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Herzl à Bâle
(1898)
(Archives sionistes centrales)
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Théodore
(Binyamin Zeev) Herzl, le père du sionisme politique moderne, est né à
Budapest en 1860. Elevé dans l’esprit des Lumières judéo-allemandes de
l’époque, il apprit à apprécier la culture laïque. En 1878, sa famille
s’installa à Vienne et, en 1884, Herzl obtint son doctorat en droit,
décerné par l’Université de Vienne. Il entama une carrière d’écrivain,
d’auteur dramatique et de journaliste, et devint le correspondant à
Paris du Neue Freie Presse, le journal libéral le plus influent de
Vienne.
C’est à l’université de Vienne, en 1882, qu’Herzl rencontra pour la
première fois l’antisémitisme qui allait déterminer sa vie, ainsi que
le sort des Juifs au XXe siècle. Par la suite, pendant son séjour à
Paris en tant que journaliste, il fut directement confronté à ce
problème. A l’époque, il considérait le problème juif comme une
question sociale et écrivit une pièce de théâtre intitulée Le ghetto (1894) dans laquelle les solutions de l’assimilation
et de la conversion étaient l’une et l’autre rejetées. Il espérait que Le ghetto conduirait à un débat et, en fin de compte, à une solution fondée
sur la tolérance et le respect mutuels entre chrétiens et juifs.
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Affiche du jubilée de 1947 de l’Organisation sioniste mondiale
(Archives sionistes centrales)
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Le livre de Herzl, Der Judenstaat (L’Etat juif)
(Archives sionistes centrales)
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En
1894, le capitaine Alfred Dreyfus, un officier juif de l’armée
française, fut accusé à tort de trahison, suite à de fausses lettres
compromettantes fomentées par un général antisémite protégé par sa
hiérarchie. Observant les foules hurlant « Mort aux juifs ! », Herzl en
déduisit qu’il n’existait qu’une seule solution aux agressions
antisémites : l’immigration en masse des Juifs dans un pays à eux.
L’Affaire Dreyfus devint ainsi l’un des éléments déterminants de la
genèse du sionisme politique. Herzl arriva à la
conclusion que l’antisémitisme était une donnée immuable, bien ancrée
dans la société humaine et non résorbée par l’assimilation. Il
réfléchit longuement à l’idée d’une souveraineté juive et, sans
craindre de s’exposer au ridicule auprès des dirigeants juifs, publia,
en 1896, Der
Judenstaat
(L’Etat juif). Il y soutenait que le problème juif n’était pas d’ordre
individuel, mais national. Il déclara que les Juifs ne pourraient être
acceptés dans le monde qu’en cessant d’être une anomalie nationale.
Les juifs constituent un peuple, et leur situation désespérée pourrait
se transformer en une force constructrice par la création d’un Etat
juif avec l’assentiment des grandes puissances. Il considérait la
question juive comme une question politique internationale devant être
traitée sur la scène politique internationale. Herzl proposa un
programme concret de collecte de fonds auprès des Juifs du monde par un
organisme qui œuvrerait en vue d’atteindre cet objectif. Lorsqu’il fut
par la suite constitué, cet organisme prit le nom d’Organisation
sioniste. Herzl envisageait le futur Etat sur le modèle européen de
l’époque, c’est-à-dire une société moderne et éclairée. Par nature, cet
Etat serait neutre, aspirant à la paix et laïc.
Les idées d’Herzl furent accueillies avec enthousiasme par les masses
juives d’Europe orientale, mais les dirigeants juifs furent moins
séduits. Herzl n’en réunit pas moins, à Bâle, du 29 au 31août 1897, le
premier congrès sioniste, qu’il présida ; ce fut le premier
rassemblement trans-national juif sur une base nationale et laïque. Les
délégués adoptèrent le programme de Bâle, le programme du mouvement
sioniste, et déclarèrent que « le sionisme aspire à établir en
Palestine, pour le peuple juif, un foyer garanti par le droit public ».
A cette occasion, fut créée l’Organisation sioniste, l’instance
politique du peuple juif, et Herzl fut élu son premier président. La
même année, Herzl fonda l’hebdomadaire sioniste Die Welt et entreprit
des démarches pour obtenir une charte du peuplement juif dans le Pays
d’Israël (Eretz Israël).
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Herzl et la
délégation sioniste en route pour Israël (1898)
(Office de presse du gouvernement d’Israël)
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Après le premier congrès sioniste, le mouvement se réunit chaque année
en forum international. En 1936, le siège du mouvement sioniste fut
transféré à Jérusalem.
En 1902, Herzl écrivit le roman sioniste Altneuland (Pays ancien, pays
nouveau) dans lequel il décrivait le futur Etat juif comme une utopie
sociale. Il envisageait une nouvelle société qui allait s’établir dans
le Pays d’Israël sur un mode coopératif, utilisant la science et la
technologie pour sa mise en valeur. Il présentait des idées détaillées
sur la structure politique de l’Etat, l’immigration, la collecte de
fonds, les relations diplomatiques, les lois sociales et les relations
entre la religion et l’Etat. Dans Altneuland, l’Etat juif était décrit
comme une société pluraliste, avancée, une « lumière pour les nations.
» Ce livre exerça un puissant impact sur les Juifs de l’époque et
devint un symbole dela vision sioniste du Pays d’Israël.
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Herzl et la
délégation sioniste à Jérusalem (1900)
(Office de presse du gouvernement d’Israël)
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Herzl estimait nécessaire aux objectifs nationaux du peuple juif de
recevoir l’encouragement des grandes puissances. En 1898, il se rendit
donc dans le Pays d’Israël et à Istanbul pour rencontrer le Kaiser
Guillaume II d’Allemagne et le sultan de l’empire ottoman. Lorsque ces
efforts s’avérèrent infructueux, il se tourna vers la Grande-Bretagne
et eut des entretiens avec Joseph Chamberlain, le ministre britannique
des Colonies, et d’autres personnalités. La seule offre concrète qu’il
reçut émana des Britanniques qui proposaient de créer une région
autonome juive en Afrique orientale, en Ouganda.
Le pogrom de Kichinev en 1903 et la pénible situation des Juifs russes,
comme Herzl put le constater lui-même lors d’une visite en Russie,
exercèrent sur lui une profonde influence. Lors du sixième congrès
sioniste (1903), il proposa l’adoption du projet ougandais des
Britanniques en tant que refuge temporaire à cause du danger imminent
menaçant les Juifs russes. Alors qu’Herzl avait précisé que ce projet
n’affectait pas les objectifs ultimes du sionisme, à savoir la création
d’une entité juive dans le Pays d’Israël, la proposition suscita un
tollé au congrès et faillit provoquer une scission du mouvement
sioniste. Le programme ougandais fut définitivement rejeté par le
mouvement sioniste au septième congrès, en 1905.
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La tombe de
Herzl sur le mont Herzl à Jérusalem
(Archives sionistes centrales)
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Herzl mourut en 1904 d’une pneumonie et d’une faiblesse cardiaque
causée par le surmenage et ses efforts incessants en faveur du
sionisme. Mais, à ce moment-là, le mouvement avait trouvé sa place sur
l’échiquier politique mondial. En 1949, la dépouille de Herzl fut
amenée en Israël et réinhumée sur le mont qui porte son nom, à
Jérusalem.
Herzl est l’auteur de la phrase célèbre « si vous le voulez, ce ne sera
pas une légende » qui devint la devise du mouvement sioniste. Bien qu’à
l’époque, personne n’eut pu l’imaginer, le mouvement sioniste,
exactement cinquante ans après le premier congrès sioniste, conduisit à
l’instauration d’un Etat d’Israël indépendant.
Le congrès sioniste : de la diaspora à Israël
 Herzl au premier
congrès sioniste (1897)
(Office de presse du gouvernement d’Israël)

Réunion du 27e congrès sioniste en Israël (1968)
(Archives sionistes centrales)
Le sionisme (Le présent chapitre est emprunté au livre “Zionism”, du professeur Benyamin
Neuberger, paru en 1995.)
Le sionisme est un mouvement national prônant le rapatriement des juifs
dans leur patrie – le Pays d’Israël – et la réaffirmation de la
souveraineté juive.
Après la conquête romaine et la destruction du Temple, en 70 de l’ère
chrétienne, la nostalgie de Sion et l’immigration juive se
poursuivirent tout au long de l’exil. Cette nostalgie prit une forme
nouvelle au dix-neuvième siècle ; le nationalisme moderne, le
libéralisme et l’émancipation confrontant les Juifs à de nouvelles
questions auxquelles le mouvement sioniste tenta de répondre. Le
mouvement Hibbat Zion, qui commença à prendre forme dans la seconde
moitié du XIXe siècle, préconisait la renaissance de la vie juive dans
le Pays d’Israël et entreprit d’y créer des localités agricoles. Par la
suite, Herzl dynamisa et consolida le sionisme en un mouvement
politique, réunissant le premier congrès sioniste en 1897. Herzl fut le
premier à attirer l’attention du monde sur le problème juif et à faire
du peuple juif un acteur sur la scène politique mondiale. Le mouvement
sioniste qui se développa à son initiative créa également les
instruments administratifs, politiques et économiques nécessaires à la
mise en œuvre de sa vision et de son idéologie.
Le mouvement sioniste énonça ses objectifs – un foyer national pour le
peuple juif dans le Pays d’Israël – dans le programme de Bâle. A part
les mouvements qui rejetaient l’idée d’une renaissance nationale, le
sionisme comprenait divers groupes, du sionisme religieux au sionisme
socialiste. Tous œuvrèrent en vue de créer le foyer national juif, une
entreprise qui aboutit à la création de l’Etat d’Israël en 1948.
La version moderne d’un motif ancien
L’origine du terme « sionisme » est le mot biblique « Sion », souvent
utilisé comme synonyme de Jérusalem et de Pays d’Israël (Eretz Israël).
Le sionisme est une idéologie qui exprime l’ardente aspiration des
Juifs du monde entier à recouvrer leur patrie historique – Sion, le
Pays d’Israël.
L’espoir du retour dans la patrie fut d’abord entretenu par les juifs
exilés à Babylone, il y a 2 500 ans – un espoir qui devint par la suite
une réalité. (« Sur les rives des fleuvesdeBabylone,là nous nous
assîmes, et nous pleurâmes au souvenir de Sion. » Psaume CXXXVII, 1).
Ainsi, le sionisme politique, qui s’est constitué au XIXe siècle,
n’inventa ni le concept, ni la pratique du retour. Il s’est plutôt
approprié une idée ancienne et un mouvement actif continu pour les
adapter aux exigences de l’esprit du temps.
L’essentiel de l’idée sioniste apparaît dans la Déclaration
d’Indépendance de l’Etat d’Israël (14 mai 1948) qui stipule, entre
autres, que :
« Le Pays d’Israël est le lieu où naquit le peuple juif. C’est là que
se forgea son identité spirituelle, religieuse et politique. C’est là
qu’il acquit son indépendance et créa des valeurs culturelles d’une
portée à la fois nationale et universelle. C’est là qu’il fit don au
monde entier de l’éternel Livre des Livres.
Contraint à l’exil, le peuple juif est resté fidèle à la terre d’Israël
dans tous les pays où il s’est trouvé dispersé, ne cessant jamais de
prier et d’espérer y revenir pour rétablir sa liberté nationale. »
L’idée du sionisme se fonde sur le lien entre le peuple juif et sa
terre, une attache qui a commencé il y a près de 4 000 ans, lorsque
Abraham s’installa en Canaan, appelé plus tard Pays d’Israël.
Au centre de la pensée sioniste, on trouve l’idée que le Pays d’Israël
est le berceau historique du peuple juif, et la conviction que, pour
les Juifs, vivre ailleurs c’est se trouver en exil. Moses Hess, dans
son livre Rome et Jérusalem (1844), exprime cette idée :
« Deux époques ont façonné l’évolution de la civilisation juive : la
première, après la libération d’Egypte, et la seconde, le retour de
Babylonie. La troisième surviendra avec la délivrance du troisième
exil. »
Tout au long des siècles, dans la diaspora,les Juifs ont entretenu une
relation intense et unique en son genre avec leur patrie historique et
ont manifesté la nostalgie de Sion dans leurs rituels et dans leur
littérature.
Le rôle de l’antisémitisme dans l’évolution du sionisme
Alors que le sionisme exprime le lien historique établi entre le peuple
juif et le Pays d’Israël, le sionisme moderne ne serait peut-être pas
devenu un mouvement national actif au XIXe siècle sans l’antisémitisme
contemporain précédé par des siècles de persécutions.
Au cours des siècles, les Juifs furent expulsés de presque tous les
pays européens – d’Allemagne et de France, du Portugal et d’Espagne,
d’Angleterre et du Pays de Galles – une expérience dont la répétition
exerça un profond impact, notamment au XIXe siècle alors que les juifs
avaient abandonné l’espoir d’un changement radical de leur vie. C’est
dans ce contexte que surgirent des dirigeants juifs qui se tournèrent
vers le sionisme par suite de l’antisémitisme virulent prévalant dans
les sociétés environnantes. Ainsi, Moses Hess, bouleversé par
l’accusation de crime rituel à Damas (1840), devint le père du sionisme
socialiste ; Léon Pinsker, choqué par les pogroms (1881-1882) qui
suivirent l’assassinat du tsar Alexandre II, prit la direction du
mouvement Hibbat Zion ; et Théodore Herzl, journaliste à Paris, prenant
conscience de la venimeuse campagne antisémite de l’Affaire Dreyfus
(1896), organisa le sionisme en un mouvement politique.
Le mouvement sioniste visait à résoudre « le problème juif », le
problème d’une minorité éternelle, un peuple soumis à des pogroms et à
des persécutions incessantes, une communauté sans patrie dont la
spécificité était mise en relief par la discrimination, partout où
s’installaient les Juifs. Le sionisme aspirait à régler cette situation
par le retour à la patrie historique – le Pays d’Israël.
En fait, la majeure partie des vagues d’aliya
(immigration en masse dans le Pays d’Israël) à l’époque moderne furent
une réaction directe aux meurtres et à la discrimination subis par les
Juifs. La Première Aliya suivit les pogroms perpétrés en Russie dans
les années 1880. La Deuxième Aliya fut déclenchée par le pogrom de
Kichinev et une série de massacres commis en Ukraine et en Biélorussie
au tournant du siècle. La Troisième Aliya se produisit après les
massacres de Juifs pendant la guerre civile russe. La Quatrième Aliya
débuta en Pologne dans les années 1920 après que la législation Gravski
eut entravé l’activité économique des juifs. La Cinquième Aliyah se
composait de Juifs allemands et autrichiens fuyant le nazisme.
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David Ben
Gourion proclame l’Indépendance d’Israël (14 mai 1948)
(Office de presse du gouvernement d’Israël)
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Après l’indépendance de l’Etat d’Israël en 1948, les immigrations en
masse demeurèrent liées à la discrimination et à l’oppression : les
survivants de la Shoah en Europe, les réfugiés des pays arabes
échappant aux persécutions qui suivirent la création d’Israël, les
derniers Juifs polonais qui fuyaient le pays où l’antisémitisme
s’enflammait à nouveau à l’époque de Gomulka et Muzcar, et les Juifs de
Russie et des autres ex-républiques soviétiques qui craignaient de
nouveaux spasmes antisémites lors de l’effondrement de l’Union
soviétique. L’histoire des vagues d’immigration confirme vigoureusement
l’argument sioniste selon lequel, un Etat juif dans le pays d’Israël,
doté d’une majorité juive, est l’unique solution au « problème juif ».
L’essor du sionisme politique
Le sionisme politique, mouvement de libération nationale du peuple
juif, émergea au XIXe siècle dans le contexte du nationalisme libéral
qui gagnait alors l’Europe.
En se fixant pour objectif de libérer les Juifs d’une domination
étrangère hostile et tyrannique et de restaurer l’unité par le
rassemblement des exilés des quatre coins du monde dans la patrie
juive, le sionisme synthétisait les deux objectifs du nationalisme
libéral – libération et unité.
L’essor du sionisme en tant que mouvement politique fut également une
réaction à l’échec de la Haskalah (la version juive des Lumières) à
résoudre le « problème juif ». Selon la doctrine sioniste, la raison de
cet échec réside dans le fait que l’émancipation individuelle et
l’égalité sont impossibles sans émancipation nationale et sans égalité,
dans la mesure où les problèmes nationaux nécessitent des solutions
nationales. La solution nationale sioniste consistait en
l’établissement d’un Etat juif peuplé d’une majorité juive dans la
patrie historique, réalisant ainsi le droit du peuple juif à
l’autodétermination. Le sionisme ne considérait pas que la «
normalisation » de la condition juive fût contraire aux visées et aux
valeurs universelles. Il prônait le droit de tout peuple à sa propre
patrie et affirmait que seul, un peuple souverain pouvait devenir un
membre à parts égales de la famille des nations.
Le sionisme: un mouvement pluraliste
Mouvement politique aspirant au retour dans la patrie juive assurant la
liberté, l’indépendance et la sécurité dans un Etat pour le peuple
juif, le sionisme revendique également l’affirmationde la culture
juive. Un élément important de ce réveil fut la renaissance de l’hébreu
qui, longtemps limité à la liturgie et à la littérature, redevint la
langue vivante de la nation, utilisée au gouvernement et dans l’armée,
dans l’éducation et les sciences, au marché et dans la rue.
A l’instar de tout nationalisme, le sionisme est intimement lié à
d’autres idéologies, ce qui aboutit à la formation de diverses
tendances, dominantes ou non. L’association du nationalisme et du
libéralisme a donné naissance au sionisme libéral ; et
l’influencedunationalisme européen a inspiré le mouvement nationaliste
de droite. A cet égard, le sionisme ne se distingue guère des autres
nationalismes qui adoptent eux aussi diverses tendances, libérales,
traditionnelles, socialistes (gauche) et conservatrices (droite).
Le sionisme et le nationalisme arabe
La plupart des fondateurs du sionisme savaient que la Palestine (le
Pays d’Israël) était en partie peuplée d’Arabes (bien que certains
aient ingénument parlé d’« une terre sans peuple pour un peuple sans
terre »). Peu d’entre eux, cependant, considéraient la présence arabe
comme un réel obstacle à l’accomplissement du sionisme. A cette époque,
vers la fin du XIXe siècle, le nationalisme arabe n’existait encore
sous aucune forme et la population arabe de Palestine, clairsemée,
était apolitique. De nombreux dirigeants sionistes estimaient que,
compte tenu de l’importance relativement réduite de la population
locale, les heurts avec les Juifs revenant dans leur patrie pouvaient
être évités ; ils étaient également convaincus que l’évolution
ultérieure du pays s’avérerait bénéfiquepourles deux peuples, gagnant
ainsi l’approbation et la coopération des Arabes. Ces espoirs,
cependant, furent vains.
Alors que les idéologues sionistes affichaientleurs attentes et la
volonté d’atteindre leurs objectifs par des moyens pacifiques et par la
coopération, le renouveau de la présence juive dans le Pays se heurta à
une opposition arabe militante. Pendant un certain temps, de nombreux
sionistes éprouvèrent des difficultés à comprendre et à accepter la
profondeur et l’intensité du conflit, qui devint en fait un
affrontement entre deux peuples considérant le pays comme leur – les
Juifs en vertu de leur lien historique et spirituel, et les Arabes, du
fait de leur présence multiséculaire sur cette terre.
Au cours des années 1936-1947, la lutte pour le Pays d’Israël
s’intensifia. L’opposition arabe se fit plus âpre devant la croissance
et le développement de la communauté juive. En même temps, le mouvement
sioniste ressentit le besoin d’augmenter l’immigration et de développer
l’infrastructure du pays afin de sauver le plus grand nombre possible
de Juifs de l’enfer nazi en Europe.
L’inévitable affrontement entre Juifs et Arabes conduisit l’ONU à
recommander, le 29 novembre 1947, la création de deux Etats à l’ouest
du Jourdain – l’un juif et l’autre arabe. Les Juifs acceptèrent la
résolution ; les Arabes la rejetèrent.
Le 14 mai 1948, conformément à la résolution de l’ONU de novembre 1947,
l’indépendance d’Israël fut proclamée.
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