L’antisémitisme est-il une maladie mentale en France ?
NDLR
Primo : l'article " L’antisémitisme est-il une maladie mentale en
France ? " mis en ligne le 9 novembre a été modifié. Cette remise à
jour était nécessaire : la première version faisait état de propos
tenus par la vice-procureure de la République de Paris, Madame Nathalie
Becache. Madame Becache est fort courtoisement entré en contact avec
nous pour infirmer avoir tenu pareil propos. Nous l'en remercions. Nous
demandons à nos lecteurs de bien vouloir nous excuser. Comme le dit un
fameux hebdomadaire satirique : pan sur le bec !
Voici le texte définitif qui exprime l'essentiel, et la question, toujours posée.
Sébastien Selam est disc jockey. « Di Jè », comme on dit dans les milieux branchés.
À
23 ans, Il jouit déjà d'une certaine notoriété. Il anime de nombreuses
soirées, mixe dans les boîtes huppées de la capitale, comme les Bains
Douches ou le Queen. Les journaux l’encensent, sa réputation dépasse
les frontières, on le sollicite sur la Côte d’Azur, en Europe, et même
au-delà.(lire le témoignage sur un site de référence des DJ)
Sébastien est heureux ; il vit sa passion et sa passion le fait vivre.
L’argent
ne le rend pas arrogant et n’altère aucunement sa mémoire. Sébastien
travaille d’arrache-pied pour devenir cette star naissante de la
musique. Dans le privé c’est un garçon souriant, serviable, attentif.
Le
jeune homme habite avec Juliette, sa mère, dans une cité de la rue
Louis Blanc, dans le dixième arrondissement de Paris. Son père est mort
depuis longtemps, laissant à sa femme deux garçons à élever.
Depuis
qu’il a l’âge de raison, Sébastien s’est promis de prendre soin de
Juliette, de la gâter, de lui rendre au centuple les soins et l’amour
qu’elle ne cesse de lui prodiguer. Grâce au succès du DJ, la situation
matérielle des Selam s’améliore.
Bientôt
le frère de Sébastien se marie. La soirée que lui concocte Sébastien
restera gravée dans les mémoires tant il a mis de cœur et de talent à
l’animer. Du bonheur en myriades, des cascades de musiques dynamiques
et joyeuses. Pour la dernière fois, mais nul ne le sait…
De
quoi oublier la mine renfrognée et agressive d’Adel Amastaibou, son
voisin. Adel a le même âge que Sébastien, ils se connaissent depuis
toujours. Même génération, même lieu de vie : mais là s’arrêtent les
ressemblances.
Adel
Amastaibou ne connaît pas le sens du mot travail. Il est violent. Il a
déjà été arrêté à plusieurs reprises. Il gagne, en dealant de la
cocaïne, bien plus que le smic, ce qui lui laisse tout loisir pour
traîner, regarder les autres avec haine et se laisser corrompre par les
incitations islamistes nauséabondes et dangereuses.
Cela
l’amène à se déchaîner, quelques mois avant "l'affaire Sellam" en
agressant et injuriant un rabbin qui avait l’outrecuidance de passer
dans « sa » rue : « T’es un rabbin toi, regarde ton
gros nez de Juif, vous êtes tous des fils de p…, regarde ce gros berger
allemand, il va te mordre les fesses, ça te rappelle quelque chose ? On
va te faire la peau… ».
Le
Procureur de la République requiert alors contre Adel Amastaibou. Au
procès en Correctionnelle, les magistrats le déclarent coupable.
Personne n’émet l’excuse fallacieuse de la folie, denrée de grand
secours pour ceux qui veulent nier ou masquer les délits commis sous la
bannière islamo-antijuive.
Le 19 novembre 2003 dans l’après-midi, Adel rencontre Sébastien dans l’escalier et lui lance : « Je vais te tuer, toi et ta famille.
»
Qu’auriez-vous
fait à la place du DJ ? Auriez-vous seulement cru à la menace ? Il est
vrai qu’en 2003, et depuis des années, le racisme antijuif se
déchaînait : des Juifs agressés, des synagogues brûlées, des bouffées
de haine violemment exprimées… mais tout de même, c’était en France !
La
France est un pays aimé des Juifs depuis toujours, malgré tout. Mais la
France aime-t-elle encore ses Juifs, apeurée, influencée qu’elle est
par les assertions racistes à flux tendu ?
Sébastien
continue à vivre tranquillement le dernier après-midi de sa courte vie.
Peut-être un peu inquiet ? Nul ne le saura. Il doit penser aux injures
d’Amastaibou qui vont crescendo, aux poulets égorgés que sa mère trouve
devant leur porte palière ; sinistres avertissements…
Mais Sébastien ne sait pas reconnaître le mal absolu. Son plaisir c’est la musique ; sa feuille de route c’est le bonheur.
Le
soir de ce même jour le jeune homme descend dans le sous-sol de
l’immeuble. Adel y est déjà, qui l’attend. Il a piégé Sébastien.
Il le torture, l’exécute. Nous avons vu des photos. L’horreur, indicible.
Amastaibou a-t-il eu des complices pour guetter, prévenir ? La question n’est encore pas résolue.
Après ce crime l’assassin déclare aux services de police : « Je suis content s’il est mort, cet enc… de bâtard, s’il est mort je suis trop
content, ce p… de Juif, sale Juif… »
À ces mots terrifiants, le gardien de la paix qui a enregistré la déposition d’Amastaibou ajoute ce commentaire spontané : « Amastaibou, le sourire aux
lèvres, se dit pleinement satisfait de son acte. »
En
tout cas à nos yeux de citoyens confiants, l’affaire est entendue ;
nous avons là des aveux ; le dossier est clair et solide. Justice va
être faite. Justice, non vengeance.
Sauf que.
Sauf que la Justice française refuse d’entendre Adel le criminel, le considérant d’emblée comme fou. La messe est dite.
Madame le juge d’instruction Sonnois délivre une ordonnance de non-lieu
dès le 24 novembre 2003, au vu d’une expertise psychiatrique.
Est-ce
à dire qu’un antijuif assassin est automatiquement considéré par la
justice de notre pays comme un fou ? Pratique… Pas de jugement, un peu
de perlimpinpin pour alimenter cette thèse et bientôt on ressort libre…
Il
est incroyable de constater que par la suite, pendant toute la durée de
l’instruction, des médecins de l’unité psychiatrique abritant
Amastaibou délivreront des certificats lui permettant de ne pas
assister aux interrogatoires.
Et
hop, circulez, y’a rien à voir ! Et rien à dire, même si l’indignation
nous prend à constater que pendant toutes ces années d’instruction la
famille Selam et ses anciens avocats n’ont jamais pu voir l’assassin,
n’ont jamais pu constater son état de santé réel.
Ainsi donc il semble qu’il n’y aura pas de procès pénal pour l’assassin de Sébastien Selam.
Par
ailleurs, Juliette Selam a sollicité de la ville de Paris l’octroi d’un
logement social afin de ne pas rencontrer l’assassin de son fils dans
l’immeuble, afin de ne plus avoir sous les yeux les auréoles sombres
qu’a laissées sur le sol le sang de son enfant… A l’heure où paraît cet
article, presque exactement quatre ans jour pour jour après la mise à
mort de Sébastien, elle n’a toujours pas été relogée.
Et le pire n’étant jamais en reste, il est un fait lamentable dans les suites de cet assassinat monstrueux.
L’ordonnance
de non-lieu du 8 août 2006 au bénéfice d’Amastaibou, (pour trouble
mental sur le fondement de l’article 122-1 du Code pénal,) ordonnance
rendue par la nouvelle juge d’instruction madame Isabelle Minguet, n’a
jamais été délivrée à la famille Selam, la privant ainsi de tout appel
possible.
Toutefois
deux enveloppes cachetées non délivrées à Madame Selam au motif « Pas
de destinataire à l’adresse indiquée » sont découvertes dans les
archives du tribunal.
Qui
a apporté ces enveloppes et s’en est retourné sans les livrer ? Qui
aurait constaté que nul n’habitait à cette adresse, alors que les Selam
y vivent depuis de nombreuses années et sont connus de tous ?
Ces
courriers devaient porter à la connaissance de Juliette Selam que
l’assassin de son fils bénéficiait d’un non-lieu. Elle aurait pu alors
interjeter appel dans le délai légal. Mais ces enveloppes ne sont pas
remises à sa destinataire et Juliette Selam n’avait plus d’autre choix
que celui de se taire.
Depuis, la Poste a reconnu son erreur et s’en est excusée ; mais plainte a été déposée contre elle.
Madame Selam a enfin pu, en juin dernier, faire appel de l’ordonnance de non-lieu rendue à l’époque du meurtre de son
fils.
En
plein procès du jeune schizophrène meurtrier de deux infirmières
paloises, on apprend des médias que les non-lieux accordés par la
justice de notre pays pour maladie mentale deviennent de plus en plus
rares. S’en réjouir ou le déplorer n’est pas ici notre propos. Mais
s’étonner qu’un meurtrier antijuif soit soustrait à la justice sous
cette fallacieuse raison, s’étonner et demander réparation, là oui,
c’est ce que nous réclamons, ici, maintenant, plus fort que jamais.
Et
la justice française vient de fixer une audience devant la chambre
d’instruction du Tribunal de Grande instance de Paris le 22 novembre
prochain.
Première étape, enfin, vers la réhabilitation d’une vérité malmenée ?
Aujourd’hui
nous voulons savoir si Amastaibou a eu des complices, nous voulons
savoir où il se trouve, nous voulons que justice soit faite, nous
voulons retrouver notre fierté et notre confiance en la justice de
notre pays.
Nous
voulons aussi qu’enfin les pouvoirs publics attribuent à Juliette Selam
le logement qu’elle espère depuis trop longtemps ; qu’elle puisse vivre
son deuil sans frémir au moindre battement de la porte de l’immeuble en
imaginant que c’est Adel, le voisin de toujours, celui qui a défiguré
et assassiné son fils, qui rentre chez lui pour une soirée tranquille...
Pendant
qu’au cimetière Sébastien a froid, si froid, et qu’il se désole de
n’avoir pu empêcher le meurtre d’Ilan Halimi, son frère en souffrance…
Yaël König © Primo, 9 novembre 2007