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Daniel
 Pipes

 

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24 novembre 2007

 
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Préface à A.-M. Delcambre, «Soufi ou mufti?»

Anne-Marie Delcambre
Soufi ou mufti? Quel avenir pour l'islam?
Desclée de Brouwer, novembre 2007, €21,00

http://www.amazon.fr/Soufi-mufti-Quel-avenir-lislam/dp/222005859X

Avec la «guerre contre le terrorisme», l'essor de l'islam radical et la présence d'une minorité musulmane vigoureuse et revendicative dans l'ensemble du monde occidental, la bonne compréhension de l'islam est devenue une priorité pour quiconque se soucie de sécurité, de politique, de culture ou simplement de l'avenir de la civilisation occidentale.

Il faut donc que les discussions sur Mahomet, le Coran, l'islam, l'islamisme et les questions qui s'y rapportent, puissent se dérouler dans un cadre aussi large et ouvert que possible. La liberté d'expression est indispensable à un tel débat. Quiconque disposant d'informations ou d'idées sur ces thèmes doit se savoir en droit de les exprimer et de les voir diffusées dans une mesure raisonnable. Comme je l'écrivais lors d'une controverse qui agitait les États-Unis en 2005, «à un moment où les institutions se montrent si timorées, voire trompeuses, il est d'autant plus important qu'aucun élément ne soit exclu du débat et qu'aucune sanction ne vienne décourager ceux qui souhaitent s'exprimer.

Dans un contexte dominé par le politiquement correct –un problème qui affecte tant la France que l'Occident en général –,je saisis avec plaisir l'occasion qui m'est donnée de témoigner de toute mon admiration pour les travaux d'Anne-Marie Delcambre, dont l'évolution fournit une contribution plus décisive encore à notre compréhension de l'Islam. Le présent ouvrage, « Soufi ou mufti ? », enrichit cette œuvre d'un examen systématique de concepts et d'usages islamiques fondamentaux qui met clairement en lumière leurs caractéristiques essentielles.

Anne-Marie Delcambre et moi avons des visions assez proches de la nature du problème, à une importante exception près. Elle n'établit aucune distinction entre islam et islamisme, alors que cette différence me paraît évidente. Sa démarche est exposée de manière détaillée dans les pages suivantes. La mienne, en résumé, consiste à présenter l'islamisme comme une manifestation spécifique, moderne et extrémiste de l'islam. Contrairement à elle, j'insiste sur les changements intervenant au cours du temps. Les musulmans n'ont pas toujours été aussi agressifs qu'aujourd'hui et, en se tournant vers l'avenir, on voit que la crise actuelle ne prendra fin que si une forme modérée d'islam vient remplacer la version virulente qui prédomine en ce moment.

En termes politiques, cela suppose que les gouvernements occidentaux fassent la différence entre l'islamisme et l'islam modéré, qu'ils répriment l'un et favorisent l'autre. Je conseille vivement aux lecteurs de se forger leur propre interprétation de cet aspect en abordant cet ouvrage.

Cela dit, la divergence de vues entre Anne-Marie Delcambre et moi importe moins que notre accord sur la nécessité de lutter contre une idéologie brutale et dangereuse afin de protéger notre style de vie. Cela constitue la grande bataille de notre temps. Elle et moi sommes dans le même camp et j'espère que vous, chère lectrice, cher lecteur, nous y rejoindrez.

Daniel Pipes
Philadelphie, Pennsylvanie, Etats-Unis, aoùt 2007
Traduit de l'américain par Alain Jean-Mairet.

 
 

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 Selection primo : Documents/Societe | L'antisémitisme, maladie mentale ?
 Yaël König

L’antisémitisme est-il une maladie mentale en France ?

NDLR Primo : l'article " L’antisémitisme est-il une maladie mentale en France ? " mis en ligne le 9 novembre a été modifié. Cette remise à jour était nécessaire : la première version faisait état de propos tenus par la vice-procureure de la République de Paris, Madame Nathalie Becache. Madame Becache est fort courtoisement entré en contact avec nous pour infirmer avoir tenu pareil propos. Nous l'en remercions. Nous demandons à nos lecteurs de bien vouloir nous excuser. Comme le dit un fameux hebdomadaire satirique : pan sur le bec !

Voici le texte définitif qui exprime l'essentiel, et la question, toujours posée.

Sébastien Selam est disc jockey. « Di Jè », comme on dit dans les milieux branchés.

À 23 ans, Il jouit déjà d'une certaine notoriété. Il anime de nombreuses soirées, mixe dans les boîtes huppées de la capitale, comme les Bains Douches ou le Queen. Les journaux l’encensent, sa réputation dépasse les frontières, on le sollicite sur la Côte d’Azur, en Europe, et même au-delà.(lire le témoignage sur un site de référence des DJ)

Sébastien est heureux ; il vit sa passion et sa passion le fait vivre.

L’argent ne le rend pas arrogant et n’altère aucunement sa mémoire. Sébastien travaille d’arrache-pied pour devenir cette star naissante de la musique. Dans le privé c’est un garçon souriant, serviable, attentif.

Le jeune homme habite avec Juliette, sa mère, dans une cité de la rue Louis Blanc, dans le dixième arrondissement de Paris. Son père est mort depuis longtemps, laissant à sa femme deux garçons à élever.

Depuis qu’il a l’âge de raison, Sébastien s’est promis de prendre soin de Juliette, de la gâter, de lui rendre au centuple les soins et l’amour qu’elle ne cesse de lui prodiguer. Grâce au succès du DJ, la situation matérielle des Selam s’améliore.

Bientôt le frère de Sébastien se marie. La soirée que lui concocte Sébastien restera gravée dans les mémoires tant il a mis de cœur et de talent à l’animer. Du bonheur en myriades, des cascades de musiques dynamiques et joyeuses. Pour la dernière fois, mais nul ne le sait…

De quoi oublier la mine renfrognée et agressive d’Adel Amastaibou, son voisin. Adel a le même âge que Sébastien, ils se connaissent depuis toujours. Même génération, même lieu de vie : mais là s’arrêtent les ressemblances.

Adel Amastaibou ne connaît pas le sens du mot travail. Il est violent. Il a déjà été arrêté à plusieurs reprises. Il gagne, en dealant de la cocaïne, bien plus que le smic, ce qui lui laisse tout loisir pour traîner, regarder les autres avec haine et se laisser corrompre par les incitations islamistes nauséabondes et dangereuses.

Cela l’amène à se déchaîner, quelques mois avant "l'affaire Sellam" en agressant et injuriant un rabbin qui avait l’outrecuidance de passer dans « sa » rue : « T’es un rabbin toi, regarde ton gros nez de Juif, vous êtes tous des fils de p…, regarde ce gros berger allemand, il va te mordre les fesses, ça te rappelle quelque chose ? On va te faire la peau… ».

Le Procureur de la République requiert alors contre Adel Amastaibou. Au procès en Correctionnelle, les magistrats le déclarent coupable. Personne n’émet l’excuse fallacieuse de la folie, denrée de grand secours pour ceux qui veulent nier ou masquer les délits commis sous la bannière islamo-antijuive.

Le 19 novembre 2003 dans l’après-midi, Adel rencontre Sébastien dans l’escalier et lui lance : « Je vais te tuer, toi et ta famille. »

Qu’auriez-vous fait à la place du DJ ? Auriez-vous seulement cru à la menace ? Il est vrai qu’en 2003, et depuis des années, le racisme antijuif se déchaînait : des Juifs agressés, des synagogues brûlées, des bouffées de haine violemment exprimées… mais tout de même, c’était en France !

La France est un pays aimé des Juifs depuis toujours, malgré tout. Mais la France aime-t-elle encore ses Juifs, apeurée, influencée qu’elle est par les assertions racistes à flux tendu ?

Sébastien continue à vivre tranquillement le dernier après-midi de sa courte vie. Peut-être un peu inquiet ? Nul ne le saura. Il doit penser aux injures d’Amastaibou qui vont crescendo, aux poulets égorgés que sa mère trouve devant leur porte palière ; sinistres avertissements…

Mais Sébastien ne sait pas reconnaître le mal absolu. Son plaisir c’est la musique ; sa feuille de route c’est le bonheur.

Le soir de ce même jour le jeune homme descend dans le sous-sol de l’immeuble. Adel y est déjà, qui l’attend. Il a piégé Sébastien.

Il le torture, l’exécute. Nous avons vu des photos. L’horreur, indicible.

Amastaibou a-t-il eu des complices pour guetter, prévenir ? La question n’est encore pas résolue.

Après ce crime l’assassin déclare aux services de police : « Je suis content s’il est mort, cet enc… de bâtard, s’il est mort je suis trop content, ce p… de Juif, sale Juif… »

À ces mots terrifiants, le gardien de la paix qui a enregistré la déposition d’Amastaibou ajoute ce commentaire spontané : « Amastaibou, le sourire aux lèvres, se dit pleinement satisfait de son acte. »

En tout cas à nos yeux de citoyens confiants, l’affaire est entendue ; nous avons là des aveux ; le dossier est clair et solide. Justice va être faite. Justice, non vengeance.

Sauf que.

Sauf que la Justice française refuse d’entendre Adel le criminel, le considérant d’emblée comme fou. La messe est dite.
Madame le juge d’instruction Sonnois délivre une ordonnance de non-lieu dès le 24 novembre 2003, au vu d’une expertise psychiatrique.

Est-ce à dire qu’un antijuif assassin est automatiquement considéré par la justice de notre pays comme un fou ? Pratique… Pas de jugement, un peu de perlimpinpin pour alimenter cette thèse et bientôt on ressort libre…

Il est incroyable de constater que par la suite, pendant toute la durée de l’instruction, des médecins de l’unité psychiatrique abritant Amastaibou délivreront des certificats lui permettant de ne pas assister aux interrogatoires.

Et hop, circulez, y’a rien à voir ! Et rien à dire, même si l’indignation nous prend à constater que pendant toutes ces années d’instruction la famille Selam et ses anciens avocats n’ont jamais pu voir l’assassin, n’ont jamais pu constater son état de santé réel.

Ainsi donc il semble qu’il n’y aura pas de procès pénal pour l’assassin de Sébastien Selam.

Par ailleurs, Juliette Selam a sollicité de la ville de Paris l’octroi d’un logement social afin de ne pas rencontrer l’assassin de son fils dans l’immeuble, afin de ne plus avoir sous les yeux les auréoles sombres qu’a laissées sur le sol le sang de son enfant… A l’heure où paraît cet article, presque exactement quatre ans jour pour jour après la mise à mort de Sébastien, elle n’a toujours pas été relogée.

Et le pire n’étant jamais en reste, il est un fait lamentable dans les suites de cet assassinat monstrueux.

L’ordonnance de non-lieu du 8 août 2006 au bénéfice d’Amastaibou, (pour trouble mental sur le fondement de l’article 122-1 du Code pénal,) ordonnance rendue par la nouvelle juge d’instruction madame Isabelle Minguet, n’a jamais été délivrée à la famille Selam, la privant ainsi de tout appel possible.

Toutefois deux enveloppes cachetées non délivrées à Madame Selam au motif « Pas de destinataire à l’adresse indiquée » sont découvertes dans les archives du tribunal.

Qui a apporté ces enveloppes et s’en est retourné sans les livrer ? Qui aurait constaté que nul n’habitait à cette adresse, alors que les Selam y vivent depuis de nombreuses années et sont connus de tous ?

Ces courriers devaient porter à la connaissance de Juliette Selam que l’assassin de son fils bénéficiait d’un non-lieu. Elle aurait pu alors interjeter appel dans le délai légal. Mais ces enveloppes ne sont pas remises à sa destinataire et Juliette Selam n’avait plus d’autre choix que celui de se taire.

Depuis, la Poste a reconnu son erreur et s’en est excusée ; mais plainte a été déposée contre elle.

Madame Selam a enfin pu, en juin dernier, faire appel de l’ordonnance de non-lieu rendue à l’époque du meurtre de son fils.

En plein procès du jeune schizophrène meurtrier de deux infirmières paloises, on apprend des médias que les non-lieux accordés par la justice de notre pays pour maladie mentale deviennent de plus en plus rares. S’en réjouir ou le déplorer n’est pas ici notre propos. Mais s’étonner qu’un meurtrier antijuif soit soustrait à la justice sous cette fallacieuse raison, s’étonner et demander réparation, là oui, c’est ce que nous réclamons, ici, maintenant, plus fort que jamais.

Et la justice française vient de fixer une audience devant la chambre d’instruction du Tribunal de Grande instance de Paris le 22 novembre prochain.

Première étape, enfin, vers la réhabilitation d’une vérité malmenée ?

Aujourd’hui nous voulons savoir si Amastaibou a eu des complices, nous voulons savoir où il se trouve, nous voulons que justice soit faite, nous voulons retrouver notre fierté et notre confiance en la justice de notre pays.

Nous voulons aussi qu’enfin les pouvoirs publics attribuent à Juliette Selam le logement qu’elle espère depuis trop longtemps ; qu’elle puisse vivre son deuil sans frémir au moindre battement de la porte de l’immeuble en imaginant que c’est Adel, le voisin de toujours, celui qui a défiguré et assassiné son fils, qui rentre chez lui pour une soirée tranquille...

Pendant qu’au cimetière Sébastien a froid, si froid, et qu’il se désole de n’avoir pu empêcher le meurtre d’Ilan Halimi, son frère en souffrance…

Yaël König © Primo, 9 novembre 2007

Publié Saturday, November 24, 2007 1:37 PM par hashomeret

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