Extrait de l’interview d’Esther Pollard du 18 novembre 2007 sur la station de radio israélienne Reshet Bet :
«
Je voudrais vous associer à ce que je ressens en ce jour terrible.
Comme vous devez certainement le savoir, le Premier Ministre se prépare
à faire voter le cabinet demain matin pour répondre a la demande des
Etats-Unis, à savoir libérer quelques 500 terroristes pour faire un
geste envers Abou Mazen.
En vérité, je crois qu’aucun citoyen de ce pays ne comprend comment la
libération de centaines de tueurs de femmes et d’enfants peut
représenter un pas vers la paix !
Mais laissons cela de côté pour l’instant.
Aujourd’hui, mon mari qui a travaillé comme agent israélien pour la
sécurité de ce pays et sur sa demande, entame sa vingt-troisième année
en prison. Je voudrais demander : N’y aurait-il aucun député, aucun
ministre de l’Etat d’Israël qui aurait un peu de conscience, de
droiture, ou de morale ? Comment se fait-il que personne ne se lève et
ne crie :
Ce n’est pas acceptable que Pollard reste en prison !
Ce n’est pas acceptable que les Etats-Unis nous demandent de relâcher
un tas de tueurs de femmes et d’enfants sans que notre Premier Ministre
ne tape pas du poing sur la table et dise : avant que vous ne
commenciez à nous demander un geste quelconque, libérez Pollard !»
Elle a raison Esther Pollard de demander la libération de son mari Jonathan, emprisonné depuis plus de 22 ans.
Il est inconcevable que le gouvernement américain fasse pression sur
Israël pour libérer des centaines de prisonniers et refuse de libérer
le seul prisonnier qui fut au service d’Israël.
Il est inconcevable que le gouvernement israélien ne se préoccupe
uniquement de la libération de Palestiniens mêlés à des meurtres tandis
qu’il oublie ses enfants Jonathan, Guilad, Eldad, Ehud et Ron qui
croupissent dans les geôles américaines ou quelque part au Moyen-Orient.
Il est inconcevable que les différentes ONG, la Croix-Rouge, les
gouvernements et l’ONU ne fassent pas pression pour la libération ou ne
serait-ce seulement pour n’obtenir qu’un signe de vie des otages
israéliens alors que leurs ravisseurs sont connus de tous, et même
aidés par certains d’entre eux.
Il est inconcevable que seul Israël doive faire des gestes.
Il est intolérable que son gouvernement ne cède.
Alain Legaret