L'enfance de Mike
De son vrai nom Moshe Brand, Mike Brant est né le 2 février 1947, à
Nicosie, dans l'île de Chypre, en pleine Méditerranée. Sa mère est une
Polonaise brune du nom de Bronia Rosenberg. C'est l'une des rares
rescapées du camp d'Auschwitz, de triste mémoire, où toute sa famille a
été exterminée par les nazis allemands.
Un miracle de l'amour
A la fin de la Seconde Guerre mondiale, sa mère, Bronia, peut à peine tenir debout.
En 1945, quatre jours après la libération du camp par l'armée
russe, elle arrive au centre d'accueil des déportés de Poking, perdu
dans la campagne polonaise.
Un miracle se produit. Fichel Brand, un Russe d'une quarantaine
d'années, ancien résistant du maquis, l'aide, un soir de distribution
de soupe, à se relever. Elle a 23 ans, elle lui sourit, Cupidon frappe
très fort, et voilà ces deux miraculés de l'enfer amoureux l'un de
l'autre !
Bientôt, Bronia est tellement heureuse qu'elle se remet à chanter. C'est l'amour fou.
Il s'appellera Moshe Mikaêl Brand
Une semaine avant la fête des amoureux, en 1945, Bronia et Fichel
Brand partent pour la France et le soleil de Marseille. De là, ils
embarquent pour la Palestine dans l'un des <<Bateau de
l'Espoir>>. Le navire, prévu pour 40 passagers, contient 200
personnes qui rêvent toutes de la Terre promise.
Les Anglais, on le sait depuis le superbe film Exodus, empêchent
alors tout débarquement en Terre promise. Les deux amoureux se
retrouvent dans un centre d'accueil de l'île de Chypre, entre Nicosie
et Limassol. C'est là, à l'hôpital de fortune du camp, que naît, le
premier février 1947, un beau bébé de 4 kilos et demi, aux cheveux
noirs et aux yeux bleus. Il s'appellera Moshe Mikaêl Brand.
L'enfant des kibboutz
La petite famille Brand débarque finalement, fin septembre 1947, à
Haïfa, en Israël. De là, un vieux bus les emmène par une route
poussiéreuse dans l'une de ces communautés agricoles d'une terre
palestinienne qui n'est pas encore le nouvel Etat d'Israël, le kibboutz
Gvat, en Galilée.
Fichel et Bronia y élèvent des poulets et travaillent la terre. Ce
n'est pas très facile pour eux, mais le petit Moshe peut au moins
gambader, se gaver de fruits et d'oeufs et découvrir la nature. Au bout
d'un an et demi, ils retournent à Haïfa et s'installent au 9, rue
Kibboutz-Galouiot. Fichel travaille cette fois à la mairie du port.
Un enfant muet !
Les cheveux de Moshe s'éclaircissent, le bébé est timide, mais attachant. Un petit frère, Zvi, vient rejoindre la famille.
Tout pourrait aller bien pour les Brand, malgré des conditions
matérielles précaires. Le petit Moshe est un enfant vif et joueur, mais
il ne marche qu'à l'âge de 19 mois et, drame, il ne se décide pas à
parler. Il sait rire à l'occasion, un point, c'est tout ! C'est un
enfant muet ! Les parents Brand emploient les grands moyens. Ils
vendent une partie de leur mobilier et font le voyage jusqu'aux
Etats-Unis. Le spécialiste consulté ne les rassurent pas mais un autre,
en Israël, est catégorique : Moshe parlera un jour, mais quand, nul ne
peut le dire, il faut être patient. Sa mère lui accroche une pancarte
autour du cou : <<Prière de le ramener, s'il se perd, à l'adresse
suivante...>>.
Il parle !
Le petit Moshe dessine : c'est son seul moyen de communication !
Il prononce enfin, à 5 ans, son premier mot, kerach,
<<glace>>, pour réclamer un cornet de glace au marchand
ambulant. Ses parents s'agenouillent pour remercier le Ciel ! Mike
Brant parle enfin, c'est un miracle ! Dès lors, il n'arrête plus de
gazouiller ! A 6 ans, il entre à l'école, découvre la lecture, il aide
aux travaux ménagers de la maison et se prend d'une passion pour la
pêche. C'est un contemplatif qui aime s'installer à la fenêtre du
domicile familial pour observer silencieusement les allées et venues
des oiseaux ou des chats. Mais il adore aussi faire le pitre devant ses
copains de classe : <<A 6 ans, Mike avait un besoin vital de
s'exprimer en public, comme pour rattraper ces quatre années qui
l'avaient plongé dans le silence>>, a depuis expliqué son frère
cadet Zvi.
Vedette ou clochard !
Ses parents ont bien compris qu'ils avaient affaire à un enfant
original, surtout lorsque celui-ci leur dit un jour, brutalement :
<<Plus tard, je serai vedette... ou clochard ! >>
Moshe continue à égayer la table familiale, qui en a besoin, car
elle est bien pauvre. La famille est gaie, unie, harmonieuse, mais
l'ombre des camps pèse malgré tout, sans que les garçons Brand en aient
conscience.
Finalement, Moshe est renvoyé de l'école, malgré son intérêt pour
l'histoire et la lecture. C'est, pour lui, sans importance ; il a
découvert depuis peu, à la synagogue du quartier, le chant, la musique
et tout un monde merveilleux qui est désormais le sien. A 11 ans, Moshe
est le seul garçon de la chorale de son école.
Au contact de la nature
Ses parents envoient Moshe poursuivre sa scolarité et travaillé
dans le kibboutz Gesher, au grand air, dans la vallée verdoyante du
Jourdain.
Il retrouve la nature, cueille les abricots, les semis de blé,
trait les vaches, s'occupe de la basse-cour, tout en chantant, bien
sûr, à pleine voix ! Moshe adore sa nouvelle vie. Il imite Buster
Keaton, Laurel et Hardy et les grands du cinéma muet américain qu'il
découvre au ciné-club. Son préféré est Charlot, Charlie Chaplin, car il
parvient à l'émouvoir jusqu'aux larmes. A ce propos, Michel Jourdan à
écrit dans son livre plein de tendresse, consacré à Mike, un poème
touchant : <<Avec des nostalgies venues depuis l'enfance, avec
tous les non-dits qu'on étouffe en silence, on n'en finit jamais de
tourner dans un film...>>. Moshe va suivre des cours d'art
dramatique au Théâtre d'Haïfa. Il est, à la fois, l'élève le plus doué
et le moins discipliné.
Venez reprendre votre clown !
Au bout de deux ans, Monsieur Fichel Brant reçoit un télégramme:<<Venez reprendre votre clown !>>
Il va chercher son fils, devenu berger, qui retrouve son ancienne
école Carméli d'Haïfa et ses orangers. Il y restera jusqu'en 1960, sans
faire d'éclat. Au bout du compte, papa Fichel place son bon à rien de
fils dans un centre d'apprentissage. Désormais, Moshe Brand va réparer
les frigos ; c'est un travail sûr dans un pays où l'on a terriblement
besoin de se rafraîchir.
Déjà angoissé...
Moshe reste, malgré tout, une personnalité renfermée et tendue. Il est
même bientôt opéré, malgré son jeune âge, d'un ulcère de l'estomac,
c'est dire s'il est angoissé !
Cela le privera du service militaire, si important socialement en
Israël. Après son opération, il devient guide au musée de la Marine
d'Haïfa. La famille Brand déménage au 10 de la rue Sarah.
Déjà chanteur...
Il décide d'arrêter de chanter à la chorale de la synagogue. Sa
voix est si belle qu'on lui confie des airs d'opéra, ce qu'il n'aime
pas vraiment.
Un soir de 1962, en rentrant chez lui, il croise dans l'escalier
son frère Zvi ; celui-ci, un accordéon sous le bras, va répéter avec
une bande de copains du Conservatoire de musique. Mais le petit groupe
va mal, le duo piano-accordéon n'est pas bon, il manque une guitare et
une voix. Zvi invite Moshe à en devenir le chanteur-guitariste :
<<Avec toi, je suis sûr que ça marchera>> Mike ne se fait
pas prier......
Moshe devient Mike
Déjà, Moshe monte sur scène
A 15 ans, le fils aîné des Brand n'a peur de rien.
Il va se proposer pour animer, dans un grand hôtel d'Haïfa, le
réveillon de la Saint Sylvestre. Il est accepté, à son grand étonnement
: déjà, malgré les apparences, il manque d'une certaine confiance en
soi.
A 17 ans, Moshe est devenu un artiste à la tête de son groupe, les
Chocolate's. Il anime les soirées privées et les fêtes familiales
d'Haïfa avec un succès de plus en plus grand. Et là, il trouve ses
marques, sa voie. Il aime les contact avec les public, la scène :
<<C'est peu de chose apparemment, juste une estrade et un rond
blanc, mais c'est quand même impressionnant, la Scène... C'est le
refuge de ceux qui ont encore plus besoin qu'envie de s'inventer une
autre vie...>> (le poème LA SCÈNE de Michel Jourdan).
Son nom sera Mike Brant
A 17 ans, Moshe prend le nom de MIKE BRANT (et non pas Brand, pour
ne pas être confondu avec la marque d'électro-ménager, dira son frère
Zvi avec humour) à l'occasion de son premier engagement au Rondo, le
night-club de l'hôtel Dan Carmel à Haïfa, avec ses amis musiciens David
Azoulay et Kobi Erlich. Et puis, <<Mike>> fait plus vedette
américaine que <<Moshe>> !
Lorsqu'il ne chante pas, il est vendeur d'oranges ou garçon de garage, car il faut bien gagner sa vie.
Ses conquêtes féminines
Mike Brant chante au Rondo pendant un an et demi. Les mois
défilent, son charme opère de plus en plus, ses yeux bleus et sa
silhouette d'athlète font des ravages, les conquêtes féminines se
multiplient.
Mais, raconte son frère Zvi; <<il y avait deux choses qu'il
ne supportait pas, c'était que l'on dise que les femmes se déplaçaient
uniquement pour son physique, et non pour sa voix. S'il y avait une
chose à laquelle il tenait, justement, c'était sa voix. Autre détail
qui le mettait hors de lui, c'était d'être un "chanteur de bal", un
chanteur sur lequel on danse, mais que l'on n'écoute pas
forcément>>.
Dans le night-club de l'hôtel Hilton à Tel-Aviv, il vient
interpréter pour la clientèle internationale des hits américains de ses
chanteurs préférés : Tom Jones, Elvis Presley, Frank Sinatra, Aretha
Franklin, les Platters dont il aime la voix du soliste, haut perchée.
Mike chante des chansons italiennes comme O SOLE MIO, qui vont comme un
gant à ses airs de <<crooner>> et à sa voix ensorcelante.
C'est la période la plus belle, la plus épanouissante de sa vie, il
fait ce qu'il veut. Le directeur de l'hôtel le considère comme son
propre fils et lui passe ses caprices. <<Je n'avais pas de
soucis, pas de problèmes, je gagnais bien ma vie, j'avais le temps de
vivre>>, dira plus tard Mike.
Son premier fan meurt
En 1967, tout va bien : Mike Brant est devenu un chanteur coté dans
le circuit des grands hôtel. Mais son père, qui a toujours été son
premier fan, meurt. Mike est très affecté par sa disparition. Sa mère a
raconté : <<Mon fils avait une très grande admiration pour son
père et, pour lui, sa mort le privait non seulement d'une affection,
mais également d'un grand soutien professionnel. C'est pour son père
qu'il souhaitait à tout prix réussir. Pour lui, cette disparition qui
survenait au moment où il commençait à bien gagner sa vie et à être
connu représentait une réelle injustice. Il ne l'acceptait
pas...>>
Mike, abattu, reprend son métier, mais désormais, il commence
chacune de ses prestations en interprétant la chanson préférée de
Fichel Brand.
Peu après, à 19 ans, Mike Brant est
engagé comme chanteur dans la célèbre troupe du grand music-hall
d'Israël, Lakat Karmon. Pendant deux ans, il fait connaître à
l'Afrique, à l'Australie et aux Etats-Unis les airs du folklore
israélien.
Une voix exceptionnelle !
Il reprend sa liberté. Un nouvel engagement, en solo, lui est proposé,
cette fois à l'hôtel Sheraton de Tel-Aviv, puis au Baccara, le cabaret
de l'hôtel Hilton de Téhéran, en Iran.
Il imite alors le comique américain Jerry Lewis et étoffe son
répertoire anglais et italien. Sa voix de chanteur est tout à fait
exceptionnelle : une gamme de DIX-SEPT notes en voix pure plus DIX
notes en suraiguës !
Sylvie Vartan et Carlos
A Téhéran, Mike chante jusqu'à 150 chansons par nuit ! Mais sa
performance n'est pas vaine, elle est remarquée par une belle blonde de
22 ans, la chanteuse Sylvie Vartan (qui passe dans le même programme
que lui) et par son jovial secrétaire-partenaire Carlos.
Tous deux chantent alors leur tube DEUX MINUTES TRENTE-CINQ DE
BONHEUR. La rencontre s'avère décisive. <<Il avait une telle
volonté de réussir et semblait si ambitieux que nous l'avons ramené
avec nous>>, dira plus tard Sylvie Vartan. Mike les rejoindra
seulement quelques semaines plus tard à la fin de son contrat. Il prend
un billet Téhéran/Tel-Aviv/Paris ; il ne parle pas français, à peine
anglais. Et Sylvie Vartan s'engage même, en cas de déception, à lui
payer son billet de retour.
Paris, la ville lumière
1969 : Mike Brant arrive comme dans un rêve à Paris.
Malheureusement, il lui est impossible de joindre au téléphone Carlos
ou Sylvie Vartan !
Il se fait déposer sous la pluie, près de l'église de
Saint-Germain-des-Prés, car c'est le seul endroit dont il a entendu
parler à Paris. Il loue une petite chambre et traîne dans le quartier
Latin. Il fréquente la pizzeria de l'italien de la rue des
Saints-Pères.
Fauché, désemparé, il est sur le point de rentrer en Israël après
une semaine difficile. Au moment d'embarquer, à l'aéroport d'Orly, il
tente un dernier coup de fil. Signe du destin, Carlos, qui rentre de
tournée, décroche. Il l'invite immédiatement à dîner chez lui et
l'héberge dans son appartement de la rue Saint-Benoît.
Nous avons bien failli ne jamais connaître ce chanteur extraordinaire...
Laisse moi t'aimer
Grâce à Carlos, Mike se produit au club Bistingo, où ce jeune Méditerranéen, beau comme un dieu, ne passe pas inaperçu !
Carlos le présente un soir à Jean Renard, l'un des compositeurs de
Johnny Hallyday (QUE JE T'AIME) et de Sylvie (LA MARITZA). Mike lui
chante le classique de Gershwin, SUMMERTIME : Jean Renard et son
entourage sont renversés. Très vite, il lui propose une chanson :
LAISSE MOI T'AIMER. L'éditeur Gérard Tournier et Jean Renard le signent
sans aucune hésitation pour cinq ans sur leur catalogue discographique
distribué par CBS.
La carrière de Mike Brant en France semble bel et bien partie.
Un chanteur Français
e réveillon 1970
Avant les douze coups de minuit, la speakerine Jacqueline Huet présente
pour la première fois Mike Brant à la télévision française.
Et le standard de la télé explose, le coup de foudre est instantané !
Les grands producteurs télé de l'époque, Jacques Martin, Philippe
Bouvard, Guy Lux, l'aident à se faire connaître. Bientôt Mike, présente
son premier album longuement mûri au cours de 265 séances
d'enregistrements (!). Il éclate littéralement aux yeux des
téléspectateurs européens qui le voient chanter, le 28 octobre 1970,
MAIS DANS LA LUMIÈRE et remporter le Grand Prix international RTL.
Heureux, il passe la fin de soirée en discothèque en compagnie de
Dalida. Rencontrée en 1969 au festival de la Chanson de Venise, Dalida
impressionne beaucoup Mike, elle deviendra une amie. Elle lui propose
même de passer en <<vedette anglaise>> dans son prochain
spectacle à l'Olympia de Paris !
En Israël, les radios et les journaux s'emparent alors de l'enfant du pays pour ne plus le lâcher.
En France, Mike devient le chouchou des jeunes.
L'accident
Début 1971, Mike fait un triomphe au Midem. Cette année-là, il sort
trois 45 tours : NOUS IRONS À SLIGO, À CORPS PERDU, LA FILLE À AIMER,
et un album qui se vendra à 380 000 exemplaires.
Il chante au festival de Provins et enregistre ses deux premières
chansons en allemand et LAISSE MOI T'AIMER en italien. Pourtant, le 14
février 1971, il est victime d'un terrible accident de voiture sur la
route de Bourg-en-Bresse. Soudain sa voiture cale et un camion qui
surgit ne peut l'éviter. Il subit un traumatisme crânien. France-Soir
titre que Mike Brant a perdu la mémoire ! Ce n'est pas vrai mais il
s'en sort très secoué. Monique Le Marcis, dira rétrospectivement
qu'après cet accident, il n'a peut-être pas été correctement soigné :
tous ses problèmes ultérieurs seraient venus de là.
Dalida et Mike
Le 23 novembre 1971, Dalida passe en vedette à l'Olympia de Paris,
Georges Chelon en <<vedette américaine>> et Mike Brant en
<<vedette anglaise>> pendant dix-sept jours
Certes, son nom est en tout petit sur l'affiche lumineuse rouge du
music-hall du boulevard des Capucines, mais sa voix de soleil fait
merveille. Il chante LAISSE MOI T'AIMER, dont il a déjà vendu 1 million
d'exemplaires, reprend les Platters et imite son idole Jerry Lewis.
Désormais Mike n'est plus un inconnu. Sa mère est au premier rang,
heureuse. D'autant que son fils lui a acheté, avec ses premiers
cachets, une maison blanche aux volets bleus à Haïfa.
Ce passage à l'Olympia va pourtant détacher Mike de son
producteur, Jean Renard. Pour lui cet Olympia vient trop tôt dans la
carrière de Mike, qui n'est pas encore tout à fait au point.
1972 : Qui saura
QUI SAURA est le vrai début d'une folle carrière et d'une grande collaboration entre Mike et Michel Jourdan.
Mike a découvert ce titre au festival de la Chanson de San-Remo (en
Italie), où il était interprété par le chanteur aveugle José Féliciano.
QUI SAURA sera l'un de ses plus grands succès.
Michel Jourdan l'avait adapté, Claude François, Régine, Richard
Anthony avaient songé à l'enregistrer, mais c'est finalement Mike Brant
qui en fera un succès.
Ce disque ne sortira qu'au printemps 1972, car le producteur Jean
Renard avait refusé de le publier. Et il faut attendre l'arrivée du
nouveau producteur de Mike, Charles Talar, pour découvrir cette
réussite, bientôt numéro 1 du hit parade national. Désormais Alain
Krief, son ami d'Israël et son confident, devient le réalisateur de ses
disques.
Il devance Clo-Clo !
En 1972, il fallait s'y attendre, Mike Brant dépasse Claude
François (son rival, mais aussi modèle dont il admire le
professionnalisme) dans le référendum annuel du magazine Hit !
Certaines fans le poursuivent dans la rue, des ciseaux à la main,
pour lui voler une mèche de cheveux. Dès lors, Mike Brant ne circule
plus q'en Mercedes blindée. Il est véritablement le chanteur français
N°1. Séducteur mais solitaire, il n'a pas d'histoire d'amour dans sa
vie.
C'est ma prière
Mike se lance un nouveau défit : écrire lui-même les musiques de
ses chansons. Il a coutume de dire : <<Qui ne tente rien... Dieu
que je le plains !>>
Alors, il s'enferme des nuits entières seul avec sa guitare. Sa
première mélodie est habillée de mots par Richard Seff et devient C'EST
MA PRIÈRE, un titre pas très éloigné de MY PRAYER des Platters que Mike
aime tant. Ce huitième disque devient N°1 des ventes ; c'est un nouveau
triomphe, plus gratifiant pour Mike qui grandit artistiquement. A cet
instant, Mike Brant dit à la presse : <<Je veux monter, mais
lentement, j'ai beaucoup à apprendre. Chaque fois que je chante sur
scène, je fais des progrès...>>
Mike s'isole à Toulouse
Désormais, Mike distillera à ses paroliers ses musiques au gré de ses tournées.
Souvent par téléphone ou sur des cassettes rapidement enregistrées.
Michel Jourdan devient un collaborateur indispensable, parce qu'il
affectionne, comme Mike, les chansons un peu pathétiques.
Mike aime aller à Toulouse pour enregistrer. Là-bas, il a la paix,
un studio et des musiciens disponibles vingt-quatre heures sur
vingt-quatre ; et puis, il aime la province, plus humaine à ses yeux
que Paris.
Ses trois succès de 1973 sont RIEN QU'UNE LARME, TOUT DONNÉ, TOUT REPRIS et VIENS CE SOIR.
Dès qu'il le peut, pour se ressourcer, Mike part en voyage au soleil...
Mike et les femmes
Celles qu'il a aimées
En 1973, on voit Mike Brant avec de belles blondes du Nord mais
également, et contrairement à la légende, avec de belles
Méditerranéennes ; son charme opère dans toutes les circonstances.
Selon son entourage, il aime jouer au chat et à la souris avec les
femmes réputées difficiles, un peu inaccessibles, pas faciles à
conquérir. Mike aime celles qui ont gardé, comme il le chantera,
<<quelque chose de l'enfance>>. Celles qui tiendront une
place à part dans son coeur sont Guitta, une hôtesse de l'air danoise,
émigrée au Canada (qui lui demanda de choisir entre elle et son métier)
; Corinne, une jeune Suissesse ; Christine, une Française, (l'ex-femme
du réalisateur de cinéma Claude Lelouch) ; Mikhal Tal, une chanteuse
israélienne et Lena, une Danoise, son dernier amour.
Une vie privée sacrifiée
De l'avis de tous ceux qui l'ont connu, Mike Brant était un grand
coeur et avait une sensibilité à fleur de peau. Mais pour son métier,
il a sacrifié sa vie privée. Ses appartements successifs à Paris, à
Neuilly, sont toujours presque vides : quelques tableaux peints par
lui, des coussins, un lit, une guitare et c'est tout.
Quand il a le cafard, il écoute ses chanteurs francophones
préférés : Jacques Brel (dont il reprendra NE ME QUITTE PAS à la
télévision dans l'émission Cadet Rousselle), Léo Ferré, et va parfois
dîner avec Michel Polnareff, qu'il admire sincèrement et qui lui fait
découvrir la cuisine française. Ses passions sont les échecs, la
peinture et le jazz; Mais, coté coeur, Mike n'a peut-être encore jamais
connu le grand amour. Pourtant il est en permanence sollicité, traqué
par les fans, les filles, les femmes. Pour se protéger, Mike doit sans
cesse changer d'adresse et de numéro de téléphone. Sa vie privée
devient un enfer.
Adulé mais malheureux
Sa mère a bien senti son désarroi, son mal de vivre et ses
déceptions sentimentales qu'il chante dans TOUT DONNÉ, TOUT REPRIS.
Pour elle, Mike est un garçon trop sensible et trop fragile pour
évoluer dans le monde du show-business.
Pour lui venir en aide, elle propose alors à Mike de la rejoindre
en Israël pour passer quelque temps en famille, comme au bon vieux
temps. Elle réalise que son fils est véritablement perturbé par la vie
de star qu'il mène en France et pense même le faire examiner par un
spécialiste.
Mais Mike refuse. Il se jette, comme il le chante, À CORPS PERDUS
dans son métier, où il est toujours l'un des N°1. Cet angoissé,
fragile, assoiffé d'amour, aime la nature et les animaux, dont in ne
peut de passer : les chiens, les chats, les oiseaux et les chevaux. Il
lui arrive même parfois d'aller à ses rendez-vous avec un chaton dans
son blouson !
Pour rassurer sa mère, et lui faire plaisir, Mike et Michel
Jourdan écrivent une chanson émouvante : ELLE A GARDÉ SES YEUX
D'ENFANT.
Les concerts
Le lendemain d'un concert historique, au Palais d'hiver de Lyon, le
2 février 1973, Mike est à Marseille, à la salle Vallier, devant plus
de 5000 personnes !
Une jeune fan en furie escalade la scène et le mord en plein spectacle !
Tout retourné, Mike dira à un journaliste : <<Les
Marseillaises, monsieur, je les adore... elles m'ont marqué pour la vie
! Mais je n'oublierai jamais non plus les filles de Lyon...>>.
Il faut dire que pendant son spectacle, ces dernières l'ont
couvert de fleurs, de ballons, de mouchoirs, de petits mots d'amour, de
peluches et même de soutien-gorge !
Serre-les poings et bats toi
En 1973, Mike enchaîne tournée sur tournée et soixante-dix galas pendant l'été.
Sur scène, il aime chanter SERRE LES POINGS ET BATS-TOI, dont
l'énergie lui permet d'offrir une autre facette de sa personnalité, une
autre image.
Malgré son succès considérable, il n'est toujours pas passé à
l'Olympia en vedette et fait plus de scène en province qu'à Paris !
<<Je tourne à raison de 250 galas par an. Mon coeur devient une
horloge, je suis heureux, mais n'en peux plus...>> dira Mike
Brant.
Mike se sent mal aimé
Même s'il chante ET JE SUIS HEUREUX, Mike perd le sommeil et tombe
dans la ronde infernale des somnifères, surtout après son accident de
voiture en 1971.
Trop pur, trop seul, trop vulnérable, Mike est <<fragile en
dedans>>, comme l'a écrit Michel Jourdan. Alors qu'il est
complexé et toujours en mal d'amour, Mike est plus que jamais
jalousé...
<<Au début de sa carrière, il ne savait pas qu'on ne
l'aimait pas. Peu à peu, il s'est aperçu que les gens (du métier) le
trouvaient froid, et il a commencé à comprendre qu'il était mal
aimé>>, raconte Michel Jourdan.
Mike Brant se sent pour toujours l'étranger, même dans son pays
natal. Son regret de ne pas avoir pu participer, en 1973, à la défense
de son pays natal et à la guerre du Kippour, pour raisons médicales,
est immense.
Cela n'arrangera pas sa situation psychologique précaire. Alors
Mike part chanter sur le front israélien pour ses compatriotes et il
visite les hôpitaux militaires... Mais à son retour, Mike ne va pas
bien et tout le monde s'en rend compte...
Mike et les femmes
Celles qu'il a aimées
En 1973, on voit Mike Brant avec de belles blondes du Nord mais
également, et contrairement à la légende, avec de belles
Méditerranéennes ; son charme opère dans toutes les circonstances.
Selon son entourage, il aime jouer au chat et à la souris avec les
femmes réputées difficiles, un peu inaccessibles, pas faciles à
conquérir. Mike aime celles qui ont gardé, comme il le chantera,
<<quelque chose de l'enfance>>. Celles qui tiendront une
place à part dans son coeur sont Guitta, une hôtesse de l'air danoise,
émigrée au Canada (qui lui demanda de choisir entre elle et son métier)
; Corinne, une jeune Suissesse ; Christine, une Française, (l'ex-femme
du réalisateur de cinéma Claude Lelouch) ; Mikhal Tal, une chanteuse
israélienne et Lena, une Danoise, son dernier amour.
Une vie privée sacrifiée
De l'avis de tous ceux qui l'ont connu, Mike Brant était un grand
coeur et avait une sensibilité à fleur de peau. Mais pour son métier,
il a sacrifié sa vie privée. Ses appartements successifs à Paris, à
Neuilly, sont toujours presque vides : quelques tableaux peints par
lui, des coussins, un lit, une guitare et c'est tout.
Quand il a le cafard, il écoute ses chanteurs francophones
préférés : Jacques Brel (dont il reprendra NE ME QUITTE PAS à la
télévision dans l'émission Cadet Rousselle), Léo Ferré, et va parfois
dîner avec Michel Polnareff, qu'il admire sincèrement et qui lui fait
découvrir la cuisine française. Ses passions sont les échecs, la
peinture et le jazz; Mais, coté coeur, Mike n'a peut-être encore jamais
connu le grand amour. Pourtant il est en permanence sollicité, traqué
par les fans, les filles, les femmes. Pour se protéger, Mike doit sans
cesse changer d'adresse et de numéro de téléphone. Sa vie privée
devient un enfer.
Adulé mais malheureux
Sa mère a bien senti son désarroi, son mal de vivre et ses
déceptions sentimentales qu'il chante dans TOUT DONNÉ, TOUT REPRIS.
Pour elle, Mike est un garçon trop sensible et trop fragile pour
évoluer dans le monde du show-business.
Pour lui venir en aide, elle propose alors à Mike de la rejoindre
en Israël pour passer quelque temps en famille, comme au bon vieux
temps. Elle réalise que son fils est véritablement perturbé par la vie
de star qu'il mène en France et pense même le faire examiner par un
spécialiste.
Mais Mike refuse. Il se jette, comme il le chante, À CORPS PERDUS
dans son métier, où il est toujours l'un des N°1. Cet angoissé,
fragile, assoiffé d'amour, aime la nature et les animaux, dont in ne
peut de passer : les chiens, les chats, les oiseaux et les chevaux. Il
lui arrive même parfois d'aller à ses rendez-vous avec un chaton dans
son blouson !
Pour rassurer sa mère, et lui faire plaisir, Mike et Michel
Jourdan écrivent une chanson émouvante : ELLE A GARDÉ SES YEUX
D'ENFANT.
Les concerts
Le lendemain d'un concert historique, au Palais d'hiver de Lyon, le
2 février 1973, Mike est à Marseille, à la salle Vallier, devant plus
de 5000 personnes !
Une jeune fan en furie escalade la scène et le mord en plein spectacle !
Tout retourné, Mike dira à un journaliste : <<Les
Marseillaises, monsieur, je les adore... elles m'ont marqué pour la vie
! Mais je n'oublierai jamais non plus les filles de Lyon...>>.
Il faut dire que pendant son spectacle, ces dernières l'ont
couvert de fleurs, de ballons, de mouchoirs, de petits mots d'amour, de
peluches et même de soutien-gorge !
Serre-les poings et bats toi
En 1973, Mike enchaîne tournée sur tournée et soixante-dix galas pendant l'été.
Sur scène, il aime chanter SERRE LES POINGS ET BATS-TOI, dont
l'énergie lui permet d'offrir une autre facette de sa personnalité, une
autre image.
Malgré son succès considérable, il n'est toujours pas passé à
l'Olympia en vedette et fait plus de scène en province qu'à Paris !
<<Je tourne à raison de 250 galas par an. Mon coeur devient une
horloge, je suis heureux, mais n'en peux plus...>> dira Mike
Brant.
Mike se sent mal aimé
Même s'il chante ET JE SUIS HEUREUX, Mike perd le sommeil et tombe
dans la ronde infernale des somnifères, surtout après son accident de
voiture en 1971.
Trop pur, trop seul, trop vulnérable, Mike est <<fragile en
dedans>>, comme l'a écrit Michel Jourdan. Alors qu'il est
complexé et toujours en mal d'amour, Mike est plus que jamais
jalousé...
<<Au début de sa carrière, il ne savait pas qu'on ne
l'aimait pas. Peu à peu, il s'est aperçu que les gens (du métier) le
trouvaient froid, et il a commencé à comprendre qu'il était mal
aimé>>, raconte Michel Jourdan.
Mike Brant se sent pour toujours l'étranger, même dans son pays
natal. Son regret de ne pas avoir pu participer, en 1973, à la défense
de son pays natal et à la guerre du Kippour, pour raisons médicales,
est immense.
Cela n'arrangera pas sa situation psychologique précaire. Alors
Mike part chanter sur le front israélien pour ses compatriotes et il
visite les hôpitaux militaires... Mais à son retour, Mike ne va pas
bien et tout le monde s'en rend compte...
La disparition d'une idole
Un bien étrange producteur...
En 1974, Mike, qui continue à chercher sa voie, change de producteur. Il quitte Charles Talar pour signer avec Simon Wajntrob.
Ce producteur connaît la terre entière, possède de grands bureaux
sur les Champs-Elysées, une Rolls bleue, et côtoie le monde des chevaux
et de la peinture. Mike n'est pas un homme d'affaires et il se laisse
facilement impressionner par Wajntrob qu'il rencontre un soir dans le
club de son amie, la chanteuse Dani.
Avec ce producteur, Mike, qui cherche à briser sa solitude et à
connaître de nouveaux horizons, découvre un autre monde encore plus
fou, celui des milliardaires, des yachts et des ports privés, des
écuries de courses et des haras, des manoirs en Normandie et en
Sologne, des jolies femmes aristocrates...
Mais comment garder les pieds sur terre dans ce milieu coupé des
réalités de la vie ? Mike a-t-il fait le bon choix ? Ses proches en
doutent !
C'est comme ça que je t'aime
En 1974, les tubes qu'il enregistre pour Simon Wanjtrob sont C'EST
COMME ÇA QUE JE T'AIME, SERRE LES POINGS ET BATS-TOI, ON SE RETROUVE
PAR HASARD et, à l'automne, QUI POURRAS TE DIRE ?
A Noël, Mike sort un nouveau disque, son quatrième et dernier
album. Il cherche de nouveaux horizons artistiques et avertit :
«Jusqu'alors, j'étais jeune, j'étais novice dans le métier et même si,
souvent, j'ai eu le sentiment d'avoir raison, je me suis toujours rangé
à l'avis de mon entourage. Désormais, terminé ! Je veux être un
artiste, un vrai, qui fonctionne selon les élans de son coeur. Sachez
qu'en ce sens, ma carrière est en train de prendre un tournant
décisif.»
Et puis, Mike est perturbé par la guerre entre Israël et ses
voisins, son frère se bat sur le front du Gola. Il part chanter devant
les soldats combattants et visiter longuement les blessés dans les
hôpitaux...
Mike pleure dans les loges
Mike Brant supporte-t-il encore sa gloire et sa condition de star ?
Ce n'est pas sûr ! Son comportement devient vraiment étrange.
Le 4 mai 1974, lors d'un gala à Boissy-Saint-Léger, il s'arrête à
la quatrième chanson, délaisse 4000 spectateurs médusés et se sauve
dans la nuit...
Le 11, à Cambrai, il casse le miroir de sa loge à coups de poing.
Désormais, il pleure dans les loges avant d'entrer en scène... Mike ne
va pas bien et tout le monde s'en rend compte.
Pourtant Mike n'a jamais été aussi populaire. Il avoue à cet
instant à la journaliste Monique Pantel qu'il voudrait tourner un film
et qu'il n'aime pas les minettes hystériques parce qu'elles crient
pendant qu'il chante, sans l'écouter vraiment. «Il avait, dans le
travail, se souvient un de ses photographes attitrés, Bernard Leloup,
un caractère de cochon, exigeant et méticuleux.»
Fin juillet 1974, il va se reposer à La Seyne-sur-Mer, près de
Toulon, puis durant l'automne en Suisse, à la montagne, à
Saint-Cergues, près de Genève.
Première tentative de suicide
Le 22 novembre 1974, à bout, Mike fait une première tentative de
suicide, en se jetant du cinquième étage de l'hôtel de la Paix, à
Genève. Ses chaussures à talons l'arrêtent au troisième étage.
Dalida et Charles Aznavour viennent discrètement le visiter à
l'hôpital et soutenir son moral chancelant. Auprès de ses amis, il
s'excuse de son geste, qui l'a dépassé : il n'est pas doué, dit-il,
pour le bonheur. «J'aime la vie, je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça
!» Finalement, Mike Brant s'en sort bien, il en est quitte pour un
traumatisme crânien (encore un !) des fractures des deux jambes, dont
une ouverte, de la gauche, qui perdra dans l'épisode deux ou trois
centimètres. Bientôt, à sa grande fierté, il arrive à marcher sans
béquilles, mais en serrant les dents...
Ses proches s'inquiètent
Sa mère et son frère ainsi que sa fiancée Lena arrivent à son chevet.
Zvi, son frère, prend conseil auprès d'un professeur de Jérusalem
qui lui dit : «Votre frère doit venir se faire soigner ici, chez lui.
Car même s'il a affaire, en Suisse, aux plus grands psychiatres, aucun
d'eux ne pourra comprendre ses souffrances... Ce sont celles d'un
enfant né de parents ayant survécu à l'Holocauste.» Mais Mike ne veut
pas rentrer au pays et sa famille ne peut l'obliger à le faire.
Désormais, Mike devient instable et oscillera en plus entre
euphorie et mélancolie. Ses colères sont terribles, ses crises
d'abattement également.
«Entre la première et la deuxième tentative de suicide, je sentais bien
que Mike allait mal, peut-être parce qu'il était devenu trop lucide et
ce, même s'il disait qu'il ne recommencerait plus», précise Michel
Jourdan.
Une dernière chanson
Le 2 février, dans sa petite chambre de l'hôpital de Genève, il
fête, dans la bonne humeur, son vingt-huitième anniversaire, avec sa
mère, ses deux infirmières et son chirurgien. Celui-ci annonce pourtant
une cinquième opération de la jambe gauche, partiellement atrophiée.
Mike et ses paroliers travaillent intensément la phonétique des
textes de ses chansons, afin de mieux servir sa voix bouleversante. Et
il continue à être le plus gentil des chanteurs, qui n'hésite pas à se
déguiser en Père Noël pour ses fans. À Toulouse, Mike conseille
utilement une maman désespérée par sa petite fille muette : «Laissez
une lampe allumée près de son lit.» Il confie : «Un jour, j'aurai un
enfant et ce sera une renaissance...» Mais il n'aura pas le temps de
tout dire...
Au printemps, Mike Brant enregistre, à Toulouse, l'adaptation du
célèbre tube de Morris Albert, FEELINGS, sous le titre DIS-LUI. «Mike
était très occupé, donc je n'avais jamais l'occasion de lui parler des
chansons avant qu'il les enregistre. Et sans connaître la chanson, il
l'interprétait avec une émotion extraordinaire ! Il avait un instinct
du phrasé, de la respiration. C'était un immense interprète...» dira
Michel Jourdan.
A l'écoute de DIS-LUI, Mike est satisfait et il confie à son
complice, Michel Jourdan, qui en a écrit les paroles : «Nous irons à
l'Olympia avec cette chanson.»
Quelques jours plus tard, il vient d'arrêter le traitement qu'il
suivait et qui le faisait grossir, Mike doit faire sa rentrée à la
télévision chez Guy Lux et à la radio à RTL et, doit même visiter un
appartement avec Lena, sa fiancée, le vendredi 25 avril...
Une mort mystérieuse
Ce vendredi-là pourtant, après avoir écouté le premier mixage de
DIS-LUI, Mike Brant se jette du sixième étage d'un immeuble parisien...
Quand la nouvelle tombe, des milliers de jeunes pleurent la mort
de leur idole. Sur toute les lèvres et dans tous les regards les mêmes
questions : «Pourquoi un homme aussi jeune, aussi beau et aussi doué
s'est-il suicidé ?», «Que pouvait-on faire pour l'en empêcher ?»...
Pendant la cérémonie religieuse, à la synagogue du 44 rue des
Victoires, à Paris, il y a un monde fou. Le chagrin qui remplit le
coeur des personnes présentes est insoutenable. Le temps s'est
arrêté... à jamais.
Des morts en série
Moshe Brand, dit Mike Brant, qui rêvait de créer une chorale
d'enfants de toutes les couleurs et de tous les pays, est enterré le 7
mai 1975 au cimetière du camp David d'Haïfa.
Au-dessus de sa tombe, un arbre coupé pour symboliser une vie brisée.
En 1983, sa mère meurt d'un second infarctus, en fait, de chagrin.
Mais ce n'est pas tout : son secrétaire Alain Krief ainsi que son
dernier producteur Simon Wajntrob mourront bientôt de mort violente,
sans que la police ait jamais pu déterminer s'il s'agissait de suicide
ou de meurtre !
Que se passe-t-il dans l'entourage de Mike Brant ?
La presse populaire parlera peu de ces affaires «pas normales» mais
s'étendra longuement sur le portrait astrologique de Mike Brant, qui
révèle un être assoiffé d'amour...
Aujourd'hui, son fan-club entretient
soigneusement la mémoire de Mike Brant. Et tous les enfants qui
entendaient leurs parents se passer ses disques (dont TOI MON ENFANT de
1973...) prennent le relais et deviennent à leur tour des porteurs de
la flamme de l'idole disparue et toujours si présente.
Qui saura vraiment ?...
Toutes les hypothèses sont ouvertes. Une grosse dépression ? Une
saturation psychologique liée à son métier, mais également à son
enfance ou à son entourage ? Dans son numéro de septembre 1995 de VSD,
le chanteur Dave parlait de révélations qui lui avaient été faites par
le dernier producteur de Mike, Simon Wajntrob, mettant en cause
certaines personnes de l'entourage du chanteur qui l'auraient poussé
psychologiquement à son geste fatal... Mike Brant s'est-il suicidé ou
a-t-il été la cible d'une organisation qui a méticuleusement étouffé
l'affaire ? Saura-t-on jamais ?
L'ancien réalisateur en chef de Salut les Copains, Eric Vincent,
dira après coup : «Mike Brant était fragile pour exercer un métier
public»
Son parolier Michel Jourdan, qui le connaissait si bien, écrira pour sa
part, dans le livre Il n'a pas eu le temps : «A cause de l'Holocauste
subi par leurs parents, les enfants de déportés restent marqués à vie.
Ils héritent, plus ou moins, d'une sorte de brouillard au fond des yeux
et de bleus à l'âme à jamais indélébiles...» Voilà peut-être
l'explication du mystère Mike Brant.
Eric Van Loo
Mike Brant
Ses plus belles chansons... L'histoire de sa vie _________________
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