAN.



Anne-Marie Delcambre sur Liberty Vox
par Cyber-résistant publié dans : Réinformation

brit mila

la brit mila ou circoncision

Posté le 12.01.2008 par israelsionisme





par Moche CATANE La circoncision est-elle une mesure d'hygiene ?



Le judaïsme n'a jamais professé que le monde, tel qu'il a été placé entre les mains de l'homme aux origines de l'histoire, était parfait par définition. Contrairement aux autres éléments qui le remplissent, fleuves et pierres, animaux et forces subtiles que découvre et analyse la physique, Adam et sa postérité ont été chargés d'une mission. Tout le reste est passif, au sens qu'il n'y réside pas de volonté propre, que le déterminisme s'applique à toutes ses métamorphoses. L'être humain, lui, suivant la doctrine juive, est laissé matériellement libre de choisir le bien ou le mal, et cela ne comprend pas seulement la responsabilité morale, mais aussi le devoir de combattre tout ce qui est mauvais dans la nature. La maladie, la misère, la tristesse existent pour qu'on en triomphe au même titre que le péché. Et Israël se félicite d'avoir enfanté tant de médecins, tant de réformateurs sociaux et tant de consolateurs de l'âme, outre tant de justes de la vie courante.

En tout cas, la tradition est constante sur ce point: c'est une obligation formelle de guérir tous les maux. D'après les méthodes de l'exégèse talmudique, qui s'écarte volontiers du sens propre des versets, l'impératif sanitaire ressortirait de la phrase: "Vous prendrez bien garde à vos forces vitales" (Deutéronome 4, 15), mais de nombreux autres passages l'indiquent plus explicitement: "Prends garde aux plaies de lèpre" (ibid., 24, 8 que justement nos Sages interprètent d'une autre manière); un individu qui en a frappé un autre sans suite grave "ne donnera que la contre valeur de son chômage et devra le faire saigner" (Exode 21, 19).



La médecine admet presque unanimement que le prépuce ne joue aucun rôle physiologique utile

Bien plus, la législation rabbinique, s'appuyant sur le texte du Pentateuque, autorise toute infraction aux commandements divins pour préserver la santé de quelqu'un. Cette règle, illustrée par la sentence: "Vous garderez mes édits et mes arrêts, grace auxquels vit l'homme qui les fait..." (Lévitique 18, 5. Commentaire du Talmud: " quand l'homme en vit et non quand il en meurt "), ne comporte que trois exceptions: le meurtre, la débauche (c'est-à-dire les liaisons interdites ) et l'idolâtrie, car ces crimes sont considérés comme plus terribles que la mort.

Dans ces conditions, la seule question qui se pose est si la circoncision est hygiénique ou non. Bien que, dans un tel domaine, il puisse y avoir des opinions divergentes, la médecine admet presque unanimement que le prépuce ne joue aucun rôle physiologique utile. Par contre, il peut causer des infections (phimosis), qui exigent d'en faire l'ablation à ceux qui les ont contractées. C'est pourquoi cette opération est d'usage dans certaines peuplades et, dit-on, s'est maintenue dans la famille royale de Grande-Bretagne. Naturellement, il vaut mieux l'exécuter sur un nouveau-né s'il est bien portant, parce que l'intervention est alors plus facile, tandis que, pour un adulte, à part les répugnances psychiques à vaincre, il s'agit d'une affaire autrement compliquée. Tout cela pour répondre aux opposants "médicaux".

Mais il est bien évident que le précepte divin dépasse la portée hygiénique de l'acte.


UN GARDE-FOU INDÉLÉBILE

L'HOMME est entouré de tentations. Plus que la femme, parce que son caractère est en général plus actif, parce qu'il aime davantage l'initiative. Malgré les changements de notre siècle, qui essaie d'effacer les différences entre la condition masculine et la condition féminine, il reste que nos compagnes, pour des raisons physiques et mentales, sont plus réceptives qu'offensives.

La Loi juive, reconnaissant cette moindre tendance de la femme à "poursuivre le mal", à rechercher des méfaits à commettre, la dispense des "commandements positifs à référence temporelle", qui jalonnent la vie quotidienne et le calendrier annuel des enfants d'Israël, afin de leur rappeler sans cesse la voie droite dont il ne faut pas s'écarter. Ainsi, elle n'a pas besoin des franges (tsitsitt) que l'homme porte "pour que vous vous souveniez de tous les préceptes de D.ieu et que vous les fassiez, et que vous n'erriez pas après votre cœur et après vos yeux, par lesquels vous vous laissez dévoyer" (Nombres 75, 39).





La passion la plus forte qu'un mortel puisse subir est celle qui l'entraîne à s'unir charnellement au mépris des interdictions divines.

Or la passion la plus forte qu'un mortel puisse subir est celle qui l'entraîne à s'unir charnellement au mépris des interdictions divines. L'on nous trouvera peut-être vieux jeu, mais l'anarchie proclamée ces derniers temps en matière d'éthique sexuelle n'entame en rien notre conviction que la discipline dans ce domaine est la condition de l'amour et du bonheur. C'est probablement l'idéologie chrétienne , jetant par principe l'opprobre sur les relations entre l'homme et la femme, qui est responsable de l'explosion actuelle. Le judaïsme n'a rien contre le "sexe"; au contraire, il met à une place très haute les satisfactions du couple; il les considère même comme actions méritoires (et pas seulement pour reproduire l'espèce), mais à condition qu'elles aient lieu dans le cadre de la bénédiction conjugale, et avec des restrictions et des discrétions qui renforcent encore leur caractère sacré.

Et, au dernier degré de la tentation, l'homme se trouve nu. Tout ce qui faisait sa respectabilité, tout ce qui lui remettait en mémoire sa position et ses options, est rejeté dans le tas de ses vêtements. A cet instant il ne lui reste plus que la marque indélébile dans sa chair pour le retenir de se conduire comme une bête que dominent ses instincts. L'un des midrachime les plus poignants dépeint l'aventure de Joseph avec la femme de Putiphar. Adolescent solitaire, pouvait-il rester indifférent aux charmes de cette noble dame? Non, il s'était rendu à la maison "pour faire son ouvragé", au fond parce qu'il était décidé à céder à la belle séductrice. Mais, à la dernière seconde , le jeune homme se reprit et s'enfuit , laissant son habit entre les mains de la femme. N'est-ce pas le signe de l'alliance d'Abraham qui avait été l'ultime et décisif obstacle? (Talmud, Sota 36 b).

(Extrait de "Oui, je fais circoncire mes enfants", avec l'aimable autorisation du Departement de l'Education et de la Culture par la Torah de l'Agence Juive).




Moché Catane (1920-1995) descend d’une vieille famille juive alsacienne. Après la Shoah qui décima une grande partie des siens, il s’installe à Paris, où il mène de front son activité de bibliothécaire à la Bibliothèque Nationale et des activités sociales et communautaires. Il s’installe à Jérusalem avec sa famille en 1949, où il est chef de departement à la Bibliothèque Nationale et Universitaire. Journaliste pour la section francophone de la radio nationale israëlienne, il collabore à de nombreuses revues d’actualité et scientifiques. Il a publié plusieurs ouvrages et de nombreux articles sur l’histoire juive, l’exégèse biblique, la langue et littérature rabbinique et la philosophie juive. Il est décoré des Palmes Académiques par la France et du Prix du Président de la Knesset pour son action dans le but de resserrer les liens culturels entre la France et Israël.


paracha bechela'h

Posté le 12.01.2008 par israelsionisme
Paracha de La Semaine.


Chemot : Bechalah .


Nous savons que la possibilité pour l’homme, de connaître et de comprendre les mystères éternels lui impose une certaine conduite. S’il s’y refuse et s’écarte de la voie qui lui fixée, il peut encourir des peines qui lui sont en partie indiquées par la Torah (Lévitique XXVI, 14 à 44 et Deutéronome XXVIII, 15 à 68). Ces peines ont pour but de lui faire expier son péché.



« Les précisions nécessaires à cet égard ne sont apportées que par la Torah et l’enseignement des prophètes, afin que soit atteint le but visé, par la coopération de la raison et de la Torah, c’est-à-dire la soumission au Très-Haut. L’avertissement de la raison n’est pas susceptible d’être reçu par tout le monde, étant donné l’inégalité intellectuelle des hommes. » (BAHYA ibn PAKUDA : Les Devoirs des Cœurs, Portique III).



Les hommes en s’éloignant des lois divines qui leur furent prescrites, deviennent dangereux pour la collectivité et il incombe à la société de se défendre, d’où la nécessité et l’obligation de mettre en place des moyens de justice dans lesquels sont respectés les principes des Droits de l’Homme sans laisser commettre des iniquités ou des abus de pouvoirs. « Contre les criminels, contre les hors-la-loi, sois audacieuse, pour ordonner le bien, interdire le mal.... Et furieuse contre ceux qui détournent du chemin de vérité et de la juste loi, pour le triomphe du mensonge. (Ib.)



Ce conseil, comme s’il s’adressait à la Loi, ne nous est pas donné pour nous ériger en justiciers, mais pour nous protéger du Mal, qui a un pouvoir plus étendu que le Bien.



C’est dans ce sens que MAIMONIDE expliquera le commandement nous ordonnant de détruire et d’effacer le souvenir d’AMALEK, dont l’attitude belliqueuse envers les Hébreux à leur sortie d’EGYPTE nous est rapportée dans notre paracha (Exode XVII, 8), l’obligation prescrite le concernant étant indiquée dans Deutéronome XXV, 17 à 19 : "« Souviens-toi de ce que t’a fait AMALEK, lors de votre voyage, au sortir de l’EGYPTE ; comme il t’a surpris chemin faisant, et s’est jeté sur tous tes traînards par derrière. Tu étais alors fatigué, à bout de forces et lui ne craignait pas D.ieu...... »"



« En effet, de même qu’on punit l’individu, de même on doit punir une tribu ou une nation entière, afin que toutes les tribus soient intimidées et ne s’aident pas mutuellement à faire le mal, et afin qu’elles se disent : « On pourrait agir envers nous comme on a agi envers telle tribu. » (MAIMONIDE - Guides Egarés III, chapitre XLI - voir aussi MICHNE TORA, Livre XIV, Traité des Rois et des Guerres, chap. I).



Comme nous l’avons déjà indiqué, nous lisons dans notre paracha : "« L’Eternel dit à MOISE : « Consigne ceci, comme souvenir, dans le Livre et inculque-le à JOSUE : j’effacerai la trace d’AMALEK de dessous les cieux » (Exode XVII, 17-19)." De la comparaison avec le texte de Deutéronome XXV, se dégage la question suivante : Quel rôle ISRAEL doit-il exercer pour effacer le souvenir d’AMALEK ? Cette question est tout à fait d’actualité. Elle se pose parfaitement de nos jours, en particulier après la tragédie de la SHOAH, car nous pouvons considérer que cet ennemi héréditaire s’est présenté depuis l’Antiquité, sous diverses appellations, tout au long de l’Histoire. Nous n’avons pas vocation pour tuer qui que ce soit. C’est davantage par la parole, par la persuasion que nous devons éradiquer tout ce qui, de près ou de loin, représente l’esprit du Mal cherchant à nous détruire. Il est personnifié par AMALEK, notre ennemi héréditaire.



Des textes cités plus haut, on peut également se poser les questions suivantes : ISRAEL doit-il être un simple spectateur passif et assister au châtiment qui attend AMALEK, et tirer ainsi une inoubliable leçon de justice divine (ce qui découlerait de la lecture de notre paracha) ? Ou bien, lui incombe-t-il d’anéantir directement son ennemi, et au besoin par les armes. (ce qui semble se dégager du texte du Deutéronome) ?



ABRAVANEL (exégète du 15° - 16° siècle) : né à LISBONNE en 1437- Mort à VENISE et inhumé à PADOUE en 1508, ayant connu l’expulsion des Juifs d’Espagne en 1492), émet l’opinion selon laquelle AMALEK en attaquant ISRAEL avait péché contre D.ieu lui-même, se rendant ainsi passible de la peine capitale. Ce n’est pas à titre de vengeance qu’ISRAEL devra combattre AMALEK, mais pour obéir à la volonté divine. Aussi, les deux passages de la Torah déjà cités ne font-ils en réalité qu’un seul. Ils se complètent et constituent le même commandement positif. (Mitzvoth Hachem).



Selon nos Sages, c’est au premier roi d’ISRAEL, SAUL, à celui qui siègera sur le trône désigné par D.ieu, du fait qu’AMALEK a voulu porter la main sur le trône de D.ieu (Exode XVII, 16), qu’il incombera d’anéantir l’ennemi du spirituel et par conséquent du genre humain.



IBN EZRA considère que ce commandement devait entrer en vigueur et être appliqué par les enfants d’ISRAEL après l’établissement de l’ordre dans le pays de CANAAN et la consolidation de leur pouvoir.



Enfin, NACHMANIDE estime que l’anéantissement d’AMALEK aura lieu non pour avoir offensé D.ieu mais à cause de l’attitude prise envers ISRAEL. C’est pourquoi le texte souligne : « Souviens-toi de ce que t’a fait (à toi) AMALEK..... » (Deutéronome XXV, 17). On peut donc considérer que D.ieu châtie plus un crime contre les hommes que contre la divinité. Nous le savons d’ailleurs par l’exemple des hommes de la génération du déluge. Ils furent tous condamnés pour leur perversité, alors que ceux de la Tour de BABEL dont le projet consistait à élever une tour qui aille jusqu’au ciel, furent punis pas la dispersion aux quatre coins de la terre et par la confusion des langages, mais ne furent pas condamnés à mourir.
Il serait assez simple de dire qu’aujourd’hui encore, des hommes se prétendant croyants, osent porter la main sur d’autres hommes, tout étant persuadés agir au nom d’une cause religieuse, ce qui ne signifie pas pour autant que des personnes sans croyance religieuse, comme ce fut déjà le cas pour AMALEK, commettent eux aussi des exactions et des violences, telles que les pratiquèrent ceux qui à la période moderne, ont agi au nom d’une dictature ou d’un état totalitaire. C’est tout cela que nous pouvons classer dans la catégorie de ceux qui se comportent comme le fit AMALEK et contre lesquels il nous appartient d’agir fermement pour les empêcher de nous détruire.






HAPHTARA :





Parmi tous les Juges dont nous parle la Bible (exception faite pour SAMUEL qui termine cette époque), le rôle de DEBORAH semble être particulièrement important. A un moment assez difficile pour la survie du peuple juif, comme nous en avons connu bien d’autres, DEBORA va contribuer dans une très large mesure à l’unification des tribus et au développement de la conscience nationale. Cette prophétesse va combattre l’anarchie et l’insoumission, exalter le dévouement et le courage. C’est là l’un des enseignements de notre Haphtara.
Les reproches adressés aux tribus défaillantes et indifférentes démontrent de la part de DEBORAH une sagesse supérieure, une ironie fine et subtile qui dissimule l’amertume qu’elle a ressentie. Lorsqu’elle dit : "« Pour les groupes de RUBEN, grave est la perplexité d’esprit » (JUGES V, 16)," elle laisse entendre que pour avoir leur concours, il aurait fallu lui fournir les preuves tangibles d’une victoire éclatante, car en proie à de graves préoccupations sur l’issue des combats, la tribu de RUBEN n’ose pas y prendre part.



Ainsi, après l’éloge des tribus courageuses vient le blâme pour celles qui préféraient la paix provisoire et incertaine à la sécurité nationale. On croirait bien assister aux débats qui se manifestent de nos jours parmi les hommes politiques d’ISRAEL pour combattre ses ennemis ou céder immédiatement à ses exigences. C’est en tout cas DEBORAH qui a montré la véritable forme de courage.



Epouse du chef de l’armée, elle le convoque plus en sa qualité de prophétesse, car en tant que JUGE, son autorité sur BARAK n’aurait sans doute pas été suffisante. "« Elle envoya quérir BARAK, fils d’ABINOAM, de KEDECH-en-NEPHTALI, et lui dit : « Voici l’ordre de l’Eternel, D.ieu d’ISRAEL : va déployer une armée sur le mont Thabor.... » (JUGES IV, 6)"
RADAK estime que l’expression « L’Eternel, D.ieu d’ISRAEL, a donc ordonné » indique que l’on ne nous relate ici que les choses essentielles, nécessaires à la réalisation du message et de la mission. Ce même auteur fait également remarquer qu’au moment où elle convoque le Général en Chef qui n’était que son époux, ils étaient momentanément séparés en tant que couple, cette séparation étant nécessaire durant les périodes d’inspiration de DEBORAH.



Tout comme après la traversée de la Mer Rouge qui constituait un moment important pour la conscience religieuse des Hébreux, MOISE crut nécessaire d’entonner un Cantique en l’honneur de D.ieu qui les avait sauvés, ainsi, DEBORAH, elle-aussi entonna le Cantique qui porte son nom, pour célébrer la victoire qui sauva ISRAEL à un moment difficile de son existence. C’est pourquoi, ce chabbat est qualifié de CHABBAT CHIRA. Il convient de lui donner tout son éclat, car nous savons combien notre propre survie ne tient qu’à la volonté de D.ieu de nous protéger contre ceux qui ont toujours souhaité nous voir disparaître.


L'oisiveté, mère de tous les vices... Un éclairage biblique sur une maxime bien connue...

Posté le 12.01.2008 par israelsionisme


par Audrey FELLOUS L'oisiveté, mère de tous les vices... Un éclairage biblique sur une maxime bien connue...



Le roi Salomon établit un parallélisme surprenant entre le concept de paresse et celui de manque de coeur.

Dans la paracha " Emor ", le grand prêtre qui a un statut particulier, est désigné comme " plus grand que ses frères ". Et le Talmud explique qu'il s'agit d'un supplément de grandeur en sagesse et en force. On voit parfaitement cette dimension de force physique avec le premier grand prêtre, Aaron, puisque le jour de l'inauguration du temple, afin de consacrer les lévites, il devait les prendre, les soulever, faire un balancement de droite à gauche avec eux et les reposer au sol. Et il y avait 22.000 lévites ! Lorsque le texte parle de guibor, " fort ", il semble ainsi signifier " force physique " et non pas indiquer, comme on aurait pu le penser, que sa grandeur concerne sa sagesse, son intelligence, sa réflexion. On peut s'interroger sur la nécessité qu'avait le grand prêtre d'être fort physiquement.

Pour répondre à cette question, on peut regarder un verset tiré des "Proverbes" (du roi Salomon), " je suis passé sur le champ d'un homme paresseux et dans la vigne d'un homme qui n'avait pas de cœur et voilà que je l'ai trouvé complètement en friche et que rien ne poussait comme il le fallait et que tous les murets faits pour protéger ce champ ou cette vigne étaient détruits et j'ai contemplé cela, j'ai essayé de poser dessus mon cœur, j'ai vu et j'ai essayé d'en tirer un enseignement ".

Pour apprendre ce qu'est véritablement la paresse, on ne peut pas se contenter de philosopher sur le sujet, se satisfaire d'une réflexion ou d'une anecdote. Pour comprendre ce que veut dire une chose, il faut en faire l'expérience. Seule l'expérience de l'implication de certains comportements peut amener à comprendre le sens profond de ces comportements.

Le roi Salomon décide donc d'appréhender la paresse en traversant le champ d'un homme paresseux qu'il va qualifier d'homme à qui il manque du cœur, établissant un parallélisme surprenant entre le concept de paresse et celui de manque de cœur. Or on apprend dans le Talmud, que le cœur est un organe relié à l'œil, d'où la nécessité d'une vigilance attentive par rapport aux yeux, car ils sont directement liés au cœur. (Nous voyons ce lien tous les jours dans le " chema' " : "Et vous ne vous détournerez pas après votre cœur et après vos yeux").

ANTICIPER


Le paresseux est celui qui s'empêche d'aller jusqu'au bout de lui-même.

L'homme qui manque de cœur refuse de voir les implications de ses actes.

Ce refus offre une première définition de la notion de paresse. Le paresseux rejette le caractère impliquant de tout acte, voire non acte et partant, néglige l'exigence d'une réflexion préalable à toute action. Ainsi, la paresse n'est pas appréhendée comme un état mais comme le fruit d'un refus de regarder la réalité et de considérer tout ce qu'elle implique.

Affronter la réalité et s'interroger sur les conséquences et l'implication de ses actes constituent les attitudes de celui qui décidera de ne pas se laisser pénétrer par la notion de paresse.


La paresse n'est donc pas un caractère inné. Chaque individu possède des potentiels positifs et négatifs. La paresse n'est pas une qualité négative intrinsèque, mais la non volonté de faire agir des éléments constitutifs de l'être, tant dans un sens positif que négatif. Le paresseux est celui qui s'empêche d'aller jusqu'au bout de lui-même, même dans le mauvais chemin, qui refuse d'avoir de l'ambition car cela exigerait de lui la notion de l'effort. Ainsi s'opposent "celui qui a l'intelligence du cœur" et "celui qui manque de coeur".


Le roi Salomon emploie le verbe " é'hezé", du langage de 'hizaïon, vision qui caractérise la prophétie. Le prophète n'est pas voyant mais visionnaire. Il ne se contente pas d'une vision immédiate mais est capable de concevoir l'implication ultérieure des actes. Le prophète voit notre histoire future à travers nos actions d'aujourd'hui, car c'est ce que nous mettons en place aujourd'hui qui va créer notre avenir. Processus que nous percevons bien dans l'éducation des enfants.


Le problème de la paresse ne réside pas dans l'état présent du paresseux mais dans l'absence de perspective que cet état va entraîner pour lui plus tard.
D'où l'emploi du verbe " é'hezé" qui suggère cette capacité d'anticipation. Comprendre la paresse c'est en saisir l'implication future dans l'existence.


Le verset continue par l'expression " et j'ai posé dessus mon cœur ", qui indique l'aptitude à déduire d'une observation, une conclusion. Il faut être capable de ramener une connaissance au niveau de notre cœur pour comprendre les implications de la pensée, de l'analyse d'une situation observée sans se contenter d'un regard extérieur.

SE SENTIR CONCERNE

Etre confronté à une situation suppose de la ramener à soi, de se sentir concerné.

Le véritable sage est celui qui se laisse interpeller par tout homme, qui accepte surtout que toutes les situations de vie auxquelles il est confronté ne sont pas là pour qu'il émette un jugement sur elles mais pour qu'il puisse être capable d'en tirer des conclusions par rapport à lui-même.

S'il nous est donné de voir quelque chose, c'est nécessairement que quelque part cette chose nous concerne, pas au niveau de l'événement mais au niveau du concept de ce qu'il représente.

Idée que l'on retrouve dans le traîté " Sota " où le témoin d'une scène de mise en accusation de femme adultère, doit s'écarter du vin et se laisser pousser les cheveux n'importe comment, pour se mettre dans un état où il empêche les éléments extérieurs d'avoir une prise sur lui comme le symbolise le vin, de même qu'il se débarrasse du poids du regard de l'autre qui empêche parfois de faire un bilan sur soi-même, en ne prêtant pas attention à sa coiffure. Confronté à cet événement, il doit donc être capable de se repositionner, de s'interroger à son tour sur son rapport à l'autre.

C'est ce que le roi Salomon nous enseigne, alors qu'il pourrait se dire " ça ne me concerne pas ".
De même Moïse qui sort du palais du pharaon où il vivait totalement à l'écart du peuple juif et de ses servitudes pour voir le peuple, c'est-à-dire, selon Rachi, "pour poser ses yeux et son cœur sur le vécu du peuple et vivre sa souffrance, sachant très bien qu'un regard purement contemplatif de l'événement ne peut être bouleversant".

GARDER UNE PERCEPTION SENSIBLE


Si on se contente d'avoir un regard extérieur aux choses, même si on nous dit les choses et même si on sait que ça va se passer, on n'est pas capable d'agir.

Au contraire, faire vivre l'événement que je regarde à l'intérieur de moi et lui donner un sens, c'est décider de garder la vigilance de mes sentiments par rapport à ce que parfois j'ai pris l'habitude de voir. Et penser qu'il faut sans cesse conserver une sensibilité à l'intérieur de soi-même exige un effort.


C'est pourquoi le roi Salomon décide non seulement de voir plus loin " é'hezé " mais aussi de poser ce qu'il voit dans son cœur afin de conserver sa sensibilité éveillée en permanence et son ressenti toujours aussi intense. Le roi Salomon parce qu'il sait qu'il va être confronté à des situations de vie récurrentes, et Moïse pour être le chef du peuple d'Israël, s'imposent ce type de regard, à la fois différent d'un regard extérieur parce que l'on ne se sent pas concerné et d'un regard désensibilisé parce que l'habitude banalise la vision. Ils s'imposent une vigilance sur ces deux plans.


Sans cette double exigence, on se retrouve dans l'histoire de l'Egypte. Car les Egyptiens, malgré la réalisation des premières plaies annoncées par Moïse et n'ayant pas tiré d'enseignement de ce qu'ils avaient déjà vu, laissent leurs serviteurs et leurs bêtes dehors malgré l'annonce de la grêle, et le conseil de Moïse de les faire rentrer.
Si on se contente d'avoir un regard extérieur aux choses, sans être prêt à faire vivre ce regard à travers une implication à l'intérieur de s